Il faut presque s’arrêter pour la découvrir. Sur un bâtiment situé sur le parking de la gare de Calvi, un visage émerge doucement du mur, entre ombre et lumière. Pas de couleurs éclatantes ni de rupture brutale avec le support. Alberto Ruce a choisi de composer avec la matière existante, ses nuances, ses aspérités et ses fissures. Invité dans le cadre des Rencontres de Chants Polyphoniques mi-septembre, l’artiste italien a bénéficié d’une carte blanche pour réaliser cette nouvelle œuvre, fruit d’une collaboration entre le festival porté par le Svegliu Calvese et l’association artistique Popularte.
« Cela faisait longtemps que nous suivions leur travail et que nous avions envie de faire quelque chose avec eux », explique Valérie Salducci, directrice artistique du Svegliu Calvese. Popularte, créée par Fabien Flori, développe notamment des projets permettant à des artistes contemporains d’intervenir dans des territoires ruraux. Pour cette première collaboration à Calvi, le choix s’est porté sur Alberto Ruce, dont le travail avait immédiatement retenu l’attention de l’équipe du festival.
Carte blanche à l’artiste
Une seule orientation lui avait été suggérée, créer un lien avec les Rencontres et l’univers du chant polyphonique. Pour le reste, Alberto Ruce était entièrement libre.
Arrivé à Calvi au début du festival, l’artiste avait d’abord observé, rencontré et cherché. Il s’est notamment plongé dans les archives photographiques des Rencontres. C’est là qu’une image du photographe Olivier Sanchez a retenu son attention, celle d’un chanteur, Jean-Claude Acquaviva, saisi sur scène dans une lumière particulièrement contrastée. « J’ai trouvé l’image assez théâtrale, avec cette lumière qui venait du bas. Je me suis dit que j’allais la représenter parce qu’elle évoquait les chants corses », raconte Alberto Ruce. Plus que l’identité même du chanteur, ce sont son attitude et son expression qui l’ont séduit. « Sa manière d’être sur scène, ses expressions, me parlaient beaucoup».
La fresque surprend surtout par sa discrétion. À quelques mètres, elle pourrait presque échapper au regard. Un parti pris pleinement assumé par l’artiste. « Il y a une différence entre regarder et voir », souligne Alberto Ruce. « Avec mon travail, j’essaie de pousser les spectateurs à voir quelque chose. Nous sommes tellement entourés d’images, notamment sur les réseaux sociaux, que j’essaie au contraire de construire des images plus voilées ». Le mur devient alors partie intégrante de l’œuvre. Ses imperfections ne sont pas effacées, elles participent à la création. « Dans un mur plein de textures et de fissures, il peut y avoir un visage. Il faut simplement s’arrêter pour le voir et l’apprécier».
Cette approche traverse le travail d’Alberto Ruce, qui s’intéresse particulièrement aux traditions anciennes et à ce qui risque progressivement de disparaître. La polyphonie corse trouvait ainsi naturellement sa place dans son univers artistique. « Toute ma recherche personnelle est basée sur les anciennes traditions qui risquent de disparaître, sur des choses assez ancestrales. Le chant corse et la polyphonie viennent de très loin. Cela m’intéresse énormément », confie l'artiste.
De la Sicile à la Corse, une sensibilité insulaire
L’artiste connaissait déjà les traditions polyphoniques méditerranéennes à travers la Sardaigne. Sicilien d’origine, il dit également retrouver en Corse une sensibilité familière. « La Corse me parle énormément. C’est une très belle île, avec sa propre mentalité. Je suis sicilien et j’y retrouve une sorte de contact avec ma terre natale. Quand on grandit sur une île, particulièrement en Méditerranée, il y a des paysages et des traditions qui nous parlent », raconte-t-il.
Il ne s’agit d’ailleurs pas de sa première intervention sur l’île. Alberto Ruce avait déjà réalisé dans le Niolu le portrait d’un berger, dans ce même langage pictural où l’image semble surgir de la pierre.
Son nom d’artiste, Ruce, est lui aussi lié à son parcours. Il remonte à ses années d’adolescence et à ses débuts dans le graffiti. Même si son travail a depuis considérablement évolué, il a choisi de conserver ce nom « en hommage au monde qui m’a approché de la peinture pour la première fois ».
Une première appelée à en inspirer d’autres
Pour le Svegliu Calvese, cette réalisation pourrait marquer le début d’une nouvelle aventure artistique autour des Rencontres de Chants Polyphoniques. « Nous espérons pouvoir accueillir chaque année d’autres artistes afin qu’ils nous proposent des créations de ce type », indique Valérie Salducci.
L’œuvre d’Alberto Ruce ne porte pas encore de titre. L’artiste aimerait lui donner un nom corse, qui sera choisi en échange avec les organisateurs.
Cette création a pu voir le jour grâce également à l’accueil des Chemins de Fer de la Corse, qui ont mis le bâtiment à disposition du projet. Le Svegliu Calvese tient à les remercier pour leur accueil, leur accompagnement et leur disponibilité tout au long de la semaine du festival.
