Les éditions Eoliennes lancent la collection « Sardissime », dirigée par Vannina Bernard-Leoni qui signe la traduction du livre de la Sarde Michela Murgia.
« Dans cette collection, on trouvera un regard neuf, en onze promenades initiatiques, pour découvrir une Sardaigne hors des sentiers battus ». Alors que les éditions bastiaises Eoliennes lancent cet automne une nouvelle collection intitulée « Sardissime », Vannina Bernard-Leoni qui dirige cette dernière, explique son objectif. « Parce que la Sardaigne est une immense terre de littérature et de pensée politique, une collection s’imposait. Aux figures tutélaires de Grazia Deledda, prix Nobel de littérature en 1926, ou d’Antonio Gramsci, inventeur du concept d’hégémonie culturelle, ont succédé des générations d’écrivains désormais désignés comme membres de la Nouvelle vague sarde. Depuis la Corse nous souhaitons contribuer à la circulation des langues, des réalités insulaires et des voix qui s’élèvent pour raconter le monde sans oublier d’où elles parlent. J’ai déjà d’autres idées et certains textes sont en cours de traduction ».
Vannina Bernard-Leoni est également traductrice du premier volume, Voyage en Sardaigne, œuvre de Michela Murgia (1972-2023). « Michela Murgia est une écrivaine et intellectuelle italienne. Diplômée en théologie, activiste féministe et antifasciste, elle est une figure majeure de la nouvelle vague sarde. Elle a obtenu le prix Campiello pour son roman « Accabadora » et est l’autrice d’une quinzaine de livres dont « Devenir fasciste, mode d’emploi, et « God Save the Queer – catéchisme féministe. Cette collection va permettre de mieux regarder la Sardaigne, sa complexité et le miroir qu’elle nous tend. Elle va plonger le lecteur dans une littérature sensible, politique et généreusement caustique », détaille la directrice de la collection Sardissime.
Un voyage en compagnie de dix mots
Ce « voyage en Sardaigne » de Michela Murgia, est un voyage en compagnie de 10 mots, 10 déambulations à la recherche d’autant de lieux. « En fait, il y a 11 étapes*, 11 façons de parcourir l’île qui ne se voit pas comme l’écrit l’auteure », précise Vannina Bernard-Leoni. « Onze étapes car les nombres ronds ne conviennent qu’aux choses qui peuvent se comprendre une fois pour toutes. Ce n’est pas le cas de la Sardaigne, où chaque espace apparemment conquis en dissimule un autre qui ne se laisse jamais saisir immédiatement et conserve la mystérieuse virginité des choses à peine effleurées ».
Dans la préface du livre, l’auteure corse Laure Limongi revient sur les grandes lignes de l’œuvre de Michela Murgia et de sa vie d’autrice. « Outre ses essais manifestant son engagement féministe, catholique et antifasciste, les autres livres de Michela Murgia sont aussi, pour la plupart, des romans ou des recueils de nouvelles. Dans ce contexte, ce Voyage en Sardaigne pourrait au premier abord sembler incongru ou accessoire ; il n’en est rien. On peut au contraire le considérer comme l’autre face de son livre qui l’a fait connaitre dans le monde entier, Accabadora, et un manifeste profondément ancré dans un territoire, vécu et recrée littérairement, mais aussi une ligne de conduite éthique et politique … En proposant des parcours dans L’île qui ne se voit pas, l’autrice a un double objectif. Tracer les fondements topographiques, ethnologiques de son œuvre, qui se déroule sur son territoire intime, l’explore, le fait parler, le réinvente... Elle souhaite également changer le regard qu’on porte à la Sardaigne, trop souvent folklorisée et méconnue du continent, mais aussi parfois de ses propres habitants qui, par habitude ou paresse, peuvent se complaire dans les caricatures … », explique cette dernière.
Et Laure Limongi de faire un parallèle avec la Corse : « Il n’est pas anodin que la traduction de ce livre soit aujourd’hui publiée par un éditeur corse, Eoliennes, traduit par Vannina Bernard-Leoni, éditrice et chercheuse corse, et préfacé par une autrice corse. Il y a tant de parallèles à faire entre nos deux îles, leur passé traumatique, convulsif, les blessures de l’histoire, le Fundamentu sarde et la Terra di u cumunu corse, la désindustrialisation, le rapport ambivalent au continent, la surexploitation touristique, la question de l’autonomie, le lien aux rites, la musique polyphonique traditionnelle , la société agropastorale, la méfiance ancestrale envers la mer, la violence… mais aussi la vivacité culturelle contemporaine et la nécessité absolue de protéger l’île, ce monde en petit dont nous avons la responsabilité de le temps de notre existence».
