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Plantu, un esprit libre à Bastia


le Mercredi 11 Janvier 2017 à 22:48

Ecouter les opinions de tous sans chape de plomb. C’est le message que le dessinateur Plantu a souhaité véhiculer aux élèves du lycée Paul Vincensini à Bastia. Des attentats de Charlie Hebdo, il en garde une boule au ventre et le souhait de rendre le vivre ensemble possible ainsi qu’une parole libérée. Des velléités qui ont été au coeur des échanges avec les jeunes ce mercredi matin.



LA LIBERTÉ SERA TOUJOURS LA PLUS FORTE. Dessin de Plantu publié à la une du journal Le Monde le 9 janvier 2015.
LA LIBERTÉ SERA TOUJOURS LA PLUS FORTE. Dessin de Plantu publié à la une du journal Le Monde le 9 janvier 2015.

« Il faut remettre la bienveillance au goût du jour ». Au lendemain de la deuxième commémoration de l‘attentat de Charlie Hebdo, Plantu est venu à la rencontre de son jeune public afin d’échanger sur la liberté d’expression. Une liberté difficile à entrevoir lorsque l’on sait qu’un dessinateur de la rédaction reste toujours sous le coup d’une fatwa depuis 2004. Mais le caricaturiste du Monde reste optimiste et continue de promulguer des messages de paix à travers ses visites dans les écoles de la France entière « Il faut s’ôter de la tête que les dessinateurs se lèvent pour humilier le monde musulman. Il faut rendre le vivre ensemble possible et essayer de libérer la parole. Je pense que nous sommes à même d’entendre toutes les opinions et surtout d’apprendre de la culture des autres ». 

Quand on l’interroge sur la Corse, il sourit « Chaque fois que je viens ici je me dis que l’on peut facilement régler les choses, il y'a beaucoup de bienveillance chez vous ». Avec un cannistrelli dans une main, Jean Plantureux dit Plantu pose son regard plein de tendresse sur une bande de jeunes en train de s’amuser. Sûrement une image qui le remplit d’espoirs « Je sais que beaucoup de gens vivent encore dans la rancoeur mais il faut avancer et ne pas vivre dans la frustration ». Et même s’il ferraillait parfois avec ses confrères de Charlie (souvenir d’un échange tendu avec Riss, alors directeur de la publication de Charlie Hebdo sur des questions de perception et de compréhension des dessins de presse), Plantu reste un fervent défenseur du dialogue et du « tout peut se dire tant que c’est fait avec respect et un peu d’humour ». 

 

Treize années de piges et de galère « et du jour au lendemain, mes dessins faisaient la une du Monde ». Lorsqu’il évoque son parcours, il préfère égrener les souvenirs de ses rencontres avec son public plutôt que ses croquis. On lui dit qu’il a réussi grâce à son talent. Il esquisse un nouveau sourire et vaque à ses pensées. Une journée chargée l’attend mais sans jamais se prendre au sérieux …car comme disait Cabu « On n'est pas des porteurs de messages. On est simplement des clowns, des saltimbanques ».
 

Carole Heiligenstein