Ça y est, c'est officiel. Quel est votre sentiment ?
Je suis très heureux parce que le pasteur de Rome, va visiter notre diocèse, notre terre de Corse. C’est une immense joie et une grande reconnaissance pour notre communauté. Le but de cette visite est une occasion unique pour lui de voir et comprendre ce que nous vivons ici et pour nous, de recevoir sa vision universelle de pasteur.
Cette visite en Corse est la première d’un souverain pontife sur l’île. Pourquoi, selon vous, le Pape a-t-il choisi de venir en Corse, maintenant ?
Historiquement, Jean-Paul II, Benoît XVI et François lui-même ont visité des îles méditerranéennes comme la Sardaigne, la Sicile ou Malte. La Corse, située si près de Rome, n’avait pas encore reçu cette visite. Cette proximité géographique et culturelle l'a sans doute convaincu. Mais sa venue est aussi un signe fort de son désir d’honorer les périphéries, comme il le dit souvent. Nous ne sommes pas le centre du monde, mais sa venue nous encourage. Il veut peut-être nous encourager nous dire : « Vous avez quelque chose d’unique à explorer, à exploiter et aussi à apporter aux autres. »
Pourquoi le Saint-Père a-t-il choisi la Corse pour cette visite, plutôt que Notre-Dame de Paris ?
On me pose souvent la question : pourquoi la Corse ? Et je réponds simplement : pourquoi pas ? Ce choix ne résulte pas d’un "match" entre Paris et Ajaccio. Le Pape François est un homme libre et responsable, qui a pris sa décision après avoir évalué tous les éléments. Nous sommes à dix jours de Noël, un moment propice pour parler de la piété populaire, qui est si vivante ici en Corse. Je pense qu’il a été touché par cette simplicité et cette authenticité, qui correspondent à sa vision pastorale. Il ne s’agit pas de concepts abstraits, mais de gestes concrets et proches des gens. Dans une société souvent marquée par la complexité et la pression, sa venue est une invitation à retrouver une certaine simplicité, une liberté intérieure, et une vraie proximité avec les réalités humaines.
On dit que vous êtes très proche de François, que vous êtes l'artisan principal de ce voyage. En quoi cette relation a-t-elle influencé son choix de venir en Corse ?
Comme je l’ai souvent dit, je n’ai pas cherché à séduire ni à manipuler le Pape pour obtenir cette visite. J’ai simplement fait une invitation. Une invitation, c’est laisser l’autre libre de répondre oui ou non. Le Pape a pris le temps d’évaluer les éléments. Il a peut-être vu dans notre réalité une opportunité de mieux comprendre une terre proche de Rome, pour y apporter sa vision de l'église universelle.
Tous les évêques seraient heureux d’accueillir le Pape, et je suis profondément reconnaissant qu’il ait dit « oui », pour moi mais surtout pour l'Eglise de Corse.
Cette visite, à quelques jours de Noël, semble particulièrement symbolique. Comment interprétez-vous ce timing, d’autant plus que l’agenda du Pape est particulièrement chargée le mois de décembre ?
Le Pape m’a confié qu’il était essentiel de venir maintenant, car l’année prochaine, avec le Jubilé, son agenda sera très chargé. A dix jours de Noël, cette visite prend un sens particulier. C’est un moment où l’on célèbre la paix, l’espérance et la fraternité. Depuis une île méditerranéenne, il pourra lancer un appel fort à la paix et à la fraternité dans un monde marqué par la guerre, que ce soit au Moyen-Orient, en Ukraine ou ailleurs.
De nombreux Corses interprètent ce voyage comme une reconnaissance du fort ancrage catholique de l’île et de ses valeurs traditionnelles. Partagez-vous cet avis ? Ou bien cette visite s’inscrit-elle dans une réflexion géopolitique et théologique plus large autour de la Méditerranée ?
Le Pape a une vision globale et holistique de la réalité. Sa venue ne s’inscrit pas principalement dans une démarche géopolitique ou conceptuelle, mais dans une volonté d’aller à la rencontre d’un territoire spécifique, avec ses traditions, ses forces et ses faiblesses. Chaque déplacement du Saint-Père porte un message d’encouragement : il nous invite à valoriser ce que nous sommes, à nous appuyer sur nos racines pour être des témoins de foi et d’espérance dans le monde. Dans un contexte où l’humanité a tant besoin d’unité, de paix et de fraternité, sa parole viendra nous rappeler l’importance de ces valeurs fondamentales, bien au-delà des grands discours ou des enjeux géopolitiques.
Certains considèrent cette visite comme un geste symbolique fort, voire un rejet des institutions françaises. Comment répondez-vous à ces interprétations ?
