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A Ajaccio, chiens et chats dans la ville… mais sous contrôle !


le Samedi 12 Janvier 2013 à 16:03

C’est une nouvelle étape de la politique publique de l’animal dans la ville qui a été franchie vendredi soir, avec la signature de deux conventions sur la gestion de l’errance animale entre la ville d’Ajaccio et les vétérinaires et associations qui œuvrent au quotidien avec de maigres moyens pour tenter d’apporter des solutions face à cette situation problématique dans la cité impériale.



Au terme de la réunion, deux conventions sur la politique publique de l'animal dans la ville ont été signées par le maire d'Ajaccio et les divers partenaires et acteurs du projet. (Photo: Yannis-Christophe Garcia)
Au terme de la réunion, deux conventions sur la politique publique de l'animal dans la ville ont été signées par le maire d'Ajaccio et les divers partenaires et acteurs du projet. (Photo: Yannis-Christophe Garcia)
Le point de départ de cette initiative avait été en 2011 la signature d’une première convention entre la ville d’Ajaccio et le Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral (SNVEL).  Le but clairement affiché : trouver des pistes concrètes pour favoriser une cohabitation harmonieuse entre l’homme et les animaux courants dans nos rues, chiens et chats. Car au-delà de l’harmonie et du bien-être, il y a la dimension de la sécurité et de la santé publiques au cœur de cette problématique.
C’est la raison pour laquelle, la mairie d’Ajaccio s’était attachée dès 2011 à travailler de concert avec les professionnels de santé, mais également les services de l’Etat en Corse et les associations de protection des animaux, très impliquées dans cette initiative.

Absence de fourrière à Ajaccio pourtant obligatoire
Deux ans plus tard, où en est-on concrètement ? Si les vétérinaires et les associations oeuvrent comme elles le peuvent avec de maigres moyens pour tenter de réguler ces populations animales en divagation dans la cité impériale, il n’en demeure pas moins que la situation ne s’est pas vraiment améliorée. Si la municipalité prend ses responsabilités au mieux en assurant la prise en charge des animaux errants et/ou blessés sans propriétaires identifiés, il manque clairement des structures pour assurer la continuité de la prise en charge.
A savoir un refuge mais également une fourrière, qui est pourtant une obligation pour chaque municipalité.
 
Deux conventions pour une prise en charge optimale des animaux errants
C’est dans ce contexte un peu flou que les acteurs de ces initiatives en faveur des animaux errants étaient réunis à la mairie pour signer, avec le maire d’Ajaccio Simon Renucci, deux conventions particulières qui engagent de nouvelles pistes d’action dans les années à venir.
La première de ces conventions traite de la prise en charge et des soins prodigués aux animaux blessés de propriétaires non identifiés et errant sur le territoire communal. Cette convention élaborée avec le SNVEL et la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) signée par cinq des six cabinets vétérinaires de la commune (et approuvée par les associations) définit les conditions, les modalités d’arrivée, de séjour et de sortie de l’animal blessé au sein des domiciles d’exercice professionnel des vétérinaires. Mais elle fixe également les responsabilités des deux parties signataires tout en incluant les associations de protection animale.

Un cadre juridique pour avancer dans la mission
Si cette première convention résulte de la sensibilité de la ville face à la souffrance physique des animaux errants ou abandonnés, elle est également positionnée sur la prévention des risques de sécurité, de salubrité et de santé publiques bien réels. « Ici comme ailleurs, chaque geste compte dans ce type de mobilisation. Je suis très satisfait  de votre engagement citoyen » a ainsi entamé le maire d’Ajaccio Simon Renucci en préambule de la réunion.
Une satisfaction partagée par Julien Cuevas, le président de l’association Les chats de l’île, seule structure associative présente vendredi soir lors de la réunion : « Je remercie la ville d’Ajaccio et le maire pour la reconnaissance de tout le travail fourni par les bénévoles au quotidien. Cette convention va permettre d’avoir enfin un cadre juridique pour mener à bien notre mission ». Remerciant également les vétérinaires « pour avoir été partie prenante de ce projet », Julien Cuevas a avoué ressentir « un sentiment de soutien, on se sent moins seuls »   a-t-il affirmé. Notons par ailleurs que l’association Les chats de l’île manque cruellement de bénévoles pour mener à bien ses missions**…

La réunion a rassemblé à la fois le maire d'Ajaccio, des vétérinaires, les services de l'Etat et de la protection sociale en Corse ainsi qu'une association qui s'occupe des chats errants à Ajaccio. (Photo: Yannis-Christophe Garcia)
La réunion a rassemblé à la fois le maire d'Ajaccio, des vétérinaires, les services de l'Etat et de la protection sociale en Corse ainsi qu'une association qui s'occupe des chats errants à Ajaccio. (Photo: Yannis-Christophe Garcia)
Sécurité, salubrité et tranquillité publique pour l’homme et l’animal
La seconde convention qui a également été longuement présentée par le maire et les divers intervenants, concerne elle la question de la maîtrise des populations félines errantes et vivant en groupe. Elle concerne à la fois la ville, les vétérinaires et les associations de protection des animaux. Car légalement, toute commune se doit de posséder une fourrière à défaut d’un refuge. Une obligation non respectée par la ville d’Ajaccio malgré une volonté affirmée pour cause de multiples difficultés. Le but est de prendre des dispositions strictes pour limiter les populations félines non identifiés dans la ville.

