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En Corse aussi, les aides-soignants de réanimation demandent plus de reconnaissance


Julia Sereni le Mardi 4 Janvier 2022 à 18:57

Professionnels de santé en première ligne face à la crise sanitaire, les aides-soignants de réanimation s’estiment « oubliés et méprisés » par le gouvernement. En cause notamment, l’annonce de Jean Castex d’une prime pour les infirmiers en soins critiques et de réanimation, dont les aides-soignants sont exclus.



(adecco.fr/)
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Depuis deux ans, les services de réanimation subissent de plein fouet les effets de la crise sanitaire. En gage de reconnaissance, le Premier ministre Jean Castex a annoncé, mardi 28 décembre 2021, au cours d’une visite au centre hospitalier intercommunal de Créteil, qu’une prime de 100 euros par mois sera versée dès janvier 2022 au profit des infirmiers de ces services. Une annonce qui fait grincer des dents chez les aides-soignants.
 
« L’incompréhension et le mécontentement est grand » dans la profession, réagit la Fédération Nationale des Aides Soignants et Auxiliaires de puériculture de réanimation (FNASAPR). L’organisation estime qu’elle « ne peut garder le silence face à ce manque de considération et de reconnaissance », les personnels qu’elle représente se sentant « oubliés et méprisés ». C’est pour lutter contre ce manque de reconnaissance que Pierre*, aide-soignant de réanimation à l’hôpital de Bastia, a rejoint la fédération. « Nous avons créé cela pour montrer qu’on existait », indique-t-il.

« Nous ne sommes pas des sous-infirmiers »

Concernant la prime annoncée par le Premier ministre, il s’interroge. « Est-ce un oubli parce que le gouvernement pense qu’il n’y a que des infirmiers à l’hôpital ou y a-t-il d’autres raisons ? » Toutefois, pour l’aide-soignant, le problème n’est pas nouveau. « Nous avons toujours été dans l’ombre des infirmiers, alors que nous faisons juste deux métiers différents. Nous travaillons en binôme, nous sommes coordonnés ensemble, mais nous ne sommes pas des sous-infirmiers », insiste-t-il. Pour Pierre, la différence réside dans le contact avec le patient. « Nous sommes beaucoup plus proches du patient, nous sommes plus dans le soin d’hygiène et de confort », explique-t-il. Et la réanimation demande des compétences spécifiques et supplémentaires. « Nous dépassons largement nos fonctions et nos formations », assure l’aide-soignant.

« Nous sommes pris pour des pions »

 D’autant plus avec la crise sanitaire. « Les soignants répondent présents vague après vague mais ils sont épuisés physiquement et moralement. La conséquence principale de cet épuisement, se traduit par la fuite du personnel hospitalier, entrainant un Turn over important dans ces services. », explique la FNASAPR. « On court à droite, à gauche, on ne sait pas de quoi demain est fait. On a l’impression de former des gens sur le tas alors que normalement c’est six mois. C’est très tendu », confirme Pierre. Des conditions de travail qui ont épuisé l’aide-soignant. Au point de faire un burn-out. « Je fais ce métier depuis 1998 et sincèrement il y a quelques mois j’étais à deux doigts de tout lâcher. Nous sommes pris pour des pions, absolument pas reconnus ».
 

C’est pourquoi la FNASAPR réclame plusieurs mesures. Notamment, « la formation des nouveaux arrivants par une formation d’adaptation à l’emploi (FAE), mise en place au niveau nationale », « une adaptation du ratio des aide-soignants par patients », « la reconnaissance et une revalorisation salariale des compétences en passant par une NBI et non une prime, puisque non prise en compte dans les retraites », et enfin, « l’augmentation des lits et des effectifs ». Seront-ils écoutés par le gouvernement ?
 
 
* Le prénom a été changé.













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