- Quel est votre sentiment sur la séquence du Sénat ?
- La séquence du Sénat est dans une dimension non politique, elle est dans une logique politicienne, sectaire, d’un groupe politiquement marginal au niveau national français, mais qui, par le jeu du suffrage indirect, continue de garder des prérogatives très fortes au Sénat. À savoir ce groupe de la droite droitière qui s’appelle Les Républicains. Et on est, je pèse mes mots, sur quelque chose qui est tout autant un parjure qu’une forfaiture, c’est-à-dire qu’il y a un pacte politique, un protocole d’accord qui a été validé par la quasi-unanimité des parties prenantes, y compris une très grosse partie de la droite insulaire qui était menée, lors des négociations par Jean-Martin Mondoloni et Valérie Bozzi. Les articles les plus importants, à savoir les articles de fond n°1 et n°2, ont été votés à l’unanimité. On s’est rendu compte au Sénat que la droite corse a cherché à faire une manœuvre de contournement de l’accord pour casser le texte, le dénaturer et le ramener non plus à une évolution vers l'autonomie, mais une évolution vers une réformette qui, à la limite, est inférieure à celle qui a été accordée par le statut de 1992. C’est inacceptable et inadmissible ! Il y a rupture de la parole donnée, rupture des accords, agression contre les Corses et contre la Corse. C’est une imposture hors norme !
- Est-ce la raison qui vous a fait quitter le débat parlementaire ?
- Oui ! Dans ces conditions, il était normal et naturel qu’on se retire du débat parlementaire, puisque ce débat était infondé. Le Sénat est allé au-delà de ses prérogatives. Le Sénat n’est pas une chambre législative. C’est une Chambre de confort, de vérification, d’accompagnement. Elle n’est pas là pour faire de la politique au sens générique. Elle n’a pas cette mission. Son mode de désignation lui demande de la circonspection et de la retenue. On n’était pas là pour examiner une loi du Parlement français, on était là pour examiner un protocole d’accord politique qui avait été validé par la représentation politique de la Corse, le gouvernement français et le Parlement français. Le texte a été très légèrement modifié, voire à la marge, par rapport au texte d’origine. À côté de cela, tout ce qu’on leur demandait était de valider la démarche pour qu’il y ait une évolution vers un statut d’autonomie conforme et identique à celui des autres îles des Etats méditerranéens que sont l’Italie, l’Espagne et le Portugal. Faire autre chose, faire autrement, c’est un reniement de la parole donnée, un manque de respect à l’ensemble de la délégation corse et surtout chercher à faire rentrer la Corse dans une logique de rupture. Nous, nous ne l’acceptons pas ! Maintenant, il appartient à ceux qui ont choisi la rupture de l’assumer ou de se programmer dans une logique de désescalade et de rationalité pour accepter une solution politique qui solderait 50 années d’une lutte contemporaine qui a été difficile pour tout le monde.
- Cela ne semble pas en prendre le chemin ? La droite corse, notamment le sénateur Panunzi, affirme qu’il faudra désormais prendre en compte la position du Sénat ?
- Il n’y a que les gens, qui n’ont pas de vision à long terme, qui ne changent pas d’avis ! On peut être bloqué, être bloqué pour soi-même, c’est une chose, mais être bloquant pour tout un peuple, c’est autre chose !
- Vous confirmez que vous vous retirez du processus de Beauvau ?
- Non ! Le processus, nous l’avons accompagné jusqu’au bout. Il n’y a plus de processus aujourd’hui. La solution, c’est de donner la parole aux Corses, de procéder très rapidement, sous quelques jours, à l’organisation d’un référendum insulaire pour valider le principe d’une autonomie. Et ensuite de repositionner le texte, non pas dans un article 72 des collectivités territoriales communes de la métropole française, mais dans un article spécifique qui serait casé dans un titre pour que ce droit à la différenciation soit un droit accepté puisqu’exclusivement dévolu aux Corses.
- Est-il concrètement possible d’organiser ce référendum juridiquement et rapidement ?
- Il a été fait en 2003. Il y a aucune impossibilité pour qu’il soit organisé. La France, qui a réussi à organiser en trois semaines des élections législatives anticipées suite à une dissolution, doit pouvoir être capable de coorganiser avec tous les maires de Corse, qui sont les directeurs des bureaux de vote, une élection locale sur une question simple et rationnelle : « Etes-vous pour ou contre un statut d’autonomie conforme à celui des autres îles méditerranéennes ? ». Oui ou non ?
- Vous annoncez que vous n’irez pas à la réunion avec le Premier Ministre Sébastien Lecornu à Paris la semaine prochaine. Pourquoi ?