Non, je ne crois pas qu’il faille réduire cette visite à des interprétations politiques. Ces lectures peuvent prêter à confusion et nuire à l’esprit même de la démarche du Pape François. Le Saint-Père vient en Corse comme il l’a fait dans d’autres îles méditerranéennes : pour découvrir une périphérie, se rapprocher d’une communauté, et témoigner de sa proximité avec les réalités locales. Il ne s’agit pas d’une opposition à Paris ni d’un geste diplomatique, mais d’une volonté d’aller à la rencontre d’un peuple et de sa culture. En plongeant dans nos traditions et dans la vie du peuple corse, il montre qu’il est un pasteur proche de ceux qu’il sert. Cette visite incarne l’idée qu’une véritable autorité ne repose pas sur le pouvoir, mais sur la proximité et l’attention aux personnes.
Les questions migratoires sont au cœur des préoccupations du Pape François. Attendez-vous un message spécifique sur ce sujet lors de sa visite ? Quels thèmes pensez-vous qu’il abordera ?
Le Pape François est certes très sensible à la question de la migration, et la Corse, au cœur de la Méditerranée, est concernée. Il pourrait aborder ce sujet, mais l’axe principal de sa visite reste la piété populaire, qui caractérise profondément notre île. Nos processions, nos traditions incarnent une foi vivante et enracinée. Le Pape vient souligner l’importance d’une foi qui s’exprime publiquement et pacifiquement, dans la joie et l’espérance. lL pourrait également lancer un appel à un dialogue apaisé et intelligent entre les gouvernants, les élus locaux, et l’Église - ce qui se fait déjà en Corse - afin de promouvoir une entente harmonieuse. Il s’agit d’encourager une démarche collective orientée vers la paix et la solidarité, loin de la violence ou de la colère, mais portée par une joie commune et l’espérance d’un avenir partagé.
L’appel lancé pour financer la venue du Pape a suscité des réactions mitigées, notamment sur les réseaux sociaux. Que répondez-vous à ceux qui jugent cette démarche inappropriée, surtout dans un contexte de difficultés économiques ?
Nous sommes bien conscients du contexte économique difficile pour beaucoup de familles en Corse et ailleurs. Cependant, cet appel à la générosité repose sur le principe de la liberté de chacun. Personne n’est contraint de donner, et il n’y a aucune culpabilisation ou pression exercée. Certaines personnes offriront cinq euros, d’autres pourront donner davantage, et cela reste un geste volontaire. L’objectif est de permettre à tous de vivre un moment exceptionnel et à notre diocèse d’accueillir dignement cette visite historique. Nous faisons de notre mieux pour que cet événement soit accessible au plus grand nombre, notamment par une gestion rigoureuse des moyens mis en œuvre. La générosité, à hauteur des possibilités de chacun, permet à tous de contribuer, sans polémique ni obligation.
Avez-vous une estimation du coût total de cet événement ?
Pour le moment, nous n’avons pas de chiffre précis, et certains montants avancés ici ou là sont totalement fantaisistes. Ce que nous savons, c’est que nos efforts se concentrent sur trois domaines principaux : l’accueil des évêques et des délégations, la prise en charge des prêtres et des fidèles qui viendront, ainsi que la gestion de la communication.
Il ne s’agit pas de collecter des fonds pour accumuler des moyens, mais pour organiser cette visite de manière simple et digne. Chaque euro sera utilisé pour créer un événement à la fois spirituel et fédérateur, dans l’esprit même de ce que représente la venue du Pape.
La venue du Pape en Corse plutôt que à Paris ou Lourdes - a suscité des réactions en France. Voir des jalousies. Les ressentez-vous ?
Je ne parlerais pas de jalousies. La décision du Pape François a été prise en toute liberté, avec sagesse, et sans aucune intention de créer des rivalités. Il n’y a aucun problème entre Ajaccio et Paris, ni entre le Président de la République et le Saint-Père. Plutôt que de chercher des polémiques inutiles, il est essentiel de se concentrer sur ce qui nous unit. Cette visite est un événement porteur de symboles forts et d’espérance. Elle témoigne d’une attention particulière aux périphéries et d’un désir d’encourager des communautés souvent éloignées des centres de décision. Ma mission, en tant que pasteur, est de mettre en lumière ce qui est beau, bon et porteur d’espérance, dans les cœurs comme dans les institutions. Trop souvent, nous avons tendance à chercher le sombre ou le problématique là où il y a du positif. Cela ne doit pas être le cas ici. Cette visite est une opportunité de sérénité et de communion, et c’est dans cet esprit que je m’inscris.
