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À Castirla, EDF Corse sensibilise élus et services de l’État à la sûreté hydraulique


MP le Mardi 3 Novembre 2026 à 19:30

Comment réagir face aux risques liés aux ouvrages hydroélectriques et surtout mieux les comprendre ? C’est l’objet de la journée de sensibilisation organisée ce mardi à Castirla par EDF Corse à la centrale hydroélectrique de Castirla. Crues, rupture d’un ouvrage ou variations de débit liées à la production ont été abordées au cours de plusieurs ateliers, avant une démonstration grandeur nature dans la rivière.



(Photos : EDF Corse)
(Photos : EDF Corse)
Mieux connaître les risques pour pouvoir mieux les appréhender. C’est l’objectif de la journée de sensibilisation à la sûreté hydraulique qui était organisée ce mardi à la centrale hydroélectrique de Castirla par EDF Corse. Pour l’occasion, les mairies, mais aussi la préfecture, les services de l’État, la DREAL, l’OFB ou encore les gendarmes avaient notamment été conviés afin d’échanger autour de cette problématique. Une initiative qui visait également à rappeler les dispositifs mis en place par EDF pour assurer la sûreté de ses ouvrages et à répondre aux interrogations des différents acteurs. Organisées tous les deux à trois ans, ces journées de sensibilisation avaient déjà fait étape dans la vallée du Prunelli en 2023, tandis qu’une précédente édition s’était tenue à Castirla six ans auparavant.
 
« On invite assez largement toutes les personnes qui travaillent de près ou de loin autour de la sûreté ou de l’hydroélectricité pour les sensibiliser aux risques que l’on a sur nos aménagements », indique Florent Cardolaccia, attaché hydraulique à EDF Corse en précisant que ces risques sont principalement de trois ordres. « Le premier, c’est le risque crue, qui intervient quand on a des événements naturels et de forts apports hydrauliques dans les rivières. Le deuxième, c’est le risque de rupture d’ouvrage, qui concerne la rupture partielle ou totale d’un barrage. Et le dernier, c’est le risque lié à l’exploitation », détaille-t-il, précisant que ce dernier concerne notamment les pêcheurs et les baigneurs qui peuvent se trouver dans une rivière au moment où la centrale commence à produire de l’électricité, entraînant alors une augmentation du débit.
 

Autant de thématiques qui ont été abordées au cours de quatre ateliers organisés en petits groupes afin de favoriser les échanges. Un quatrième volet, mené avec la DREAL, était par ailleurs consacré aux poissons migrateurs dans les fleuves corses. « L’objectif était que ce soit le plus interactif possible, que les gens puissent poser leurs questions et trouver les réponses », souligne Florent Cardolaccia en ajoutant : « L’idée c’est que les participants puissent ensuite transmettre à leur tour les informations auprès de la population ».
 
Et pour rendre les choses un peu plus concrètes, la journée s’est achevée au pont de Castirla par une démonstration grandeur nature. Des mannequins ont d’abord été disposés dans la rivière alors que la centrale ne produisait pas. « Puis on est passé au maximum de production, 12 000 litres par seconde, histoire de réaliser une vague en rivière et de voir ce que ça représente de mettre beaucoup d'eau en rivière d'un coup, et justement sensibiliser les gens par la vision de ce que ça peut représenter », explique l’attaché hydraulique. En quelques instants, certains mannequins jusque-là au sec se sont alors retrouvés avec de l’eau jusqu’à la taille. Une montée aussi brutale qui n’est toutefois pas pratiquée en temps normal par EDF. « Évidemment, on ne met jamais de l’eau à puissance maximale. Là, c’était vraiment pour sensibiliser à ce que cela peut représenter », insiste Florent Cardolaccia, soulignant que lors de la mise en production, EDF réalise au contraire une première augmentation du débit à un niveau limité afin d’alerter les éventuelles personnes présentes et de leur laisser le temps de sortir de la rivière.

 

À l’heure où les phénomènes météorologiques violents semblent se multiplier, cette journée était aussi l’occasion de revenir sur le risque de crue et sur le rôle des barrages lors de ces épisodes. « Un des messages forts que l’on fait passer, c’est qu’on n’aggrave pas la crue naturelle », martèle Florent Cardolaccia. « Au mieux, on la tamponne, c’est-à-dire qu’on stocke un peu d’eau qui arrive du cours d’eau dans les barrages. Par contre, une fois que le barrage est plein, on rend à la nature ce qu’elle nous donne. Si on a un certain débit en entrée, on aura le même débit en sortie ». Un fonctionnement qui reste parfois mal compris, notamment lorsque des inondations surviennent en aval d’un barrage. « Quand il y a une crue très forte, nous, on vient stocker cette eau. Et en fait, les gens à l’aval ne la voient plus. Par contre, une fois que le barrage est plein, on la restitue », explique-t-il. Une situation qui peut alors laisser penser que la montée des eaux est provoquée par les installations hydroélectriques, alors qu'EDF assure ne faire que restituer l'eau apportée naturellement par la crue. « On n’ouvre surtout pas de vanne pendant les crues pour faire des surdébits », insiste Florent Cardolaccia. 
 
Un rappel qui prend tout son sens alors que, selon lui, les représentants de la préfecture et de la gendarmerie présents ce mardi ont également fait le constat d'une diminution de la sensibilisation de la population aux risques naturels. D'où l'importance, pour EDF, de mieux faire connaître le fonctionnement de ses ouvrages, mais aussi de rappeler que les cours d'eau peuvent présenter des dangers, même en dehors de toute activité hydroélectrique.