- On ne peut plus arrêter de palabrer. On a peut-être encore une culture orientale qui permet par politesse d’accepter des circonvolutions de comportement, mais il y a un moment où les discussions deviennent stériles et inutiles. Il y a un accord politique, un texte qui est déjà un compromis. Je ne vois pas comment Core in Fronte, mouvement indépendantiste qui a fait des efforts exceptionnels pour accepter une rédaction conforme à la majorité, va encore aujourd’hui chercher à la minorer, à l’édulcorer, à la transformer, et à, in fine, revenir à rien du tout. Non ! Il ne vaut mieux rien que rien du tout !
- Vous lancez un appel à une réunion avec tous les nationalistes. Qu’en attendez-vous ?
- Je pense qu’on a besoin d’avoir une attitude collégiale et collective, de faire fi de nos divergences, de nos oppositions sur des points de principe qui ne sont pas des points fondamentaux, et d’avoir une vision globale et stratégique. Aujourd’hui, on ne peut pas accepter qu’il y ait eu des représentants politiques qui soient venus à des tables de négociations valider un texte pour après, en catimini, chercher par une cinquième colonne politique au Sénat à les anéantir. C’est un comportement de voleurs et de menteurs ! Il n’y a pas la place pour ça. La Corse a trop souffert des barbouzeries et des méthodes déloyales pour accepter d’en découvrir de nouvelles. Aujourd’hui, je ne vois pas la possibilité de m’asseoir à la table où il y a des personnes qui ne respectent pas la parole donnée.
- La droite corse déclare que ces accusations sont scandaleuses, elle dit avoir fait de son mieux pour convaincre les sénateurs. En vain ?
- Quand on fait de son mieux, ça se voit ! Quand les traceurs du mieux, ce n’est que du mal, on doit se regarder dans la glace le matin, se raser sans se couper, et prendre les positions qu’il faut !
- Vous conviez donc l’ensemble des nationalistes le 4 novembre, à 18h30 à Corti ?
- Nous n’imposons pas un jour précis. Mercredi, il y a la session de l’assemblée de Corse. Cela peut être mardi, on laisse passer le weekend. Mais il faut qu’on se voit, qu’on ait une discussion dans la sérénité et qu’on parle, non pas avec le poids de nos divergences, mais avec le poids de notre amour pour la Corse.
Propos recueillis par Nicole MARI.
- La séquence du Sénat est dans une dimension non politique, elle est dans une logique politicienne, sectaire, d’un groupe politiquement marginal au niveau national français, mais qui, par le jeu du suffrage indirect, continue de garder des prérogatives très fortes au Sénat. À savoir ce groupe de la droite droitière qui s’appelle Les Républicains. Et on est, je pèse mes mots, sur quelque chose qui est tout autant un parjure qu’une forfaiture, c’est-à-dire qu’il y a un pacte politique, un protocole d’accord qui a été validé par la quasi-unanimité des parties prenantes, y compris une très grosse partie de la droite insulaire qui était menée, lors des négociations par Jean-Martin Mondoloni et Valérie Bozzi. Les articles les plus importants, à savoir les articles de fond n°1 et n°2, ont été votés à l’unanimité. On s’est rendu compte au Sénat que la droite corse a cherché à faire une manœuvre de contournement de l’accord pour casser le texte, le dénaturer et le ramener non plus à une évolution vers l'autonomie, mais une évolution vers une réformette qui, à la limite, est inférieure à celle qui a été accordée par le statut de 1992. C’est inacceptable et inadmissible ! Il y a rupture de la parole donnée, rupture des accords, agression contre les Corses et contre la Corse. C’est une imposture hors norme !
- Est-ce la raison qui vous a fait quitter le débat parlementaire ?
- Oui ! Dans ces conditions, il était normal et naturel qu’on se retire du débat parlementaire, puisque ce débat était infondé. Le Sénat est allé au-delà de ses prérogatives. Le Sénat n’est pas une chambre législative. C’est une Chambre de confort, de vérification, d’accompagnement. Elle n’est pas là pour faire de la politique au sens générique. Elle n’a pas cette mission. Son mode de désignation lui demande de la circonspection et de la retenue. On n’était pas là pour examiner une loi du Parlement français, on était là pour examiner un protocole d’accord politique qui avait été validé par la représentation politique de la Corse, le gouvernement français et le Parlement français. Le texte a été très légèrement modifié, voire à la marge, par rapport au texte d’origine. À côté de cela, tout ce qu’on leur demandait était de valider la démarche pour qu’il y ait une évolution vers un statut d’autonomie conforme et identique à celui des autres îles des Etats méditerranéens que sont l’Italie, l’Espagne et le Portugal. Faire autre chose, faire autrement, c’est un reniement de la parole donnée, un manque de respect à l’ensemble de la délégation corse et surtout chercher à faire rentrer la Corse dans une logique de rupture. Nous, nous ne l’acceptons pas ! Maintenant, il appartient à ceux qui ont choisi la rupture de l’assumer ou de se programmer dans une logique de désescalade et de rationalité pour accepter une solution politique qui solderait 50 années d’une lutte contemporaine qui a été difficile pour tout le monde.
