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Au centre hospitalier de Bastia, une journée pour soutenir et informer les aidants de personnes âgées


Léana Serve le Mercredi 18 Mars 2026 à 17:41

Organisée ce mercredi au centre hospitalier de Bastia, la Journée des aidants a réuni plusieurs structures locales pour informer et soutenir les proches de personnes âgées. Le but était de faire découvrir aux visiteurs les ressources disponibles, trouver des solutions pour mieux accompagner leurs proches et soulager leur quotidien souvent difficile.



(Photos : Gérard Baldocchi)


Informer et sensibiliser les personnes accompagnant un proche âgé : c’est le but de la Journée des aidants, organisée ce mercredi au sein du centre hospitalier de Bastia. Dans le hall, plusieurs structures locales étaient réunies pour répondre aux questions, orienter et proposer des solutions concrètes aux visiteurs. « Le but, c'est que les aidants puissent avoir en tête que des dispositifs existent pour eux », explique Léa Orsoni, responsable de la Maison des Aidants du Pays Bastiais. Car derrière ces échanges, une réalité souvent méconnue persiste. « L’une de nos grosses difficultés, c'est la reconnaissance de l'aidant, parce qu’il ne se reconnaît pas lui-même en tant que tel. Parfois, les personnes vont penser que faire des courses pour un proche âgé, c’est normal parce que c’est la famille, et ça peut l’être, mais c'est un rôle d'aidant, et la reconnaissance du statut est compliquée. »


Un constat partagé par les professionnels présents sur place. « On a très souvent des personnes qui ne connaissent pas assez la pathologie de leurs proches. Si on parle de la maladie d’Alzheimer précisément, les gens pensent que c'est une maladie uniquement de mémoire, alors qu'en réalité, il y a tout un spectre de troubles qui peuvent se manifester, notamment des troubles du comportement, où la personne agit différemment d'avant », précise Quentin Kusosky, psychologue au sein du centre mémoire de ressources et de recherche (CMRR). « Les difficultés qu’elles rencontrent, c’est souvent de gérer leurs réactions face à leurs proches. Même quand on a conscientisé que le proche est malade, il y a cette culpabilité de s'agacer, d'être fatigué, parfois de se mettre en colère. Il faut comprendre que dans ce couple aidant-aidé, l'aidant est le pilier. Et si jamais il vient à flancher, le proche flanchera avec de toute façon, car il s'appuie littéralement sur lui. »


Pour répondre à ces difficultés, plusieurs structures proposent accompagnement et ressources. La Maison des Aidants, par exemple, a quatre grandes missions : « On va mettre en place, en fonction des besoins et des demandes, des activités pour reprendre du lien social et sortir de l'isolement. Ensuite, on a du soutien et de l'accompagnement avec une psychologue, des groupes de parole ou des entretiens psychologiques en individuel. On a aussi des formations, informations, conseils pour transmettre tout ce qui existe mais aussi créer des moments de sensibilisation en fonction des besoins des personnes pour expliquer les spécificités de la maladie. Enfin, on a une solution de répit où on peut proposer des temps de relayage, et on a aussi des accueils de jour où on peut recevoir du public âgé dépendant pour soulager les aidants », indique Léa Orsoni.
 

Le centre mémoire, quant à lui, propose notamment des entretiens individuels et des groupes de parole. « Les entretiens aidants sont des rendez-vous où le proche malade n'est pas présent », souligne Quentin Kusosky. « Les aidants peuvent s'exprimer, apporter toutes leurs difficultés, leurs questionnements, leurs doutes. On ne les accueille pas avec un objectif particulier sur lequel on va discuter, ce sont eux qui amènent la matière et on répond à leurs questions par rapport aux difficultés qu'ils rencontrent. Ensuite, nous proposons un groupe qui réunit plusieurs aidants. Des thématiques sont proposées sur la pathologie, et l'idée, c'est de les former à devenir le meilleur expert possible de leurs proches et de leur apporter des connaissances sur la pathologie. Et l'avantage d’un groupe, c’est qu’ils peuvent échanger entre eux sur les astuces qu'ils ont trouvées, les choses qu'ils ont essayées qui n'ont pas marché, en gardant à l'esprit que chaque pathologie s'exprime de manière complètement différente chez chacun. Mais le fait d'échanger les rassure aussi sur le fait qu'ils ne sont pas seuls à affronter ça au quotidien. On va aborder des questions sur la communication avec le proche malade, adapter le logement, sur des connaissances très concrètes de la pathologie, comment elle évolue, à quoi on peut s'attendre, sur les troubles du comportement… »

Pour répondre à ces questions, les professionnels peuvent également s’appuyer sur les vidéos disponibles sur le site du Gérontopôle. « On a une rubrique sur comment aménager son logement par rapport à l’avancée de l’âge, comment former les aidants, agir pour leur santé, et bien d’autres », explique Jean-Michel Miniconi, directeur du Gérontopôle. « On transmet les informations aux structures qui gravitent autour de nous pour venir en support des structures d’aides aux personnes âgées. L’idée, c’est vraiment d’être un centre de ressources, et à travers les structures, on va toucher la personne. »