Je suis très heureux parce que le pasteur de Rome, va visiter notre diocèse, notre terre de Corse. C’est une immense joie et une grande reconnaissance pour notre communauté. Le but de cette visite est une occasion unique pour lui de voir et comprendre ce que nous vivons ici et pour nous, de recevoir sa vision universelle de pasteur.
Cette visite en Corse est la première d’un souverain pontife sur l’île. Pourquoi, selon vous, le Pape a-t-il choisi de venir en Corse, maintenant ?
Historiquement, Jean-Paul II, Benoît XVI et François lui-même ont visité des îles méditerranéennes comme la Sardaigne, la Sicile ou Malte. La Corse, située si près de Rome, n’avait pas encore reçu cette visite. Cette proximité géographique et culturelle l'a sans doute convaincu. Mais sa venue est aussi un signe fort de son désir d’honorer les périphéries, comme il le dit souvent. Nous ne sommes pas le centre du monde, mais sa venue nous encourage. Il veut peut-être nous encourager nous dire : « Vous avez quelque chose d’unique à explorer, à exploiter et aussi à apporter aux autres. »
Pourquoi le Saint-Père a-t-il choisi la Corse pour cette visite, plutôt que Notre-Dame de Paris ?
On me pose souvent la question : pourquoi la Corse ? Et je réponds simplement : pourquoi pas ? Ce choix ne résulte pas d’un "match" entre Paris et Ajaccio. Le Pape François est un homme libre et responsable, qui a pris sa décision après avoir évalué tous les éléments. Nous sommes à dix jours de Noël, un moment propice pour parler de la piété populaire, qui est si vivante ici en Corse. Je pense qu’il a été touché par cette simplicité et cette authenticité, qui correspondent à sa vision pastorale. Il ne s’agit pas de concepts abstraits, mais de gestes concrets et proches des gens. Dans une société souvent marquée par la complexité et la pression, sa venue est une invitation à retrouver une certaine simplicité, une liberté intérieure, et une vraie proximité avec les réalités humaines.
On dit que vous êtes très proche de François, que vous êtes l'artisan principal de ce voyage. En quoi cette relation a-t-elle influencé son choix de venir en Corse ?
Comme je l’ai souvent dit, je n’ai pas cherché à séduire ni à manipuler le Pape pour obtenir cette visite. J’ai simplement fait une invitation. Une invitation, c’est laisser l’autre libre de répondre oui ou non. Le Pape a pris le temps d’évaluer les éléments. Il a peut-être vu dans notre réalité une opportunité de mieux comprendre une terre proche de Rome, pour y apporter sa vision de l'église universelle.
Tous les évêques seraient heureux d’accueillir le Pape, et je suis profondément reconnaissant qu’il ait dit « oui », pour moi mais surtout pour l'Eglise de Corse.
Cette visite, à quelques jours de Noël, semble particulièrement symbolique. Comment interprétez-vous ce timing, d’autant plus que l’agenda du Pape est particulièrement chargée le mois de décembre ?
Le Pape m’a confié qu’il était essentiel de venir maintenant, car l’année prochaine, avec le Jubilé, son agenda sera très chargé. A dix jours de Noël, cette visite prend un sens particulier. C’est un moment où l’on célèbre la paix, l’espérance et la fraternité. Depuis une île méditerranéenne, il pourra lancer un appel fort à la paix et à la fraternité dans un monde marqué par la guerre, que ce soit au Moyen-Orient, en Ukraine ou ailleurs.
De nombreux Corses interprètent ce voyage comme une reconnaissance du fort ancrage catholique de l’île et de ses valeurs traditionnelles. Partagez-vous cet avis ? Ou bien cette visite s’inscrit-elle dans une réflexion géopolitique et théologique plus large autour de la Méditerranée ?
Le Pape a une vision globale et holistique de la réalité. Sa venue ne s’inscrit pas principalement dans une démarche géopolitique ou conceptuelle, mais dans une volonté d’aller à la rencontre d’un territoire spécifique, avec ses traditions, ses forces et ses faiblesses. Chaque déplacement du Saint-Père porte un message d’encouragement : il nous invite à valoriser ce que nous sommes, à nous appuyer sur nos racines pour être des témoins de foi et d’espérance dans le monde. Dans un contexte où l’humanité a tant besoin d’unité, de paix et de fraternité, sa parole viendra nous rappeler l’importance de ces valeurs fondamentales, bien au-delà des grands discours ou des enjeux géopolitiques.
Certains considèrent cette visite comme un geste symbolique fort, voire un rejet des institutions françaises. Comment répondez-vous à ces interprétations ?
