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Sartène : L’union sacrée contre la fermeture des perceptions de Sartène et Levie


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 2 Février 2019 à 22:24

Forte mobilisation, samedi après-midi à Sartène, pour refuser le démantèlement des services publics de proximité sur le territoire du Sartenais-Valinco-AltaRocca, notamment à Sartène et à Levie. Près de 200 personnes, dont de nombreux élus de toutes les sensibilités politiques, ont défilé en soutien aux personnels des finances publiques dont les perceptions vont être fermées. En jeu : quatre suppressions de postes et le spectre de la désertification du rural.




Sartène : L’union sacrée contre la fermeture des perceptions de Sartène et Levie
C’est symboliquement devant la cité administrative, puis devant la sous-préfecture de Sartène, que près de 200 personnes se sont réunies, samedi après-midi, pour protester contre le démantèlement programmé des services publiques sur le territoire du Sartenais-Valinco-Alta Rocca. En cause : la fermeture des deux perceptions de Sartène et de Levie et la suppression de quatre postes équivalent plein temps, deux dans chaque commune. L’annonce a créé une onde de choc dans la microrégion et suscité des réactions en chaines. Les maires et la population sont immédiatement montés au créneau contre « une décision injuste » et lancé un appel à la mobilisation. « Le peuple de l'Alta Rocca mènera un nouveau combat avec ses maires pour la sauvegarde de notre perception, de nos fonctionnaires. Le magnifique territoire de l'Alta Rocca, lieu historique, lieu de résistance, lieu de culture ancestrale, restera combatif avec ses élus de base à ce nouveau défi, à cette injustice. L'administration des Finances ferait mieux d'envoyer des renforts d'effectif, pas de supprimer des postes. L'état major nous envoie une estafette porteuse de mauvaises nouvelles et de fausses promesses catastrophiques pour l’économie les personnes âges, les mères de famille, pour notre jeunesse », réagissait, dès la fin janvier, Albert Mondoloni, maire de Mela de Tallano, sur la page Facebook de la commune. 

Tous mobilisés !
La mobilisation a pris l’allure d’une union sacrée. Autour des agents dont les emplois sont menacés, se pressaient des usagers, l’ensemble des maires du territoire, les syndicats, les Gilets jaunes, mais aussi toute la sphère politique insulaire. A commencer par la majorité territoriale nationaliste représentée par Paul André Colombani, député de la 2ème circonscription de la Corse-du-Sud, et des conseillers territoriaux : Jean-Jacques Lucchini, conseiller territorial Femu a Corsica représentant le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, Mattea Casalta, Joseph Pucci, Pierre-José Filipputti. Egalement les élus d’opposition : ceux du groupe Per l’Avvene représenté notamment par les conseillères du cru, Santa Duval et Chantal Pedinielli, ceux du groupe Andà per Dumane et de la Corse dans la République. Mais aussi l'ancien président de l'Assemblée de Corse, Dominique Bucchini, des militants des quatre partis nationalistes Femu a Corsica, PNC, Corsica Libera et Core in Fronte et les représentants du Cumitatu naziunalistu de l'Alta Rocca qui regroupe l'ensemble des militants nationalistes encartés ou pas.
 
Deux motions au gouvernement
Face à la multiplication des fermetures de perceptions qui s’enchainent en Corse, comme partout sur le continent, dans le cadre d’une stratégie gouvernementale de réduction drastique des services publics, deux motions sur le sujet devaient être présentées lors de la session de l’Assemblée de Corse qui devait se tenir jeudi et vendredi dernier. La session ayant été annulée suite au drame de Lupinu, elles seront présentées à la prochaine session de février. La majorité cherche à fusionner les deux motions et à y intégrer les deux autres groupes d’opposition pour réaliser un consensus autour de cette question et mieux peser sur le gouvernement.

