Vingt-six éditions et une philosophie qui ne change pas. Présentée par Jean Sicurani, président et directeur artistique des Rencontres de Calenzana, l’édition 2026 s’inscrit dans la continuité d’un festival qui a progressivement étendu son territoire bien au-delà de son village d’origine.
Du 17 au 24 août, 29 concerts sont annoncés dans 23 sites différents et 19 communes de Balagne. Églises et confréries, places de villages, jardins ou espaces de pleine nature deviennent ainsi autant de scènes éphémères.
Derrière cette géographie singulière se trouve un véritable choix culturel. Celui de ne pas attendre le public dans un lieu unique, mais d’aller à sa rencontre.
« L’idée, un jour, serait d’arriver à donner des concerts dans les 36 communes de Balagne », confie Jean Sicurani. Un objectif qui nécessiterait davantage de moyens humains et financiers et sans doute un festival plus long, mais qui traduit l’esprit des Rencontres : faire en sorte que la musique aille partout et vers tout un chacun.
Une exigence artistique, mais aussi humaine
Depuis leur création, les Rencontres ont fait de la qualité artistique leur marque de fabrique. Plus de 70 artistes sont attendus cette année autour d’une programmation dont la musique classique reste la colonne vertébrale, sans jamais devenir une frontière.
Baroque, classique, romantisme, post-romantisme, jazz, créations contemporaines, musique corse ou spectacles mêlant humour et détournement des grands répertoires composent un programme volontairement éclectique.
« On a un public fidèle, de plus en plus exigeant, mais l’idée est aussi de fédérer d’autres personnes, des gens qui vont venir découvrir la musique classique », explique Jean Sicurani.
Car le directeur artistique défend depuis longtemps une conviction. Le classique ne doit pas être réservé aux initiés. « Pendant longtemps, cette musique a été rendue élitiste. Notre discours, c’est de dire qu’elle ne l’est pas. Elle est pour tout le monde».
L’exigence artistique va de pair avec l’accueil, une auquel l’équipe tient particulièrement,. Aux Rencontres, l’artiste ne doit pas être un simple nom sur une affiche. La proximité, les échanges et la convivialité participent pleinement de l’identité du festival.
Renaud Capuçon pour ouvrir les Rencontres
Cette ambition se retrouvera dès l’ouverture avec l’une des grandes figures françaises du violon, Renaud Capuçon, accompagné de Guillaume Bellom. Une présence qui témoigne de la capacité du festival à attirer des artistes de premier plan tout en conservant son ancrage villageois.
Pour Jean Sicurani, ces grandes figures médiatisées jouent également un rôle essentiel pour élargir les publics et attirer vers le classique des spectateurs qui n’en sont pas nécessairement familiers.
Le programme multipliera ainsi les portes d’entrée. Le pianiste Jérémy Hababou proposera notamment une approche où les frontières entre les genres s’effacent. Chopin peut y croiser Gainsbourg, quand Brassens peut être réinventé à la manière de Mozart. Une façon ludique et virtuose de montrer les passerelles existant entre des univers musicaux trop souvent séparés.
D’autres propositions feront dialoguer virtuosité, mise en scène et humour afin d’amener vers le classique un public qui n’aurait peut-être jamais spontanément franchi la porte d’une salle de concert.
La création corse au rendez-vous
La création insulaire trouvera elle aussi sa place dans cette 26e édition.
Le spectacle « Cori-Sponde » réunira deux voix corses entourées de quatre musiciens, entre compositions, répertoire insulaire et univers musicaux contemporains. « Deux voix fabuleuses »,souligne Jean Sicurani, évoquant la rencontre entre des sensibilités différentes, de la douceur à des sonorités plus rock.
Trois percussionnistes, professeurs des conservatoires de Bastia et d’Ajaccio, seront également réunis le 24 août à Calenzana pour un rendez-vous laissant une large place à la création.
Autre proposition particulièrement attendue : la rencontre entre plusieurs chanteurs insulaires et un ensemble de dix violoncelles autour de chansons emblématiques du répertoire corse revisitées à travers de nouvelles orchestrations.
« Pierre et le Loup » pour transmettre aux plus jeunes
Les Rencontres n’oublient pas non plus ceux qui formeront leur public de demain.
Le 18 août à 18 heures, la confrérie de Calenzana accueillera « Pierre et le Loup » de Prokofiev, œuvre emblématique destinée à initier les enfants aux instruments et à la musique classique. La narration sera confiée au comédien et réalisateur insulaire Jérémy Alberti.
L’œuvre avait déjà été présentée par le festival il y a plusieurs années. La reprendre aujourd’hui est pleinement assumé, une nouvelle génération d’enfants est désormais en âge de la découvrir.
« Sensibiliser très tôt à cette musique, c’est important. C’est aussi le public de demain », rappelle Jean Sicurani.
