La grogne gronde dans les rangs de la police nationale. Alors que la colère couve depuis déjà quelques temps, ce mardi un peu partout en France, des fonctionnaires se sont rassemblés devant les commissariats à l’appel des syndicats pour dénoncer le manque de reconnaissance et de moyens dont souffre selon eux la profession. Un mouvement qui fait suite à plusieurs mois de revendications restées sans réponse et qui s’est encore amplifié ces derniers jours après la décision du ministère de l’Intérieur de revaloriser les grilles indiciaires des commissaires de police.
En Corse, les représentants du syndicat Un1té ont tenu à s’associer à cette mobilisation. « Il y a un ras-le-bol général », résume Jean-Louis Vadella, représentant du syndicat en Haute-Corse. « Nous ne sommes pas dans la lutte des classes. Que les commissaires soient augmentés, grand bien leur fasse. Or quand nous nous réclamons des augmentations, lors des entretiens successifs avec le ministre – notamment en juillet et septembre – on nous a dit qu’il n’y a pas d’argent, pas de budget. Donc il y a de l’argent pour les uns et pas pour les autres. Ce que nous disons, c’est stop aux injustices, l’équité pour tous ». « Nous voulons bien croire qu’il y a des problèmes budgétaires et qu’on doit faire des efforts. Mais nous sortir qu’il n’y a pas d’argent pour nous et, par contre, trouver des millions d’euros pour les commissaires, ça, on ne peut pas l’entendre », appuie Pierre Azéma, secrétaire départemental d’Un1té en Corse-du-Sud. « Une fois de plus, c’est la base qui trinque, la base qui est mal considérée », tance-t-il.
Mais au-delà de cette revalorisation, qui a surtout fait office de déclencheur, les représentants corses du syndicat entendent profiter de cette mobilisation pour alerter une nouvelle fois sur des difficultés qu’ils dénoncent depuis plusieurs années. Manque d’effectifs, services d’investigation saturés, moyens matériels insuffisants ou encore perte d’attractivité du métier, à Ajaccio comme à Bastia, ils dressent le constat d’une situation qui ne cesse selon eux de se dégrader.
« On nous roule dans la farine »
Parmi les principales inquiétudes figure notamment le manque d’enquêteurs, alors que la lutte contre la criminalité organisée a été érigée en priorité par le gouvernement. En Corse-du-Sud, Pierre Azéma prend notamment l’exemple de la brigade financière d’Ajaccio. « On sait très bien que l’économie corse rencontre de gros problèmes avec le système mafieux. Cela fait des années qu’on demande une augmentation conséquente des services d’enquête pour pouvoir lutter efficacement contre ça, puisqu’on sait que le nerf de la guerre, c’est l’argent », indique-t-il en regrettant qu’aujourd’hui seuls quatre à cinq fonctionnaires composent cette brigade, qui doit traiter aussi bien les escroqueries du quotidien que les dossiers liés à la criminalité organisée. « Pour la criminalité organisée, ils sont trois. Ils ont plusieurs dizaines de dossiers à gérer à trois. Et ça fait des années qu’on le dénonce », insiste-t-il.
En Corse, les représentants du syndicat Un1té ont tenu à s’associer à cette mobilisation. « Il y a un ras-le-bol général », résume Jean-Louis Vadella, représentant du syndicat en Haute-Corse. « Nous ne sommes pas dans la lutte des classes. Que les commissaires soient augmentés, grand bien leur fasse. Or quand nous nous réclamons des augmentations, lors des entretiens successifs avec le ministre – notamment en juillet et septembre – on nous a dit qu’il n’y a pas d’argent, pas de budget. Donc il y a de l’argent pour les uns et pas pour les autres. Ce que nous disons, c’est stop aux injustices, l’équité pour tous ». « Nous voulons bien croire qu’il y a des problèmes budgétaires et qu’on doit faire des efforts. Mais nous sortir qu’il n’y a pas d’argent pour nous et, par contre, trouver des millions d’euros pour les commissaires, ça, on ne peut pas l’entendre », appuie Pierre Azéma, secrétaire départemental d’Un1té en Corse-du-Sud. « Une fois de plus, c’est la base qui trinque, la base qui est mal considérée », tance-t-il.