La motion de Pè a Corsica
La première motion émane de la majorité territoriale. S’appuyant sur l’article 5 de la loi du 28 décembre 2016 de modernisation, de développement et de protection des territoires de montagne, elle interpelle le gouvernement et lui demande le « Maintien des services publics dans le rural et soutien aux personnels des finances publiques de Corse, notamment ceux de Sartè et Livia ». A travers un certain nombre de considérations, elle pose les enjeux : « Considérant la suppression, depuis le 1er janvier 2018, de la trésorerie de Portivechju dans le cadre de sa fusion avec celle de Bunifaziu, qui a conduit à la suppression de deux postes d’agents dédiés au Secteur Public Local (SPL), Considérant la suppression, depuis le 1er janvier 2018, d’un emploi à la trésorerie de Livia au motif du recouvrement de l’impôt des particuliers vers le service des impôts des particuliers (SIP) de Sartè… sans transfert de l’emploi équivalent à la mission, Considérant qu’ont été actées, en janvier 2019, de nouvelles suppressions d’emplois par la Direction Générale des Finances Publiques (DGFIP) à Livia, Sartè, Vicu, Santa-Maria Sichè, Bonifaziu, dans le Grand Aiacciu…,Considérant que l’objectif poursuivi par la DGFIP est de supprimer un maximum de trésorerie en milieu rural d’ici 2022 et de fusionner les Services des Impôts aux Particuliers et aux Entreprises (SIP/E) en unité de 50 agents soit deux pour la Région Corse menaçant, par conséquent, de nombreux emplois dans nos territoires ruraux, Considérant la dégradation sur le service aux usagers qu’engendreraient ces suppressions, Considérant que la présence des services administratifs en milieu rural permet de maintenir la population et l’activité économique dans nos villages, Considérant que la Corse est reconnue en tant qu’île-montagne et que les dispositions de la loi Montagne s’y appliquent, Considérant que la loi de 1985 relative au développement et à la protection de la montagne indique dans son article premier « de prendre en compte les disparités démographiques et la diversité des territoires…, Considérant que ces décisions, très éloignées des réalités territoriales insulaires et contraires à l’esprit du statut d’île-montagne, notamment en ce qui concerne le maintien et l’implantation de services publics dans les territoires ruraux en vue de garantir le dynamisme économique du monde rural, contraindront, à très court terme, les habitants des territoires concernés à parcourir, en prenant de nombreux risques eu égard aux particularités de notre réseau routier, de longues distances pour effectuer leurs démarches administratives, Considérant les conflits sociaux au sein des centres des Finances Publiques de Sartè et Livia, Considérant les inquiétudes exprimées par les personnels et leurs représentants syndicaux quant à l’avenir des centres de ces centres, Considérant que les mouvements dits de rationalisation des services publics, notamment les opérations de regroupement des lieux d’exercice (« Réorganisation du réseau »), conduisent inéluctablement à une dégradation du service rendu aux usagers et que, du reste, ils sont en totale contradiction avec les contrats de ruralité dont bénéficient notamment Sartè et l’Alta Rocca ; contrats de ruralité qui ont pour objectif de stabiliser et de revitaliser les services publics de l’intérieur dans le cadre des pôles d’équilibre territorial et rural, Considérant qu’il convient d’interpeller le gouvernement afin que l’ensemble des emplois, aujourd’hui des centres de Sartè et Livia, demain des centres d’autres communes rurales corses, et par conséquent le service aux usagers, soient maintenus… ». La motion affirme, ensuite, son « soutien aux agents de la Direction générale des Finances publiques, et plus particulièrement aux agents de Sartè et Livia qui veillent, comme l’ensemble de leurs collègues de l’île, à défendre l’organisation existante du service public des finances ». Elle « s’oppose au projet de recomposition du maillage des services tel qu’envisagé par la DGFIP, démarche qui s’inscrit dans la logique de démantèlement des services publics sur le territoire corse, et plus particulièrement en milieu rural ». Et « demande au gouvernement le maintien des services publics en milieu rural et des trésoreries en particulier, en prenant en considération les contraintes inhérentes au statut d’île-montagne. Demande à la DGFIP le maintien de la pleine compétence trésorerie sur l’ensemble des sites actuels. demande que les élus locaux (communaux et intercommunaux) soient systématiquement et préalablement consultés sur tout projet de réorganisation de services publics ». Enfin, elle mandate les deux présidents, du Conseil Exécutif et de l’Assemblée de Corse, « afin d’entreprendre toutes les démarches utiles à la réalisation de ces objectifs ».

La motion de Per l’Avvene
La seconde motion émane du groupe de droite Per l'Avvene. Sur le même principe, elle pose un certain nombre de considérations : « Considérant la suppression de 4 postes d’agents en équivalent temps plein dans les services de la direction des finances publiques sur le territoire du Sartenais-Valinco-Alta Rocca, à raison de deux postes à Sartène et de deux postes à Lévie, Considérant qu’en conséquence, l’accueil au public s’en trouvera réduit à quatre matinées par semaine, Considérant la mobilisation des agents des deux sites concernés afin d’alerter la population sur les conséquences de ces décisions sur le maintien d’un service public de qualité et de proximité, Considérant que le renvoi à des services dématérialisés s’avère incompatible avec la mauvaise couverture téléphonique et numérique des territoire ruraux, ainsi qu’avec le public d’âge avancé qui a besoin d’un contact humain en mesure de répondre et de procéder à des actions simples de recouvrement ou d’informations, ou encore avec les personnes en situation de précarité ne disposant pas des moyens informatiques nécessaires, Considérant que la baisse des effectifs dans les trésoreries locales, voire dans certains cas leur fermeture, poursuit la logique d’une centralisation des personnels, des services et des opérations dans les sièges départementaux, processus qui va à l’encontre d’un maillage équilibré des services publics ». Elle demande à l’Assemblée de Corse de « soutenir les agents de la direction départementale des finances publiques de Sartène et Lévie, mobilisés contre les suppressions de postes, la fermeture de services et plus globalement, contre l’exode rural administratif des services publics de base ». Et demande au gouvernement : « le maintien d’un maillage cohérent des services des finances publiques sur l’ensemble du territoire insulaire ».
 
N.M.



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