*Altérité, Pierre, Art, Limite, Foi, Sons, Indépendance, Nourriture, Eau, Récits, Féminité.
Vannina Bernard-Leoni est également traductrice du premier volume, Voyage en Sardaigne, œuvre de Michela Murgia (1972-2023). « Michela Murgia est une écrivaine et intellectuelle italienne. Diplômée en théologie, activiste féministe et antifasciste, elle est une figure majeure de la nouvelle vague sarde. Elle a obtenu le prix Campiello pour son roman « Accabadora » et est l’autrice d’une quinzaine de livres dont « Devenir fasciste, mode d’emploi, et « God Save the Queer – catéchisme féministe. Cette collection va permettre de mieux regarder la Sardaigne, sa complexité et le miroir qu’elle nous tend. Elle va plonger le lecteur dans une littérature sensible, politique et généreusement caustique », détaille la directrice de la collection Sardissime.
Un voyage en compagnie de dix mots
Ce « voyage en Sardaigne » de Michela Murgia, est un voyage en compagnie de 10 mots, 10 déambulations à la recherche d’autant de lieux. « En fait, il y a 11 étapes*, 11 façons de parcourir l’île qui ne se voit pas comme l’écrit l’auteure », précise Vannina Bernard-Leoni. « Onze étapes car les nombres ronds ne conviennent qu’aux choses qui peuvent se comprendre une fois pour toutes. Ce n’est pas le cas de la Sardaigne, où chaque espace apparemment conquis en dissimule un autre qui ne se laisse jamais saisir immédiatement et conserve la mystérieuse virginité des choses à peine effleurées ».
Dans la préface du livre, l’auteure corse Laure Limongi revient sur les grandes lignes de l’œuvre de Michela Murgia et de sa vie d’autrice. « Outre ses essais manifestant son engagement féministe, catholique et antifasciste, les autres livres de Michela Murgia sont aussi, pour la plupart, des romans ou des recueils de nouvelles. Dans ce contexte, ce Voyage en Sardaigne pourrait au premier abord sembler incongru ou accessoire ; il n’en est rien. On peut au contraire le considérer comme l’autre face de son livre qui l’a fait connaitre dans le monde entier, Accabadora, et un manifeste profondément ancré dans un territoire, vécu et recrée littérairement, mais aussi une ligne de conduite éthique et politique … En proposant des parcours dans L’île qui ne se voit pas, l’autrice a un double objectif. Tracer les fondements topographiques, ethnologiques de son œuvre, qui se déroule sur son territoire intime, l’explore, le fait parler, le réinvente... Elle souhaite également changer le regard qu’on porte à la Sardaigne, trop souvent folklorisée et méconnue du continent, mais aussi parfois de ses propres habitants qui, par habitude ou paresse, peuvent se complaire dans les caricatures … », explique cette dernière.
Et Laure Limongi de faire un parallèle avec la Corse : « Il n’est pas anodin que la traduction de ce livre soit aujourd’hui publiée par un éditeur corse, Eoliennes, traduit par Vannina Bernard-Leoni, éditrice et chercheuse corse, et préfacé par une autrice corse. Il y a tant de parallèles à faire entre nos deux îles, leur passé traumatique, convulsif, les blessures de l’histoire, le Fundamentu sarde et la Terra di u cumunu corse, la désindustrialisation, le rapport ambivalent au continent, la surexploitation touristique, la question de l’autonomie, le lien aux rites, la musique polyphonique traditionnelle , la société agropastorale, la méfiance ancestrale envers la mer, la violence… mais aussi la vivacité culturelle contemporaine et la nécessité absolue de protéger l’île, ce monde en petit dont nous avons la responsabilité de le temps de notre existence».
*Altérité, Pierre, Art, Limite, Foi, Sons, Indépendance, Nourriture, Eau, Récits, Féminité.
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