Mais au-delà de cette revalorisation, qui a surtout fait office de déclencheur, les représentants corses du syndicat entendent profiter de cette mobilisation pour alerter une nouvelle fois sur des difficultés qu’ils dénoncent depuis plusieurs années. Manque d’effectifs, services d’investigation saturés, moyens matériels insuffisants ou encore perte d’attractivité du métier, à Ajaccio comme à Bastia, ils dressent le constat d’une situation qui ne cesse selon eux de se dégrader.
« On nous roule dans la farine »
Parmi les principales inquiétudes figure notamment le manque d’enquêteurs, alors que la lutte contre la criminalité organisée a été érigée en priorité par le gouvernement. En Corse-du-Sud, Pierre Azéma prend notamment l’exemple de la brigade financière d’Ajaccio. « On sait très bien que l’économie corse rencontre de gros problèmes avec le système mafieux. Cela fait des années qu’on demande une augmentation conséquente des services d’enquête pour pouvoir lutter efficacement contre ça, puisqu’on sait que le nerf de la guerre, c’est l’argent », indique-t-il en regrettant qu’aujourd’hui seuls quatre à cinq fonctionnaires composent cette brigade, qui doit traiter aussi bien les escroqueries du quotidien que les dossiers liés à la criminalité organisée. « Pour la criminalité organisée, ils sont trois. Ils ont plusieurs dizaines de dossiers à gérer à trois. Et ça fait des années qu’on le dénonce », insiste-t-il.
En Haute-Corse, le constat est sensiblement le même. Lors du dernier mouvement de mutation, le groupe criminel de Bastia a enregistré deux arrivées pour deux départs, tandis qu’aucun renfort n’est arrivé au groupe chargé des stupéfiants, indique Jean-Louis Vadella. « Les soi-disant politiques qui prennent à bras-le-corps la problématique des effectifs dans la police nationale, c’est vraiment du vent. Sur la thématique de la criminalité organisée en Corse, on voit bien que dans les faits, il ne se passe rien », déplore-t-il.
Des difficultés qui passent particulièrement mal alors que l’arrivée de renforts avaient été annoncé ces dernières années. Pierre Azéma rappelle ainsi que Gérald Darmanin, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, avait promis des enquêteurs supplémentaires pour la police judiciaire et la gendarmerie en Corse. « On n’a jamais eu ces renforts-là. Donc à un moment donné, on nous roule dans la farine », dénonce-t-il.
Des services d’investigation « sous l’eau »
La situation est également tendue dans les services chargés des atteintes aux personnes. À Bastia, Jean-Louis Vadella note certes l’arrivée récente de deux à trois fonctionnaires supplémentaires dans ce domaine, mais souligne que ces renforts concernent un groupe qui était jusqu’alors « complètement à l’agonie » et qui doit désormais rattraper un important retard dans le traitement de ses procédures. Une situation d’autant plus difficile que les violences intrafamiliales et les violences faites aux mineurs ont, elles aussi, été placées au rang des priorités nationales depuis le meurtre de la petite Lyhanna. « On leur a mis une pression monstrueuse sur les épaules. S’il se passe quoi que ce soit on va chercher les policiers, sauf que les policiers n’ont plus les moyens de travailler. On est complètement à bout et il y a toujours un risque d’être judiciairement mis en cause », déplore-t-il.
