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Banque des Territoires : 99 millions d’euros injectés en Corse en 2025 pour soutenir la transformation de l’île


Patrice Paquier Lorenzi le Mercredi 22 Avril 2026 à 17:45

Logement, eau, infrastructures, transition écologique ou encore vieillissement de la population : en 2025, la Banque des Territoires a renforcé son rôle d’acteur clé du développement de la Corse. Avec 99 millions d’euros mobilisés, dont 65 millions de prêts aux collectivités, l’établissement public confirme sa stratégie d’investissement de long terme au service des territoires et de l’intérêt général.



C’est un chiffre qui donne la mesure de l’engagement : 99 millions d’euros injectés dans l'économie corse en 2025 : une enveloppe conséquente qui place la Banque des Territoires parmi les acteurs financiers structurants de l’île. « Une très grande partie de ces financements est issue du livret A des épargnants et des dépôts des notaires. Cet argent ne dort pas, il est réinvesti dans les territoires », explique Sophie Hardouin, la dynamique directrice régionale, arrivée il y a un peu plus d’un an en Corse.
 
Dans le détail, avec près de 65 millions d’euros consacrés aux collectivités locales, cœur historique de l’intervention de l’établissement, auxquels s’ajoutent 27 millions pour les bailleurs sociaux près de 2 millions en fonds propres pour les entreprises, 2 millions de consignations et 2 millions de prêts aux professions juridiques, les montants sont vertigineux.

Une mobilisation que Sophie Hardouin, inscrit dans un modèle vertueux : « En 2025, l’équipe de la Banque des Territoires en Corse a confirmé son engagement en mobilisant 99 millions d’euros (…) pour financer des projets d’intérêt général au service du territoire ». Derrière ces montants, une mécanique bien rodée : l’argent provient en grande partie de l’épargne réglementée — notamment le livret A — et des dépôts notariaux, puis est réinjecté localement pour financer des projets structurants.
 

Un levier financier majeur pour l’économie corse

« Il n’y a pas de petits projets », insiste-t-elle « Que l’on soit une grande ville ou un village, l’objectif est le même : accompagner des projets utiles au territoire. La particularité du modèle repose sur le long terme : « On est sur des prêts de 25, 30, parfois 40 ans ou plus. Cela permet d’adapter le financement à la réalité des projets et de préserver les capacités d’investissement des collectivité ». Un point clé dans un contexte de finances publiques contraintes : « L’endettement n’est pas un problème en soi, c’est un levier pour investir et rendre un territoire plus attractif, plus inclusif et plus durable. »

Deuxième pilier de l’intervention : le logement. Avec 27 millions d'euros mobilisés en faveur des bailleurs sociaux, la Banque des Territoires confirme son rôle de premier financeur du logement social en France. En Corse, cela s’est traduit sur le terrain en 2025 par la réalisation de 215 logements sociaux. Mais au-delà, l’établissement adapte ses outils aux spécificités locales : « On a fait évoluer nos offres pour financer aussi du logement communal, notamment dans les villages où les projets sont petits mais essentiels ». Une évolution stratégique pour répondre à plusieurs défis : maintien des populations rurales, accueil de jeunes actifs, adaptation au vieillissement.
 

Une action structurée autour de trois priorités majeures

L’intervention de la Banque des Territoires s’articule ainsi autour de trois axes : cohésion sociale et territoriale, transition écologique et souverainetés. « Ces axes sont définis au niveau national, mais notre rôle est de les adapter aux réalités locales. On ne s’appelle pas Banque des Territoires pour rien ». Concrètement, cela se traduit par « des projets liés au grand âge et à la Santé, enjeu majeur en Corse, des investissements dans la transition écologique notamment sur l’eau, et une attention croissante aux souverainetés, notamment alimentaires. Sur un territoire comme la Corse, ces enjeux prennent une dimension particulière. Il faut apporter des réponses très concrètes et adaptées. »

Parmi les opérations financées, des projets structurants comme l’extension du port de Porto-Vecchio (35 M€), le complexe sportif de Ghisonaccia (1 M€), le théâtre de Verdure de Calvi (800k€), à des interventions plus modestes sur les réseaux d’eau potable ou d’assainissement (54 000 € pour le réseau d’eau de Moïta), la Banque des Territoires couvre l’ensemble des besoins. « Notre rôle, c’est d’aller là où il y a besoin d’accélérer les projets, y compris là où d’autres financements ne vont pas » ajoute Antoine Andrieux, le directeur adjoint. L’eau, en particulier, est identifiée comme une priorité : « Ce sont des réseaux parfois très anciens, avec des enjeux environnementaux forts. On a des outils adaptés pour accompagner ces investissements sur le long terme. »

Au-delà du prêt, la Banque des Territoires intervient aussi en fond propres, avec près de 2 millions d'euros d'investis en 2025. « Quand on investit, on devient actionnaire. Cela permet de sécuriser les projets et de créer un effet levier auprès des banque ». Et joue également un rôle clé en ingénierie territoriale : « On aide les collectivités à structurer leurs projets, à vérifier leur faisabilité, à les faire émerger. Pour les petites communes, c’est un véritable outil d’aide à la décision. ». L’établissement s’appuie ainsi sur des programmes nationaux comme Action Cœur de Ville, Petites Villes de Demain ou France 2030 pour amplifier son action.

La Banque des Territoires revendique également un rôle d’animation et de mise en réseau. En 2025, elle a notamment coorganisé une journée dédiée au « bien vieillir » en Corse, réunissant élus, professionnels de santé, chercheurs et acteurs économiques. « L’idée, c’est de créer des synergies, de faire émerger des solutions et de partager les bonnes pratiques ».

Avec près de 100 millions d'euros mobilisés en 2025, la Banque des Territoires confirme son poids dans l’économie insulaire. Mais au-delà des chiffres, c’est une philosophie d’intervention qui se dessine. « Nous sommes là pour accompagner des projets d’intérêt général, au plus près des besoins des habitants. » Dans un contexte de mutation économique, sociale et environnementale, l’établissement entend rester un partenaire clé des collectivités corses. « Plus il y a de projets, plus nous serons là pour les financer ».