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Dauphins, baleines, tortues… Les bons gestes pour observer la faune marine sans la déranger


Léana Serve le Jeudi 13 Août 2026 à 18:30

Chaque été, les rencontres avec les baleines, dauphins ou tortues marines se multiplient autour de la Corse. Mais pour les observer sans les déranger, certaines règles doivent être respectées.



Photo d'illustration
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Chaque été, les sorties en mer offrent aux plaisanciers la possibilité d’apercevoir dauphins, baleines ou encore tortues marines. Des rencontres souvent exceptionnelles mais qui nécessitent de respecter certaines règles pour ne pas perturber ces espèces protégées. À l’occasion de la période estivale, le ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature rappelle les règles à respecter pour observer les mammifères marins sans les déranger. Une sensibilisation qui prend tout son sens autour de la Corse, où une dizaine d’espèces de cétacés peuvent être observées, du grand dauphin au cachalot en passant par le globicéphale et les baleines.
 

Mais si ces rencontres peuvent sembler inoffensives, elles peuvent rapidement devenir une source de dérangement pour les animaux. « Les cétacés sont des êtres acoustiques, le son est très important pour eux », explique Cathy Cesarini, présidente de l’association Cétacés association recherche insulaire (Cari). « Le souci, c’est quand il s’agit d’une zone poissonneuse, de mise bas ou d’éducation des jeunes. Si on prend l’exemple des baleineaux, les mères les maintiennent un peu en apnée, la tête sous l’eau quand ils veulent remonter afin qu’ils apprennent à tenir plus longtemps en apnée. Mais s’il y a des moteurs partout autour d’eux, elles vont lâcher l’affaire et elles vont chercher à s’enfuir. »
 

Une distance de 100 mètres à respecter

Pour limiter ces perturbations, une règle essentielle doit être respectée en mer : ne jamais approcher un mammifère marin à moins de 100 mètres. Cette distance permet aux animaux de poursuivre leurs activités sans être dérangés, tout en réduisant les risques liés à la proximité avec les embarcations. « On parle de 100 mètres parce que sous l’eau, le son va cinq fois plus vite que dans l’air », précise Cathy Cesarini. « Et comme le son se diffuse beaucoup plus rapidement, ça peut créer un dérangement, surtout sur des animaux acoustiques comme le sont les cétacés. » Au-delà de cette distance réglementaire, certains réflexes permettent également de limiter le dérangement. Il est recommandé de ralentir en présence d’un animal, de ne jamais le poursuivre, de ne pas modifier sa trajectoire pour s’en approcher et de ne pas l’encercler avec plusieurs embarcations.
 

Parmi les rencontres les plus fréquentes autour de la Corse, celles avec les dauphins sont aussi celles qui donnent parfois lieu aux comportements les plus inadaptés. Lorsqu’ils nagent à proximité d’un bateau, ils peuvent donner l’impression de rechercher le contact avec les plaisanciers. Pourtant, ce n’est pas l’être humain qui les attire. « Quand le bateau avance, ça fait des vagues sur l’avant et ils adorent ça », indique Cathy Cesarini. « Il faut les laisser venir, être respectueux, les regarder sans hurler, ne pas envoyer du pain, parce que c’est quelque chose que les gens font, et surtout ne pas se mettre à l’eau. Ce que j'aime dire aux scolaires, c’est que l'idée ne viendrait à personne de faire du cheval sur un sanglier. Ici c’est pareil, on ne nage pas avec un dauphin parce que c’est un animal sauvage et qu’on peut lui refiler des maladies, ou bien en attraper. Et en plus, un grand dauphin pèse 300 kg, donc s’il a envie de jouer avec vous, il va jouer comme un animal sauvage qui fait 300 kg. »
 

Un danger pour les tortues marines
 

Si les dauphins concentrent souvent l’attention des plaisanciers, les tortues marines sont également concernées par les observations en mer. Plus nombreuses cette année autour de la Corse, elles peuvent elles aussi être perturbées par une présence humaine trop insistante. « Elles ont un cycle respiratoire en surface, où elles montent avant de descendre pour une apnée qui peut durer même plusieurs heures. Si à ce moment-là, des bateaux leur tournent autour, elles vont ressentir la vibration et le bruit des bateaux, et elles vont stresser, et respirer plus vite. Ça va faire deux gros ballons à l'intérieur de la carapace puisque ça va gonfler, et elles ne vont plus être capables de plonger. Et quand elles sont en surface, elles sont assujetties aux collisions avec les bateaux qui peuvent se mettre sur leur route. », avertit Cathy Cesarini.