Dans la même ligne, Pierre Azéma pointe des services confrontés à un stock important de procédures et à un manque d’enquêteurs suffisamment expérimentés et formés. « On a toujours une procédure pénale qui est toujours aussi lourde. Or on a une absence d’effectifs, de formation », souligne-t-il en notant que pour tenter de renforcer l’investigation, de jeunes policiers sortant d’école y ont été affectés. Une solution que le syndicaliste juge loin d’être suffisante. « Avant d’être autonome en investigation et surtout de gérer les violences intrafamiliales, il faut avoir beaucoup d’expérience, il faut avoir des formations. Quand vous avez affaire à un enfant qui a été violenté sexuellement ou physiquement, vous n’allez pas aborder ça comme une prise de plainte simple pour un vol de voiture », explique-t-il.
Pour les deux représentants syndicaux, cette situation oblige désormais les policiers à établir des priorités entre les procédures. « Or il y a d’autres dossiers avec d’autres victimes qu’il va falloir aussi délaisser parce qu’il faut faire des choix. Cela blesse les collègues », confie Pierre Azéma. « Il faut tout gérer dans l’urgence, mais avec rien du tout », regrette encore Pierre Vadella.
Des difficultés accentuées par l’insularité
À ces problèmes d’effectifs viennent encore s’ajouter des difficultés spécifiques à la Corse. Pierre Azéma pointe notamment un coût de la vie plus élevé que sur le continent, mais aussi l’augmentation des prix des carburants et des transports, sans que les dispositifs destinés à compenser ces surcoûts n’aient évolué dans les mêmes proportions. « On a une prime de transport qui n’a pas été réévaluée depuis 2011 », relève-t-il. Le secrétaire départemental d’Un1té regrette également que les policiers adjoints et les agents administratifs, qui comptent pourtant parmi les personnels les moins rémunérés, ne bénéficient pas de la prime de cherté de vie. Jean-Louis Vadella pointe pour sa part le manque d’effectifs dans les unités de voie publique, mais aussi les limites du recours aux forces mobiles présentes dans l’île, qui peuvent être rappelées sur le continent en fonction des besoins. Autant de problématiques qui viennent, selon lui, encore compliquer le fonctionnement quotidien des services.
Face à cette situation, Un1té réclame désormais notamment une augmentation de l’ISSP pour les policiers, de l’ISSE pour les personnels administratifs et techniques, une revalorisation des grilles indiciaires ou encore le déplafonnement de la bonification du cinquième pour la retraite. Mais derrière ces revendications, c’est surtout un malaise plus profond que les représentants corses du syndicat disent voir s’installer dans les commissariats. « J’ai des jeunes qui ont 10 ou 15 ans de boîte qui veulent quitter la police parce qu’ils ne trouvent plus de sens à leur métier », confie Pierre Azéma. « Cela me fait mal au cœur parce que c’est un métier passion. Mais les collègues sont excédés, ils sont fatigués. Beaucoup sont résignés et certains ne pensent qu’à une chose, c’est partir », appuie le secrétaire départemental d’Un1té en Corse-du-Sud. Pour Jean-Louis Vadella, la profession est aujourd’hui « au bord de l’implosion ». Alors que les représentants nationaux d’Un1té doivent être reçus ce mardi soir au ministère de l’Intérieur, le syndicat attend désormais des réponses concrètes. « On demande l’équité. S’il y a eu des augmentations pour certains, il y a de l’argent pour les autres », souffle encore le représentant du syndicat en Haute-Corse.
Des difficultés qui passent particulièrement mal alors que l’arrivée de renforts avaient été annoncé ces dernières années. Pierre Azéma rappelle ainsi que Gérald Darmanin, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, avait promis des enquêteurs supplémentaires pour la police judiciaire et la gendarmerie en Corse. « On n’a jamais eu ces renforts-là. Donc à un moment donné, on nous roule dans la farine », dénonce-t-il.
