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Collectif Massimu Susini : « Il y a un silence assourdissant de la part des élus au sujet de la mafia »


Julia Sereni le Samedi 12 Septembre 2020 à 19:20

Ce samedi 12 septembre, un an jour pour jour après l’assassinat de Massimu Susini, le collectif anti-mafia qui porte son nom a organisé à Cargèse une cérémonie en sa mémoire. Si l’heure est aujourd’hui au recueillement, l’avocat Jerome Mondoloni, membre du collectif, ne cache pas ses critiques envers l’Etat et les élus et sa déception suite à la venue du président de la République.



« Une cérémonie très sobre », c’est ce qu’a voulu organiser le collectif, un an après l’assassinat de Massimu Susini. Un rendez-vous donné à Cargèse, avec une messe à 10h, et à partir de 16h, une cérémonie de commémoration avec les interventions de Rinatu Coti et Nanette Battistelli. « Un moment de recueillement et de souvenir » comme l’explique l’avocat Jérôme Mondoloni, membre du collectif, « notamment pour rappeler les combats qu’il a mené ».
 
Un an après l’assassinat, le constat est amer : « L’enquête n’avance pas. Aucune piste n’a été ouverte, personne n’a été interpellé, aucune perquisition n’a été faite ». Pour l’avocat, c’est un cas d’école : « Un témoin a assisté à la scène et a prévenu la gendarmerie, si elle avait décidé de mettre des barrages, les coupables auraient été interpellés ». Le collectif demande donc des explications, rappelant que « lorsque l’Etat veut avoir des résultats, il multiplie les interpellations, nous l’avons déjà vu par le passé ».
 
« Pendant un an, nous n’avons pas dit un mot, nous avons laissé faire la justice » explique Jérôme Mondoloni, revenant sur la genèse du collectif : « Depuis le début, nous n’avons plus parlé de Massimu, nous avons essayé de faire des propositions concrètes par rapport aux responsabilités qui relèvent de l’Etat et celles qui relèvent de la Collectivité ». Pour l’avocat, cette dernière peut agir « en faisant appliquer le PADDUC et en créant un office de contrôle des marchés publics ».

Quant à l’Etat, « il peut également exercer un contrôle des marchés publics et lutter contre la spéculation immobilière et foncière, qui sont des pompes à fric pour la mafia ». Et sur ces sujets, la visite présidentielle fut celle de toutes les déceptions pour le collectif : « Nous pensions naïvement qu’il allait venir avec des propositions concrètes. Il était normal de venir avec des mesures économiques, mais nous pensions qu’il y aurait d’autres mesures fortes, or, on est resté encore au niveau des annonces de principe » regrette Jérôme Mondoloni, « c’est dommage, car c’était l’occasion de remettre les pendules à l’heure ».

Le silence assourdissant de la part des élus 
Des regrets qui ne concernent pas uniquement le chef de l’Etat : « Il y a un silence assourdissant de la part des élus au sujet de la mafia, comme s’il ne fallait pas rappeler qu’il y a un risque de détournement des fonds publics ».

D’autant que le collectif n’a pas pu faire entendre sa voix : « C’est une autre déception, ne pas avoir été invités alors que c’est la date anniversaire de l’assassinat de Massimu ». Un manque de considération qui étonne le collectif : « Nous avons inscrit dans nos statuts que cette association est créée pour lutter contre la mafia et qu’elle se portera partie civile : c’est une première dans l’histoire de la Corse. Nous demandions simplement à être un peu respectés ».
 
Un rendez-vous important le 5 octobre prochain
Une attitude de l’Etat que le collectif entend bien mettre en cause. Ainsi, si l’heure est au recueillement, les prochains jours se feront plus offensifs : « Nous avons prévu un autre rendez-vous le 5 octobre, une conférence de presse sur l’Etat et la mafia ».





















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