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Abattage de l'agneau corse : la guerre de Via Campagnola contre le SMAC


Livia Santana le Mardi 22 Décembre 2020 à 18:30

Depuis la fermeture de l'abattoir de Cuttoli, les éleveurs ovins et caprins se plaignent de ne pas pouvoir faire abattre leurs bêtes en Corse. A l'approche de Noël, la colère monte du côté du syndicat d'agriculteurs Via Campagnola qui accuse le Smac, l'Odarc et le Gouvernement de n'en avoir pas fait assez.



Abattage de l'agneau corse : la guerre de Via Campagnola contre le SMAC
Jean Luc Santoni, président du syndicat d'éleveurs Via Campagnola est furieux. Depuis plusieurs mois, l'homme qui élève des petits ruminants, dénonce la fermeture pour travaux depuis bientôt un an (janvier dernier) de l'abattoir de Cuttoli en ces périodes de fêtes "cruciales" pour la profession. "Nous sommes obligés de faire abattre nos bêtes à Ponte Leccia, ce qui engendre des coûts importants pour les éleveurs venus du Sud de l'île. C'est ingérable.", déclare-t-il. 

Pour lui, le Smac (syndicat mixte de l'abattage) n'a pas anticipé la fermeture de Cuttoli. 
L'abattoir de Ponte-Leccia, qui a pris le relais, serait en surcharge. "Hier je suis arrivée avec mes bêtes à ​7 heures et j'en suis reparti à 15h30", explique l'éleveur de la région du Taravo.
Les éleveurs caprins n'auraient pas pu abattre leurs bêtes en Corse pendant la saison qui s'étend entre octobre et début décembre. Ils auraient été contraints de les envoyer en Sardaigne. Jean-Luc Santoni estime d'ailleurs une perte de 15 à 25% de leur chiffre d'affaires. 

Afin de répondre à la demande de la vente-directe et honorer leurs commandes, d'autres éleveurs auraient été obligés de tuer les animaux dans leur ferme mettant en péril certaines primes attribuées par la politique agricole commune (PAC). Le syndicat demande ainsi à l'ODARC, le financement de structures d abattage à la ferme comme, par exemple, des camions mobiles territoriaux. 

Les GMS ne joueraient pas le jeu

Via Campagnola cible aussi les grandes et moyennes surfaces qui commercialiseraient dans leurs rayons des agneaux du continent au lieu de se fournir auprès des éleveurs locaux. "En ces périodes il est impératif d’être solidaire. Il n'y a pas eu moyen de mettre l'Odarc, le préfet, les dirigeants des GMS autour d’une table afin de donner la priorité à la production corse.", s'indigne le président du syndicat.
 
Un champ de ruines à reconstruire 

Lionel Mortini, président de l'Office du développement rural et agricole de la Corse entend les revendications de Via campagnola. Depuis un an, cet office de la Collectivité de Corse a récupéré la régie de l'abattoir de Ponte-Leccia, ainsi que celle de Porto-Vecchio dont il a confié la gestion au Smac.
"Il y a de nombreux problèmes structurels, c'est vrai. Je suis éleveur, moi aussi je le vis de l'intérieur. Mais il faut dire que depuis trois ans nous avons repris les rênes d'un champ de ruines à reconstruire. L'abattoir de Ponte-Leccia se porte beaucoup mieux et absorbe beaucoup plus de flux depuis que nous en avons repris la gestion. Cette montée au créneau des syndicats, c'est une stratégie pour s'opposer au changement de cap.", lance Lionel Mortini. 

Concernant la revendication du syndicat, de créer des abattoirs mobiles, ce dernier n'est pas contre. "Mais que fait-on des effluents ? Il faut du personnel aussi pour le faire tourner. Nous sommes plus favorables à la tuerie sur les exploitations dans un cadre légal bien sûr.", reprend-il.

Le projet d'un Pôle Viande à Vescovato dans les prochaines années pourraient régler ce problème.

La gratuité et le transport de l'abattage 

Pour compenser la fermeture de l'abattoir de Cuttoli, qui à cause des retards de chantier, n'a pas pu être livré en novembre dernier, l'Odarc a mis en place la gratuité du service d'abattage ainsi que du ramassage des carcasses. Cela représente 64 centimes par kilo pris en charge par la Collectivité de Corse. Cette aide valait de mars à août puis en novembre et décembre. "Les éleveurs avaient juste à se charger de nous amener les animaux avec leurs bétaillères", indique Maurice Luciani, directeur du SMAC.

Malgré la crise sanitaire, les abattoirs de Corse ont tué un nombre de bovins et de porcins équivalent à l'année dernière. Chez les petits ruminants, ils recensent une baisse de 20% d'activité. "Confinement ou pa,s nous avons absorbé tout ce qu'on nous donnait à faire. Mais les éleveurs ne nous ont donné que 21 500 agneaux cette année contre 26 000 les années précédentes. Il y a donc 4 500 bêtes qui ne nous ont pas été confiées. Qu'on ne vienne pas nous dire que c'est nous qui ne pouvons pas absorber la demande !", continue le directeur. 

Et si le problème venait du marché ? 

Avec le confinement, acheter de l'agneau n'a pas été la priorité des Corses. Ainsi, pour aider les éleveurs corses, l'Odarc avait racheté pendant le premier confinement 1 600 ovins à la profession qu'elle avait ensuite abattu puis congelés. Mais même après le printemps dernier,  l'agneau semblait être boudé des Corses, ce qui pourrait expliquer la baisse de la demande dans les abattoirs. "Ils n'ont pas eu de commandes, ils n'ont pas su mobiliser le marché local tout simplement", confie le directeur du Smac.
A de nombreuses reprises, Joseph Colombani, président de la chambre d'agriculture de Haute-Corse l'a affirmé "la ménagère corse ne sait plus cuisiner l'agneau, il faut que la filière se réinvente."





















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