Une œuvre discrète, donc, mais qui invite précisément à ralentir. À s’approcher d’un mur que l’on aurait pu traverser du regard sans le voir. Et à y découvrir, entre ses fissures et ses nuances, un visage et une part de cette mémoire du chant que les Rencontres font vivre chaque année à Calvi.
« Cela faisait longtemps que nous suivions leur travail et que nous avions envie de faire quelque chose avec eux », explique Valérie Salducci, directrice artistique du Svegliu Calvese. Popularte, créée par Fabien Flori, développe notamment des projets permettant à des artistes contemporains d’intervenir dans des territoires ruraux. Pour cette première collaboration à Calvi, le choix s’est porté sur Alberto Ruce, dont le travail avait immédiatement retenu l’attention de l’équipe du festival.
Carte blanche à l’artiste
Une seule orientation lui avait été suggérée, créer un lien avec les Rencontres et l’univers du chant polyphonique. Pour le reste, Alberto Ruce était entièrement libre.
Arrivé à Calvi au début du festival, l’artiste avait d’abord observé, rencontré et cherché. Il s’est notamment plongé dans les archives photographiques des Rencontres. C’est là qu’une image du photographe Olivier Sanchez a retenu son attention, celle d’un chanteur, Jean-Claude Acquaviva, saisi sur scène dans une lumière particulièrement contrastée. « J’ai trouvé l’image assez théâtrale, avec cette lumière qui venait du bas. Je me suis dit que j’allais la représenter parce qu’elle évoquait les chants corses », raconte Alberto Ruce. Plus que l’identité même du chanteur, ce sont son attitude et son expression qui l’ont séduit. « Sa manière d’être sur scène, ses expressions, me parlaient beaucoup».
La fresque surprend surtout par sa discrétion. À quelques mètres, elle pourrait presque échapper au regard. Un parti pris pleinement assumé par l’artiste. « Il y a une différence entre regarder et voir », souligne Alberto Ruce. « Avec mon travail, j’essaie de pousser les spectateurs à voir quelque chose. Nous sommes tellement entourés d’images, notamment sur les réseaux sociaux, que j’essaie au contraire de construire des images plus voilées ». Le mur devient alors partie intégrante de l’œuvre. Ses imperfections ne sont pas effacées, elles participent à la création. « Dans un mur plein de textures et de fissures, il peut y avoir un visage. Il faut simplement s’arrêter pour le voir et l’apprécier».
Cette approche traverse le travail d’Alberto Ruce, qui s’intéresse particulièrement aux traditions anciennes et à ce qui risque progressivement de disparaître. La polyphonie corse trouvait ainsi naturellement sa place dans son univers artistique. « Toute ma recherche personnelle est basée sur les anciennes traditions qui risquent de disparaître, sur des choses assez ancestrales. Le chant corse et la polyphonie viennent de très loin. Cela m’intéresse énormément », confie l'artiste.
De la Sicile à la Corse, une sensibilité insulaire
L’artiste connaissait déjà les traditions polyphoniques méditerranéennes à travers la Sardaigne. Sicilien d’origine, il dit également retrouver en Corse une sensibilité familière. « La Corse me parle énormément. C’est une très belle île, avec sa propre mentalité. Je suis sicilien et j’y retrouve une sorte de contact avec ma terre natale. Quand on grandit sur une île, particulièrement en Méditerranée, il y a des paysages et des traditions qui nous parlent », raconte-t-il.
Il ne s’agit d’ailleurs pas de sa première intervention sur l’île. Alberto Ruce avait déjà réalisé dans le Niolu le portrait d’un berger, dans ce même langage pictural où l’image semble surgir de la pierre.
Son nom d’artiste, Ruce, est lui aussi lié à son parcours. Il remonte à ses années d’adolescence et à ses débuts dans le graffiti. Même si son travail a depuis considérablement évolué, il a choisi de conserver ce nom « en hommage au monde qui m’a approché de la peinture pour la première fois ».
Une première appelée à en inspirer d’autres
Pour le Svegliu Calvese, cette réalisation pourrait marquer le début d’une nouvelle aventure artistique autour des Rencontres de Chants Polyphoniques. « Nous espérons pouvoir accueillir chaque année d’autres artistes afin qu’ils nous proposent des créations de ce type », indique Valérie Salducci.
L’œuvre d’Alberto Ruce ne porte pas encore de titre. L’artiste aimerait lui donner un nom corse, qui sera choisi en échange avec les organisateurs.
Cette création a pu voir le jour grâce également à l’accueil des Chemins de Fer de la Corse, qui ont mis le bâtiment à disposition du projet. Le Svegliu Calvese tient à les remercier pour leur accueil, leur accompagnement et leur disponibilité tout au long de la semaine du festival.
Une œuvre discrète, donc, mais qui invite précisément à ralentir. À s’approcher d’un mur que l’on aurait pu traverser du regard sans le voir. Et à y découvrir, entre ses fissures et ses nuances, un visage et une part de cette mémoire du chant que les Rencontres font vivre chaque année à Calvi.












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