- Cela ne semble pas en prendre le chemin ? La droite corse, notamment le sénateur Panunzi, affirme qu’il faudra désormais prendre en compte la position du Sénat ?
- Il n’y a que les gens, qui n’ont pas de vision à long terme, qui ne changent pas d’avis ! On peut être bloqué, être bloqué pour soi-même, c’est une chose, mais être bloquant pour tout un peuple, c’est autre chose !
- Vous confirmez que vous vous retirez du processus de Beauvau ?
- Non ! Le processus, nous l’avons accompagné jusqu’au bout. Il n’y a plus de processus aujourd’hui. La solution, c’est de donner la parole aux Corses, de procéder très rapidement, sous quelques jours, à l’organisation d’un référendum insulaire pour valider le principe d’une autonomie. Et ensuite de repositionner le texte, non pas dans un article 72 des collectivités territoriales communes de la métropole française, mais dans un article spécifique qui serait casé dans un titre pour que ce droit à la différenciation soit un droit accepté puisqu’exclusivement dévolu aux Corses.
- Est-il concrètement possible d’organiser ce référendum juridiquement et rapidement ?
- Il a été fait en 2003. Il y a aucune impossibilité pour qu’il soit organisé. La France, qui a réussi à organiser en trois semaines des élections législatives anticipées suite à une dissolution, doit pouvoir être capable de coorganiser avec tous les maires de Corse, qui sont les directeurs des bureaux de vote, une élection locale sur une question simple et rationnelle : « Etes-vous pour ou contre un statut d’autonomie conforme à celui des autres îles méditerranéennes ? ». Oui ou non ?
- Vous annoncez que vous n’irez pas à la réunion avec le Premier Ministre Sébastien Lecornu à Paris la semaine prochaine. Pourquoi ?
- On ne peut plus arrêter de palabrer. On a peut-être encore une culture orientale qui permet par politesse d’accepter des circonvolutions de comportement, mais il y a un moment où les discussions deviennent stériles et inutiles. Il y a un accord politique, un texte qui est déjà un compromis. Je ne vois pas comment Core in Fronte, mouvement indépendantiste qui a fait des efforts exceptionnels pour accepter une rédaction conforme à la majorité, va encore aujourd’hui chercher à la minorer, à l’édulcorer, à la transformer, et à, in fine, revenir à rien du tout. Non ! Il ne vaut mieux rien que rien du tout !
- Vous lancez un appel à une réunion avec tous les nationalistes. Qu’en attendez-vous ?
- Je pense qu’on a besoin d’avoir une attitude collégiale et collective, de faire fi de nos divergences, de nos oppositions sur des points de principe qui ne sont pas des points fondamentaux, et d’avoir une vision globale et stratégique. Aujourd’hui, on ne peut pas accepter qu’il y ait eu des représentants politiques qui soient venus à des tables de négociations valider un texte pour après, en catimini, chercher par une cinquième colonne politique au Sénat à les anéantir. C’est un comportement de voleurs et de menteurs ! Il n’y a pas la place pour ça. La Corse a trop souffert des barbouzeries et des méthodes déloyales pour accepter d’en découvrir de nouvelles. Aujourd’hui, je ne vois pas la possibilité de m’asseoir à la table où il y a des personnes qui ne respectent pas la parole donnée.
- La droite corse déclare que ces accusations sont scandaleuses, elle dit avoir fait de son mieux pour convaincre les sénateurs. En vain ?
- Quand on fait de son mieux, ça se voit ! Quand les traceurs du mieux, ce n’est que du mal, on doit se regarder dans la glace le matin, se raser sans se couper, et prendre les positions qu’il faut !
- Vous conviez donc l’ensemble des nationalistes le 4 novembre, à 18h30 à Corti ?
- Nous n’imposons pas un jour précis. Mercredi, il y a la session de l’assemblée de Corse. Cela peut être mardi, on laisse passer le weekend. Mais il faut qu’on se voit, qu’on ait une discussion dans la sérénité et qu’on parle, non pas avec le poids de nos divergences, mais avec le poids de notre amour pour la Corse.
Propos recueillis par Nicole MARI.
-
Stonde di Vita avec… Laurence Derik, praticienne en équithérapie à Olmeta-di-Tuda
-
Ucciani : Un incendie endommage une habitation
-
Vivario – La RT 20 fermée à la circulation cette nuit
-
Furiani : Un automobiliste contrôlé à 170km/h sur la T11
-
Avec Strada Mea, Kedge Corsica veut montrer aux jeunes que leur avenir professionnel se construit aussi en Corse












Envoyer à un ami
Version imprimable