Concrètement, cela se traduira par des campagnes de capture des bêtes qui subiront un test sérologique, une stérilisation puis une identification des chats avant leur remise en liberté. Ces actions seront assurées de concert par la ville d’Ajaccio, les associations et les vétérinaires. Par ailleurs, des campagnes d’information à destination des habitants des secteurs théâtre de ces actions auront régulièrement lieu. Car le temps presse et le problème des chats en divagation prend tous les jours de l’ampleur et avec lui son triptyque de problèmes : sécurité, salubrité et tranquillité publique à la fois pour l’homme et l’animal. Les populations de chiens (pour l’instant non concernées car il n’y a pas de fourrière ni de refuge apte à les recevoir et à les traiter) représentent à elles seules une quarantaine de bêtes errantes ramassées par an sur la voie publique, en ville comme dans les villages.

En attendant la fourrière…
L’un des écueils majeurs pour la bonne réalisation de ces problèmes est, comme nous l’avons dit, l’absence actuelle de fourrière homologuée à Ajaccio. Une situation critique que ni le maire d’Ajaccio ni le représentant de l’Etat décentralisé pour les questions sanitaires, n’ont cherché à contourner. En rappelant toute leur volonté pour que cette situation trouve une solution rapidement. « Cette convention est une très bonne chose en attendant que la future fourrière soit crée. Je souhaite également que cela donne un exemple à d’autres communes ainsi qu’à toute l’île » a exhorté Christian Berland de la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection de la population (DDCSPP). Une volonté clairement affichée d’avancer sur ce terrain partagée par le maire d’Ajaccio Simon Renucci.

Tractations avec une commune proche d’Ajaccio pour le terrain
Alors dans ce maquis de complications, quels sont donc précisément les écueils rencontrés qui ont jusqu’à présent fait obstacle à la construction d’une structure homologuée et adaptée malgré la volonté de tous les acteurs ? C’est Simon Renucci qui s’est très clairement exprimé sur la question, détaillant points par points les enjeux et leurs limites. « Il est difficile de chiffrer précisément les populations animales errantes. C’est un vrai problème de société qui pose la question de la cohabitation entre les animaux et la population. Toutefois, de réelles difficultés existent. Il nous faut trouver un terrain suffisamment vaste pour pouvoir accueillir un chenil mais aussi la fourrière à côté. A ce sujet, je peux vous dire que j’attends la réponse du maire d’une commune voisine d’Ajaccio pour lancer les démarches, d’ici 6 mois si tout va bien » a d’abord expliqué Simon Renucci.
Il devrait (même si aucune information n’a été dévoilée) s’agir de la commune de Sarrola-Carcopino qui présente de multiples avantages. Mais obtenir un terrain ne fait pas tout. La question de la gestion et de la charge financière (surtout pour des associations qui déplorent des moyens très réduits) pèsera également lourd sur la finalisation du projet. « Il nous faut par ailleurs avoir des associations qui puissent assumer le coût financier d’une telle gestion  de structure. Il nous faudra également trouver des dotations qui permettent de faire vivre ce chenil » a conclu le maire d’Ajaccio qui, malgré ces écueils a tenu à exprimer sa « satisfaction pour la pleine coopération de tous les acteurs dans le domaine de la santé publique », qualifiant cette union d’exceptionnelle.
La signature des deux conventions par les différents acteurs et partenaires* a clôturé cette réunion.




Pour mener à bien cette ambitieuse politique publique de l'animal dans la ville, il faudra surmonter les écueils à la fois techniques pour l'obtention d'un terrain dévolu à la future fourrière, mais également financiers pour assumer la gestion d'une telle structure. (Photo: Yannis-Christophe Garcia)
Pour mener à bien cette ambitieuse politique publique de l'animal dans la ville, il faudra surmonter les écueils à la fois techniques pour l'obtention d'un terrain dévolu à la future fourrière, mais également financiers pour assumer la gestion d'une telle structure. (Photo: Yannis-Christophe Garcia)
Un appel au civisme et au sens des responsabilités
Il ne reste désormais plus qu’à faire exister concrètement ces conventions. Tout d’abord en réalisant la construction d’une fourrière qui pourrait déjà réduire une partie des problèmes de l’errance animale dans la ville. Celle-ci pourrait prendre la forme d'une Délégation de service public (DSP) qui permettrait d'obtenir des fonds de subvention pour les associations de la part des collectivités et de la CAPA.
Mais également à responsabiliser les propriétaires des bêtes bien souvent laissées libres de divaguer avec souvent, les drames routiers qui y sont liés dans notre île.
La ville d’Ajaccio s’investit d’ailleurs dans ce sens en encourageant les propriétaires à faire identifier les animaux (puces et autres systèmes d’identification) mais également au niveau de la propreté avec des systèmes de collecte des déjections canines comme au jardin des Cannes. La municipalité souhaite également impliquer les enfants au travers d’ateliers de sensibilisation au bon comportement à tenir face à un animal et la mise en place d’une charte éducative citoyenne de la santé publique et de lien social avec le concours du SNVEL.
Au-delà de cette ambitieuse politique de l’animal en ville, il faudra également compter sur le civisme et le sens des responsabilités de chacun… Et là, il y a aussi bien du travail à accomplir !

Yannis-Christophe GARCIA
 
* Les divers acteurs et partenaires présents lors de cette réunion
- Simon Renucci, maire d’Ajaccio
- Danielle Bernardini, Direction générale des services de la ville d’Ajaccio
- Valérie Lafforgue, vétérinaire à Ajaccio
- Delgam Christophe, vétérinaire à Propriano
- Nathalie Gallois-Secondi, vétérinaire
- Aymeric Benard, vétérinaire
- Julien Cuevas, président de l’association Les chats de l’île à Ajaccio    
- Christian Berland, DDCSPP de Corse-du-Sud  
 
** Association Les chats de l’île
L’association recherche des bénévoles.
Contact : Julien Cuevas. Tel : 06.12.56.60.95 / Mail : contact@leschatsdelile.fr
Site : http://www.leschatsdelile.fr