16 concerts proposés gratuitement
Cette volonté de démocratisation ne reste pas un simple discours. Sur les 29 rendez-vous de cette édition, 16 seront proposés en accès libre.
Un choix fort dans un contexte économique où le prix peut constituer un véritable obstacle à l’accès à la culture.
« Il y a des gens qui n’ont pas les moyens d’aller à des concerts. Notre idée est aussi de dire que cette musique est faite pour eux », insiste le directeur artistique.
Et gratuité ne signifie en rien programmation au rabais. Les artistes présents lors de ces rendez-vous sont les mêmes musiciens de haut niveau que le public peut retrouver dans les concerts du soir et, pour certains, sur les scènes internationales.
En matinée, en fin d’après-midi ou au cœur des villages, ces concerts gratuits permettent aussi la rencontre avec un public de passage. Celui qui s’arrête, écoute quelques minutes et découvre parfois pour la première fois une musique qu’il pensait ne pas connaître ou ne pas comprendre.
Un public qui grandit avec le festival
Après un quart de siècle d’existence, les Rencontres ont également réussi à fidéliser leur public. Une fréquentation qui, selon Jean Sicurani, a progressé au fil des éditions, même si le contexte économique actuel appelle à la prudence.
Le festival attire désormais des spectateurs venus de toute la Corse, mais également du continent et de l’étranger. Certains organisent même leurs vacances en Balagne en fonction des dates de la manifestation.
Cette fidélité constitue aujourd’hui l’une des principales forces des Rencontres, tout comme le soutien des communes, des partenaires publics et privés et l’investissement des équipes professionnelles et des nombreux bénévoles indispensables à une manifestation éclatée sur autant de sites.
Car derrière les concerts se cache une logistique considérable. Scènes à installer, matériel et artistes à déplacer, lieux à aménager, parfois plusieurs fois dans une même journée.
Cette itinérance est exigeante. Mais elle demeure non négociable tant elle constitue l’ADN de la manifestation.
« Ce qui nous importe, c’est ce voyage à travers les siècles, mais surtout à travers les hommes et les femmes qui ont porté ces musiques, et l’émotion qu’elles procurent », résume Jean Sicurani.
Et après 26 éditions, l’ambition reste finalement celle des premiers jours : que dans une confrérie, sur une place de village, dans un jardin ou au détour d’un site naturel de Balagne, la musique puisse surprendre celui qui ne l’attendait pas et, selon les mots du directeur artistique, « toucher les cœurs et les âmes ».
Du 17 au 24 août, 29 concerts sont annoncés dans 23 sites différents et 19 communes de Balagne. Églises et confréries, places de villages, jardins ou espaces de pleine nature deviennent ainsi autant de scènes éphémères.
Derrière cette géographie singulière se trouve un véritable choix culturel. Celui de ne pas attendre le public dans un lieu unique, mais d’aller à sa rencontre.
« L’idée, un jour, serait d’arriver à donner des concerts dans les 36 communes de Balagne », confie Jean Sicurani. Un objectif qui nécessiterait davantage de moyens humains et financiers et sans doute un festival plus long, mais qui traduit l’esprit des Rencontres : faire en sorte que la musique aille partout et vers tout un chacun.
Une exigence artistique, mais aussi humaine
Depuis leur création, les Rencontres ont fait de la qualité artistique leur marque de fabrique. Plus de 70 artistes sont attendus cette année autour d’une programmation dont la musique classique reste la colonne vertébrale, sans jamais devenir une frontière.
Baroque, classique, romantisme, post-romantisme, jazz, créations contemporaines, musique corse ou spectacles mêlant humour et détournement des grands répertoires composent un programme volontairement éclectique.
« On a un public fidèle, de plus en plus exigeant, mais l’idée est aussi de fédérer d’autres personnes, des gens qui vont venir découvrir la musique classique », explique Jean Sicurani.
Car le directeur artistique défend depuis longtemps une conviction. Le classique ne doit pas être réservé aux initiés. « Pendant longtemps, cette musique a été rendue élitiste. Notre discours, c’est de dire qu’elle ne l’est pas. Elle est pour tout le monde».
L’exigence artistique va de pair avec l’accueil, une auquel l’équipe tient particulièrement,. Aux Rencontres, l’artiste ne doit pas être un simple nom sur une affiche. La proximité, les échanges et la convivialité participent pleinement de l’identité du festival.
Renaud Capuçon pour ouvrir les Rencontres
Cette ambition se retrouvera dès l’ouverture avec l’une des grandes figures françaises du violon, Renaud Capuçon, accompagné de Guillaume Bellom. Une présence qui témoigne de la capacité du festival à attirer des artistes de premier plan tout en conservant son ancrage villageois.
