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Cérémonie en mémoire des Harkis à Zonza : "Le sentiment d'abandon perdure chez les nouvelles générations"


La rédaction le Jeudi 26 Septembre 2019 à 18:11

Dans le cadre de la journée nationale d’hommage aux Harkis, une cérémonie s’est tenue hier, mercredi 25 septembre, à Zonza en présence d’élus, d’autorités, de porte-drapeaux, d’anciens combattants et de plus de 200 élèves du collège et lycée Fesch d'Ajaccio, du collège de Levie, du collège du Taravo et des élèves de l'école élémentaire de Zonza .




Cérémonie en mémoire des Harkis à Zonza : "Le sentiment d'abandon perdure chez les nouvelles générations"

Ce 25 septembre marquait la « Journée nationale d’hommage aux Harkis et autres membres des forces supplétives qui ont combattu aux côtés de l’armée française durant la guerre d’Algérie ». C'est pourquoi une cérémonie s'est déroulée, en présence du sous-préfet de l'arrondissement de Sartène,  Arnaud Gillet, d’anciens combattants, de porte-drapeaux, d’anciens, de la rectrice de Corse Julie Benetti et de plus de 200 élèves de l’académie, devant la plaque inaugurée en 2015 par Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’Etat aux anciens combattants et à la mémoire, au hameau de forestage de Zonza.

 

Exceptionnellement cette année, la commémoration a eu un caractère régional et s’est tenue dans le village de Zonza, dernière destination des dernières familles de Harkis exilées après la fermeture du hameau forestier des Escudiés à Arfons dans le Tarn.

 

Au mois d’août 1971, les cars de la société Balesi, suivis de camions de déménagement traversent le village de Zonza et se dirigent vers le hameau forestier implanté dans le haut du village avec à bord de cette flottille d’autocars, 25 familles de Harkis, fortes de plus de 250 personnes. Aujourd’hui, 4 familles y vivent encore.

 

« Nous sommes très sensible à votre présence, monsieur le Sous-Préfet, pour cette journée nationale se déroulant exceptionnellement au pied du hameau de forestage de Zonza. Nous la percevons comme une marque de considération qui honore notre communauté. - a dit un enfant d’une famille Harkis - Après tant d’années d'errance, après tant d'années d'exclusion, après tant d'années de souffrances, après tant d'années d'oubli, la République Française en instituant une journée d'hommage national envers les harkis et les membres des formations supplétives, a reconnu enfin et solennellement, ce qu'elle leur devait pour leur fidélité à la France, pour les sacrifices qu'ils ont consenti pour rester français, pour les souffrances qu'ils ont endurés de 1954 à 1962, durant la guerre d'Algérie et des tragédies vécues, qui les ont jetés sur les chemins de l'exil pour fuir les représailles sanglantes dont ils ont été victimes après la signature des accords de paix. 

après un remerciement spécial à la commune de Zonza qui s'est investie "au delà de toutes nos espérances, au delà de tous nos souhaits" pour l'organisation de cette journée la descendante de Harkis de Zonza a continué "Nous avons dû quitter notre terre natale. Nous avons connu le déracinement, la précarité, la relégation dans les camps de transit, l'entassement dans des cités urbaines et l'exil dans les hameaux de forestage où nous sommes aujourd'hui, dans celui de Zonza, où nous sommes arrivés par une chaude journée du mois d'août de 1971. 

Nous étions plus de 250 personnes de tous âges. 29 familles entassées dans des autocars que suivaient des camions de déménagement transportant nos maigres souvenirs. 

Aujourd'hui, nous ne sommes plus que quatre familles à vivre au village. Nous occupons, des emplois : à l'Office national des forêts, à la commune, à la communauté des communes. Nous travaillons dans les entreprises du bâtiment et même dans le commerce. Fiers d’être filles et fils de harkis, aujourd’hui nous pouvons dire que nous sommes intégrés à cette belle île de Corse. 

Oui, nous sommes intégrés mais tout le monde sait bien que nous ne le sommes souvent qu'en apparence car la permanence des blessures de notre communauté demeure. Le sentiment d'abandon perdure même chez les nouvelles générations où les attentes de reconnaissance restent fortes. 

Nos pères avaient choisi de servir la France. En servant la France ils ont tout perdu et leur regret sera de ne pas pouvoir laisser un quelconque héritage à leurs enfants. 

Si les lois adoptées en notre faveur, si les actions de reconnaissance pour les sacrifices qu’ils ont consenti, peuvent compenser en partie nos souffrances, cinquante sept ans après, nous restons tout de même des déracinés. ».

 





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