L'idée du film est née d'une douleur personnelle. Corinne Mattei a perdu son frère dans la catastrophe de Furiani, le 5 mai 1992. "Pendant toutes ces années, j'ai subi l'après-catastrophe. Je n'en voulais plus de voir toutes ces images horribles qu'on a pu voir après." Alors plutôt que de revenir sur l'effondrement de la tribune, elle a choisi de filmer ce que tout le monde a oublié : l'avant. "J'avais envie de m'imaginer ce que pouvait être cette journée avant le drame. L'après, nous l'avons subi, on a été terrassé. J'avais envie de faire un peu de bien en imaginant ce que pouvait être avant, quand l'heure était encore à la fête." Son frère lui avait dit ce soir-là : "Je vais aller faire la fête avec mes copains." C'est cet hommage-là qu'elle a voulu lui rendre.
Un film fictionné nourri de témoignages réels
Le film s'arrête au moment où tout bascule. Il ne montre pas la catastrophe. "De toute façon on n'en a plus du tout parlé de l'avant, puisque tout a été complètement balayé par le drame." Pour le construire, Corinne Mattei s'est appuyée sur des années de rencontres avec des témoins directs au sein du collectif des victimes, mais aussi sur des personnes qui l'ont contactée spontanément quand elles ont appris qu'elle réalisait le film. "C'est un mélange de tous les gens qui ont été frappés par la catastrophe" Le film est entièrement fictionné, aucun personnage n'est inspiré d'une personne réelle, mais l'humain est là, partout.
Faire ressentir la violence du drame par la joie
Elle a fait le choix de montrer la fête plutôt que le drame, pour mieux en faire ressentir la violence. "En faisant rejaillir cette jeunesse, cette joie, cette effervescence, l'issue elle est encore plus violente pour un spectateur, parce qu'on se rend compte à quel point la vie était belle et à quel point elle est fragile." La tension monte tout au long du film jusqu'au moment où tout bascule. "On est dans la joie, elle monte, elle monte, elle monte et d'un coup, il n'y a plus rien."
Une projection gratuite et accessible à tous
La gratuité de la projection n'est pas anodine. "Il n'y a jamais eu d'argent, je n'ai jamais fait d'argent sur ce film. Gratuit pour que ce ne soit vraiment pas une raison pour laquelle on ne viendrait pas." Corinne Mattei espère que le film continuera à voyager longtemps, dans le cadre des commémorations et au-delà. "Ce long-métrage existe pour ne jamais rien oublier de ce 5 mai 1992."
Rendez-vous lundi 4 mai à 19 heures au cinéma Le Studio à Bastia pour découvrir ce témoignage. L'entrée est libre et gratuite.
Rendez-vous lundi 4 mai à 19 heures au cinéma Le Studio à Bastia pour découvrir ce témoignage. L'entrée est libre et gratuite.











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