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Municipales. À Bastia, le PCF appelle à voter la liste d'union Morganti - Mondoloni pour « prolonger le vote sanction »


MP le Mercredi 18 Mars 2026 à 15:52

Éliminé dès le premier tour, le Parti communiste appelle ses électeurs à se reporter sur la liste de Julien Morganti pour le second tour des municipales à Bastia. Un choix qu'il présente comme une volonté de « faire barrage à l’extrême droite » et de sanctionner la majorité sortante, sans pour autant constituer un soutien politique.



Francis Riolacci, Michel Stefani, Pascal Rossi et Jean-Jacques Gil
Francis Riolacci, Michel Stefani, Pascal Rossi et Jean-Jacques Gil
Le Parti communiste a tranché. Éliminé dès le premier tour des municipales à Bastia, où sa liste « Bastia in cumunu » n’a recueilli que 3,91 % des suffrages, le PCF appelle désormais à voter pour la liste « Uniti per dumane », conduite par Julien Morganti et issue de la fusion avec celle de Jean-Martin Mondoloni. Un choix assumé, présenté comme un moyen de « prolonger le vote sanction » infligé à la majorité sortante.
 
Dans un communiqué diffusé ce mercredi, les communistes bastiais dressent un constat sévère du scrutin du premier tour. « Deux électeurs sur trois n’ont pas voté en faveur de la majorité sortante. 8520 se sont abstenus », soulignent-ils, évoquant un « mécontentement profond » nourri, selon eux, par une « politique libérale caractérisée par une attaque sur le pouvoir d’achat et un matraquage fiscal sans précédent auxquels s’ajoutent une pénurie voulue du logement social ».
 
Face à ce qu’ils qualifient de « fracture sociale », le PCF plaide pour une politique municipale de « rupture », avec pour priorités la baisse des charges pesant sur les ménages et un programme ambitieux de construction de logements sociaux. « Colistièr e s de Bastia en commun-Bastia in cumunu, communistes ou sympathisant e s, nous nous sommes impliqué e s dans cette campagne avec l’ambition de voir Bastia renouer avec une politique de gauche pour répondre aux attentes de celles et ceux qui ont des fins de mois difficiles et/ou qui attendent un logement. Nous avons porté l’exigence d’une politique de justice sociale et fiscale, de développement des services publics pour réduire les inégalités, dans le cadre de la solidarité nationale », écrit le parti.
 
À quelques jours du second tour, le PCF appelle de facto appelle ainsi à « donner un prolongement » à la « sanction infligée au premier tour à la majorité sortante et son allié indépendantiste » en se reportant sur un « bulletin d’opposition », tout en excluant clairement celui de l’extrême droite. « Un seul bulletin reste disponible pour exprimer cette sanction : celui de la liste Uniti per dumane », écrit le parti.
 
Le PCF met également en garde contre une lecture du scrutin qui dépasserait l’échelon municipal, accusant notamment « le président de l’exécutif de vouloir en faire un plébiscite de sa politique régionale et de son projet d’autonomie de la Corse qui intègre désormais les exigences formulées par les indépendantistse de Core in Fronte au nom d’un « recentrage patriotique » ».
 
« Dimanche prochain, il faut faire échec à cette manœuvre, faire barrage à l’extrême droite et prolonger le vote sanction contre la politique libérale de la majorité municipale sortante à Bastia et à la CAB. Un seul bulletin de vote, en l’état, reste disponible pour exprimer cette sanction : celui de la liste Uniti per dumane », insiste encore la liste « Bastia in cumunu ».
 
Pour autant, le soutien affiché à la liste de Julien Morganti se veut mesuré. Le PCF insiste sur le fait que cet appel « ne peut être interprété ni comme un soutien, ni comme un chèque en blanc aux politiques futures ».
 
Enfin malgré son élimination, le parti assure vouloir poursuivre son engagement local. « Nous avons semé pour l’avenir », conclut le PCF, qui entendent continuer à défendre une « gauche claire », axée sur la justice sociale, les services publics et la solidarité.