Non, je ne crois pas qu’il faille réduire cette visite à des interprétations politiques. Ces lectures peuvent prêter à confusion et nuire à l’esprit même de la démarche du Pape François. Le Saint-Père vient en Corse comme il l’a fait dans d’autres îles méditerranéennes : pour découvrir une périphérie, se rapprocher d’une communauté, et témoigner de sa proximité avec les réalités locales. Il ne s’agit pas d’une opposition à Paris ni d’un geste diplomatique, mais d’une volonté d’aller à la rencontre d’un peuple et de sa culture. En plongeant dans nos traditions et dans la vie du peuple corse, il montre qu’il est un pasteur proche de ceux qu’il sert. Cette visite incarne l’idée qu’une véritable autorité ne repose pas sur le pouvoir, mais sur la proximité et l’attention aux personnes.
Les questions migratoires sont au cœur des préoccupations du Pape François. Attendez-vous un message spécifique sur ce sujet lors de sa visite ? Quels thèmes pensez-vous qu’il abordera ?
Le Pape François est certes très sensible à la question de la migration, et la Corse, au cœur de la Méditerranée, est concernée. Il pourrait aborder ce sujet, mais l’axe principal de sa visite reste la piété populaire, qui caractérise profondément notre île. Nos processions, nos traditions incarnent une foi vivante et enracinée. Le Pape vient souligner l’importance d’une foi qui s’exprime publiquement et pacifiquement, dans la joie et l’espérance. lL pourrait également lancer un appel à un dialogue apaisé et intelligent entre les gouvernants, les élus locaux, et l’Église - ce qui se fait déjà en Corse - afin de promouvoir une entente harmonieuse. Il s’agit d’encourager une démarche collective orientée vers la paix et la solidarité, loin de la violence ou de la colère, mais portée par une joie commune et l’espérance d’un avenir partagé.
L’appel lancé pour financer la venue du Pape a suscité des réactions mitigées, notamment sur les réseaux sociaux. Que répondez-vous à ceux qui jugent cette démarche inappropriée, surtout dans un contexte de difficultés économiques ?
Nous sommes bien conscients du contexte économique difficile pour beaucoup de familles en Corse et ailleurs. Cependant, cet appel à la générosité repose sur le principe de la liberté de chacun. Personne n’est contraint de donner, et il n’y a aucune culpabilisation ou pression exercée. Certaines personnes offriront cinq euros, d’autres pourront donner davantage, et cela reste un geste volontaire. L’objectif est de permettre à tous de vivre un moment exceptionnel et à notre diocèse d’accueillir dignement cette visite historique. Nous faisons de notre mieux pour que cet événement soit accessible au plus grand nombre, notamment par une gestion rigoureuse des moyens mis en œuvre. La générosité, à hauteur des possibilités de chacun, permet à tous de contribuer, sans polémique ni obligation.
Avez-vous une estimation du coût total de cet événement ?
Pour le moment, nous n’avons pas de chiffre précis, et certains montants avancés ici ou là sont totalement fantaisistes. Ce que nous savons, c’est que nos efforts se concentrent sur trois domaines principaux : l’accueil des évêques et des délégations, la prise en charge des prêtres et des fidèles qui viendront, ainsi que la gestion de la communication.
Il ne s’agit pas de collecter des fonds pour accumuler des moyens, mais pour organiser cette visite de manière simple et digne. Chaque euro sera utilisé pour créer un événement à la fois spirituel et fédérateur, dans l’esprit même de ce que représente la venue du Pape.
La venue du Pape en Corse plutôt que à Paris ou Lourdes - a suscité des réactions en France. Voir des jalousies. Les ressentez-vous ?
Je ne parlerais pas de jalousies. La décision du Pape François a été prise en toute liberté, avec sagesse, et sans aucune intention de créer des rivalités. Il n’y a aucun problème entre Ajaccio et Paris, ni entre le Président de la République et le Saint-Père. Plutôt que de chercher des polémiques inutiles, il est essentiel de se concentrer sur ce qui nous unit. Cette visite est un événement porteur de symboles forts et d’espérance. Elle témoigne d’une attention particulière aux périphéries et d’un désir d’encourager des communautés souvent éloignées des centres de décision. Ma mission, en tant que pasteur, est de mettre en lumière ce qui est beau, bon et porteur d’espérance, dans les cœurs comme dans les institutions. Trop souvent, nous avons tendance à chercher le sombre ou le problématique là où il y a du positif. Cela ne doit pas être le cas ici. Cette visite est une opportunité de sérénité et de communion, et c’est dans cet esprit que je m’inscris.