Accompagnateur en montagne et actuellement en formation au métier de guide à Chamonix, Alexandre De Susini s’est lancé le 17 mars dernier dans un défi de taille : réaliser la traversée intégrale de l’Alta Strada, l’itinéraire de ski-alpinisme qui traverse la Corse du nord au sud, sans aucune interruption. Parti de nuit d’Asco, il a relié plusieurs massifs de l’île - Vergio, Ghisoni, Capannelle - jusqu’au Val d’Ese, la station où il a « appris à skier à 7 ans », bouclant le parcours de 80 km, 6 500 m de dénivelé positif dont 20 km de portage (manque de neige sur certains cols) en moins de 20 heures. Un exploit sportif, « l’Alta Strada étant habituellement parcourue en raid à ski sur huit jours ».
À l’origine, cette traversée devait être réalisée avec Julien Soler, aspirant guide de haute montagne et ami d’Alexandre De Susini. Après avoir sillonné ensemble les sommets emblématiques de l’île, ils ont décidé de traverser la Corse intégralement à ski. « On voulait montrer que notre île n’est pas qu’une destination estivale, mais un territoire alpin à part entière, avec ses défis, ses silences et sa beauté brute », confie Alexandre De Susini. Mais une blessure au poignet quelques jours avant le départ a contraint Julien Soler à abandonner l’aventure. « C’était notre rêve à deux, mais la montagne décide parfois pour nous. Julien était là en esprit, et c’est aussi pour lui que j’ai poussé jusqu’au bout. »
Pendant son parcours, Alexandre De Susini indique ne jamais avoir cherché à battre un record. « En montagne, les conditions changent tout : la neige, le vent, la météo... Aucun chrono ne tient d’une année à l’autre. » S’il s’est lancé dans cette aventure, c’est avant tout pour partager sa passion pour la Corse alpine « à travers une aventure qui mêle dépassement de soi, mémoire et amour du territoire ». « J’ai grandi en regardant ces montagnes. Aujourd’hui, je voulais les traverser pour montrer leur beauté, leur rudesse, et ce qu’elles représentent pour nous. Ce n’est pas une course, c’est un hommage. »
En effet, malgré des altitudes parfois faibles, le massif offre des conditions aussi techniques et engagées que les Alpes, avec des vents violents et une neige instable. De plus, dans les années 1950, les himalayistes venaient s’entraîner en Corse pour ses conditions comparables à l’Himalaya.
Pour garder une trace de cette traversée, un documentaire est en préparation. Réalisé par Justin Galant, il partage « l’âme de la montagne corse : ses légendes, ses défis, sa culture ; l’urgence de préserver sa mémoire avant que la neige ne disparaisse » ainsi qu’« une aventure humaine avec l’effort, les doutes, et la beauté des paysages traversés ». La sortie est prévue à l’automne.
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