Pour Jean Sicurani, ces grandes figures médiatisées jouent également un rôle essentiel pour élargir les publics et attirer vers le classique des spectateurs qui n’en sont pas nécessairement familiers.
Le programme multipliera ainsi les portes d’entrée. Le pianiste Jérémy Hababou proposera notamment une approche où les frontières entre les genres s’effacent. Chopin peut y croiser Gainsbourg, quand Brassens peut être réinventé à la manière de Mozart. Une façon ludique et virtuose de montrer les passerelles existant entre des univers musicaux trop souvent séparés.
D’autres propositions feront dialoguer virtuosité, mise en scène et humour afin d’amener vers le classique un public qui n’aurait peut-être jamais spontanément franchi la porte d’une salle de concert.
La création corse au rendez-vous
La création insulaire trouvera elle aussi sa place dans cette 26e édition.
Le spectacle « Cori-Sponde » réunira deux voix corses entourées de quatre musiciens, entre compositions, répertoire insulaire et univers musicaux contemporains. « Deux voix fabuleuses »,souligne Jean Sicurani, évoquant la rencontre entre des sensibilités différentes, de la douceur à des sonorités plus rock.
Trois percussionnistes, professeurs des conservatoires de Bastia et d’Ajaccio, seront également réunis le 24 août à Calenzana pour un rendez-vous laissant une large place à la création.
Autre proposition particulièrement attendue : la rencontre entre plusieurs chanteurs insulaires et un ensemble de dix violoncelles autour de chansons emblématiques du répertoire corse revisitées à travers de nouvelles orchestrations.
« Pierre et le Loup » pour transmettre aux plus jeunes
Les Rencontres n’oublient pas non plus ceux qui formeront leur public de demain.
Le 18 août à 18 heures, la confrérie de Calenzana accueillera « Pierre et le Loup » de Prokofiev, œuvre emblématique destinée à initier les enfants aux instruments et à la musique classique. La narration sera confiée au comédien et réalisateur insulaire Jérémy Alberti.
L’œuvre avait déjà été présentée par le festival il y a plusieurs années. La reprendre aujourd’hui est pleinement assumé, une nouvelle génération d’enfants est désormais en âge de la découvrir.
« Sensibiliser très tôt à cette musique, c’est important. C’est aussi le public de demain », rappelle Jean Sicurani.
16 concerts proposés gratuitement
Cette volonté de démocratisation ne reste pas un simple discours. Sur les 29 rendez-vous de cette édition, 16 seront proposés en accès libre.
Un choix fort dans un contexte économique où le prix peut constituer un véritable obstacle à l’accès à la culture.
« Il y a des gens qui n’ont pas les moyens d’aller à des concerts. Notre idée est aussi de dire que cette musique est faite pour eux », insiste le directeur artistique.
Et gratuité ne signifie en rien programmation au rabais. Les artistes présents lors de ces rendez-vous sont les mêmes musiciens de haut niveau que le public peut retrouver dans les concerts du soir et, pour certains, sur les scènes internationales.
En matinée, en fin d’après-midi ou au cœur des villages, ces concerts gratuits permettent aussi la rencontre avec un public de passage. Celui qui s’arrête, écoute quelques minutes et découvre parfois pour la première fois une musique qu’il pensait ne pas connaître ou ne pas comprendre.
Un public qui grandit avec le festival
Après un quart de siècle d’existence, les Rencontres ont également réussi à fidéliser leur public. Une fréquentation qui, selon Jean Sicurani, a progressé au fil des éditions, même si le contexte économique actuel appelle à la prudence.
Le festival attire désormais des spectateurs venus de toute la Corse, mais également du continent et de l’étranger. Certains organisent même leurs vacances en Balagne en fonction des dates de la manifestation.
Cette fidélité constitue aujourd’hui l’une des principales forces des Rencontres, tout comme le soutien des communes, des partenaires publics et privés et l’investissement des équipes professionnelles et des nombreux bénévoles indispensables à une manifestation éclatée sur autant de sites.
Car derrière les concerts se cache une logistique considérable. Scènes à installer, matériel et artistes à déplacer, lieux à aménager, parfois plusieurs fois dans une même journée.
Cette itinérance est exigeante. Mais elle demeure non négociable tant elle constitue l’ADN de la manifestation.
« Ce qui nous importe, c’est ce voyage à travers les siècles, mais surtout à travers les hommes et les femmes qui ont porté ces musiques, et l’émotion qu’elles procurent », résume Jean Sicurani.
Et après 26 éditions, l’ambition reste finalement celle des premiers jours : que dans une confrérie, sur une place de village, dans un jardin ou au détour d’un site naturel de Balagne, la musique puisse surprendre celui qui ne l’attendait pas et, selon les mots du directeur artistique, « toucher les cœurs et les âmes ».











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