Des services d’investigation « sous l’eau »
La situation est également tendue dans les services chargés des atteintes aux personnes. À Bastia, Jean-Louis Vadella note certes l’arrivée récente de deux à trois fonctionnaires supplémentaires dans ce domaine, mais souligne que ces renforts concernent un groupe qui était jusqu’alors « complètement à l’agonie » et qui doit désormais rattraper un important retard dans le traitement de ses procédures. Une situation d’autant plus difficile que les violences intrafamiliales et les violences faites aux mineurs ont, elles aussi, été placées au rang des priorités nationales depuis le meurtre de la petite Lyhanna. « On leur a mis une pression monstrueuse sur les épaules. S’il se passe quoi que ce soit on va chercher les policiers, sauf que les policiers n’ont plus les moyens de travailler. On est complètement à bout et il y a toujours un risque d’être judiciairement mis en cause », déplore-t-il.
Dans la même ligne, Pierre Azéma pointe des services confrontés à un stock important de procédures et à un manque d’enquêteurs suffisamment expérimentés et formés. « On a toujours une procédure pénale qui est toujours aussi lourde. Or on a une absence d’effectifs, de formation », souligne-t-il en notant que pour tenter de renforcer l’investigation, de jeunes policiers sortant d’école y ont été affectés. Une solution que le syndicaliste juge loin d’être suffisante. « Avant d’être autonome en investigation et surtout de gérer les violences intrafamiliales, il faut avoir beaucoup d’expérience, il faut avoir des formations. Quand vous avez affaire à un enfant qui a été violenté sexuellement ou physiquement, vous n’allez pas aborder ça comme une prise de plainte simple pour un vol de voiture », explique-t-il.
Pour les deux représentants syndicaux, cette situation oblige désormais les policiers à établir des priorités entre les procédures. « Or il y a d’autres dossiers avec d’autres victimes qu’il va falloir aussi délaisser parce qu’il faut faire des choix. Cela blesse les collègues », confie Pierre Azéma. « Il faut tout gérer dans l’urgence, mais avec rien du tout », regrette encore Pierre Vadella.
Des difficultés accentuées par l’insularité
À ces problèmes d’effectifs viennent encore s’ajouter des difficultés spécifiques à la Corse. Pierre Azéma pointe notamment un coût de la vie plus élevé que sur le continent, mais aussi l’augmentation des prix des carburants et des transports, sans que les dispositifs destinés à compenser ces surcoûts n’aient évolué dans les mêmes proportions. « On a une prime de transport qui n’a pas été réévaluée depuis 2011 », relève-t-il. Le secrétaire départemental d’Un1té regrette également que les policiers adjoints et les agents administratifs, qui comptent pourtant parmi les personnels les moins rémunérés, ne bénéficient pas de la prime de cherté de vie. Jean-Louis Vadella pointe pour sa part le manque d’effectifs dans les unités de voie publique, mais aussi les limites du recours aux forces mobiles présentes dans l’île, qui peuvent être rappelées sur le continent en fonction des besoins. Autant de problématiques qui viennent, selon lui, encore compliquer le fonctionnement quotidien des services.
Face à cette situation, Un1té réclame désormais notamment une augmentation de l’ISSP pour les policiers, de l’ISSE pour les personnels administratifs et techniques, une revalorisation des grilles indiciaires ou encore le déplafonnement de la bonification du cinquième pour la retraite. Mais derrière ces revendications, c’est surtout un malaise plus profond que les représentants corses du syndicat disent voir s’installer dans les commissariats. « J’ai des jeunes qui ont 10 ou 15 ans de boîte qui veulent quitter la police parce qu’ils ne trouvent plus de sens à leur métier », confie Pierre Azéma. « Cela me fait mal au cœur parce que c’est un métier passion. Mais les collègues sont excédés, ils sont fatigués. Beaucoup sont résignés et certains ne pensent qu’à une chose, c’est partir », appuie le secrétaire départemental d’Un1té en Corse-du-Sud. Pour Jean-Louis Vadella, la profession est aujourd’hui « au bord de l’implosion ». Alors que les représentants nationaux d’Un1té doivent être reçus ce mardi soir au ministère de l’Intérieur, le syndicat attend désormais des réponses concrètes. « On demande l’équité. S’il y a eu des augmentations pour certains, il y a de l’argent pour les autres », souffle encore le représentant du syndicat en Haute-Corse.
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