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À Ajaccio, la Scola Aiaccina mise sur les petits effectifs depuis dix ans


Jeanne Soury le Dimanche 1 Novembre 2026 à 21:07

Ouverte en 2016 dans le quartier Saint-Jean, à Ajaccio, la Scola Aiaccina accueille une vingtaine d’élèves dans une école maternelle et primaire privée hors contrat. Sa fondatrice, Emmanuelle Idir, a imaginé un établissement à petits effectifs, où la nature occupe aussi une place dans le quotidien scolaire. Dix ans après, des familles continuent de choisir ce fonctionnement, malgré une scolarité à 490 euros par mois et par enfant.



Ouverte en 2016 dans le quartier Saint-Jean, à Ajaccio, la Scola Aiaccina accueille une vingtaine d’élèves dans une école maternelle et primaire privée hors contrat (©Paule Santoni)
Ouverte en 2016 dans le quartier Saint-Jean, à Ajaccio, la Scola Aiaccina accueille une vingtaine d’élèves dans une école maternelle et primaire privée hors contrat (©Paule Santoni)
Neuf poules, un potager et un jardin sensoriel aménagé cet été. Dans le quartier Saint-Jean, à Ajaccio, la Scola Aiaccina ne ressemble pas tout à fait à l’image que l’on se fait d’une école en ville. C’est pourtant au cœur de la cité impériale qu’Emmanuelle Idir a voulu concrétiser son projet, en 2016, après quinze ans d’enseignement dans le primaire, notamment comme enseignante contractuelle dans les écoles publiques ajacciennes.

« J’avais envie de proposer aux enfants un travail en petit groupe pour personnaliser au maximum l’enseignement », explique-t-elle. La location de cette maison, transformée en lieu d'apprentissage, lui permet aussi de développer un environnement tourné vers la nature : « En fait, j’avais envie de reproduire une école de village au cœur de la ville d’Ajaccio. »

Dix ans après son ouverture, l’établissement compte une vingtaine d’élèves pour cette rentrée 2026, encadrés par trois enseignantes. Les petits effectifs permettent, selon Patricia Adiman, professeure des écoles depuis plus de trente ans et enseignante dans cette école depuis deux ans, de consacrer davantage de temps à chacun : « Les petits effectifs, c’est un luxe. On est très proche des enfants, on peut les aider s’ils ont des besoins. On est très proche des parents, on travaille ensemble, on connaît tout le monde. »

Après 15 années passées à être enseignante contractuelle dans les écoles publiques ajacciennes, Emmanuelle Idir a décidé de créer cette nouvelle structure
Après 15 années passées à être enseignante contractuelle dans les écoles publiques ajacciennes, Emmanuelle Idir a décidé de créer cette nouvelle structure
Pour autant, la Scola Aiaccina ne revendique pas une pédagogie alternative précise. Le programme reste classique, avec du français, des mathématiques, des dictées et du calcul mental. L’anglais et le corse font partie des enseignements, auxquels s’ajoute cette année une initiation au latin. « Nous ne sommes pas du tout une école Montessori, parce que ça demande une formation très spécifique et nous n’avons pas cette formation », précise Emmanuelle Idir.

Pourquoi des familles font ce choix ?

L’environnement joue aussi un rôle dans le rythme de la journée. Faute de cantine, les enfants apportent leur repas et déjeunent dehors lorsque la météo le permet. « Notre cantine, c’est l’extérieur, sauf quand il pleut, on reste à l’intérieur », résume la directrice, qui souhaite leur offrir une pause méridienne plus calme.

Jean-Philippe Paradis scolarise son fils à la Scola Aiaccina depuis plus de cinq ans. À l’époque, l’enfant est très réservé. Après une expérience en crèche qui n’avait pas fonctionné, ses parents hésitent à le mettre dans une école plus importante, notamment à Mezzana, près de leur domicile.

Emmanuelle Idir enseigne à huit élèves de CM2 cette année
Emmanuelle Idir enseigne à huit élèves de CM2 cette année
« Depuis qu’il est ici, il s’est ouvert. Là, il n’est plus timide du tout », raconte son père, avant d’ajouter : « Moi, ce que j’aime dans cette école, c’est qu’ils ont un uniforme, pas de portable, ils s’amusent. » Son fils est aujourd’hui en CM2, tout comme Amalia, neuf ans, qui a rejoint l’école cette année après avoir vécu en Nouvelle-Calédonie. Pour cette élève de CM2, qui découvre le privé, la petite taille de la classe se traduit aussi dans les relations entre camarades : « Comme on est dans une petite classe, on est obligés d’être tous amis. »

Une scolarité à 490 euros par mois

Ce fonctionnement représente un coût non négligeable. La scolarité s’élève à 490 euros par mois et par enfant. L’établissement n’étant pas subventionné, son fonctionnement repose sur les cotisations mensuelles des parents. Certaines activités complémentaires demandent également une participation financière.

Pour ses dix ans, l’établissement envisage également de lancer de nouveaux ateliers autour du théâtre, des échecs, des sciences, de l’anglais et des activités manuelles. Ces activités, encore à l’état de projet, pourraient venir compléter les enseignements déjà proposés aux élèves.