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Autonomie - Depuis Corte, Femu a Corsica pose ses lignes rouges et propose un référendum avant la fin de l’année


MP avec Christophe Giudicelli le Mercredi 28 Octobre 2026 à 23:36

Réuni en urgence ce mercredi soir à Corte, le Cunsigliu Naziunale de Femu a Corsica a entendu clarifier sa position après le rejet par le Sénat du projet de loi constitutionnelle sur l’autonomie de la Corse. Le parti autonomiste n’exclut pas de reprendre les discussions à Paris, mais pose plusieurs lignes rouges et prévient qu’en cas de blocage persistant, il proposera l’organisation d’une consultation référendaire en Corse avant la fin de l’année.



(Photos : Grazi Ritratti)
(Photos : Grazi Ritratti)
Après le coup de tonnerre du Sénat, Femu a Corsica fixe à son tour ses lignes rouges. Deux jours après le rejet du projet de loi constitutionnelle sur l’autonomie de la Corse au Palais du Luxembourg, le parti de Gilles Simeoni a réuni en urgence son Cunsigliu Naziunale, ce mercredi soir à Corte. Plusieurs heures de discussions pour faire le point sur les événements de ces derniers jours, et surtout décider de la suite à donner à un processus de Beauvau désormais sérieusement ébranlé.
 
Dans ce droit fil, à l’issue de la réunion, le Cunsigliu Naziunale a adopté à l’unanimité une résolution qui réaffirme le soutien du parti à la décision de Paulu-Santu Parigi et fixe les conditions d’une éventuelle reprise des discussions avec Paris. En effet, s’il ferme la porte au texte tel qu’il est ressorti du Sénat, le mouvement autonomiste ne ferme pas encore celle des discussions avec Paris. À condition, toutefois, que celles-ci se déroulent sur les bases définies depuis le début du processus. « On ne remontera pas à Paris pour discuter de rien. On remontera à Paris pour discuter d'exigences fortes », résume François Martinetti, secrétaire national de Femu a Corsica.
 

Parmi ces exigences, le parti autonomiste remet sur la table les fondamentaux défendus depuis le début du processus de Beauvau : un véritable pouvoir législatif, la reconnaissance du peuple corse à travers une écriture constitutionnelle spécifique, un statut de résident, la coofficialité de la langue corse ainsi qu’un pacte fiscal, budgétaire et financier. Des éléments que Femu a Corsica estime indissociables d’un véritable statut d’autonomie.
 
Dans le même temps, Femu a Corsica prend acte de la volonté affichée par le Gouvernement d'organiser une nouvelle rencontre afin de rechercher une rédaction constitutionnelle susceptible de recueillir un accord politique. Mais le mouvement prévient qu'il n'acceptera pas de repartir d'une page blanche. Ainsi, François Martinetti a annoncé que les élus du parti refuseront toute discussion autour d'un texte qui serait « en deçà » des principes contenus dans le projet issu du processus de Beauvau et dans l'accord politique global.
 
Et si cette nouvelle tentative de dialogue devait échouer, Femu a Corsica entend changer de stratégie. « S'il n'y a pas un déblocage de la situation de crise d'aujourd'hui de la part de l'État, mais aussi de tous les partis politiques en prise en France, nous proposons au débat l'organisation d'une consultation référendaire d'ici la fin de l'année », indique François Martinetti.

 

Une consultation qui pourrait porter directement sur les deux questions au cœur du bras de fer avec Paris. « Nous, nous n'avons pas peur de revenir au scrutin et de demander à la population : existe-t-il un peuple corse ? Oui ou non ? Et voulez-vous un statut d'autonomie législative pour la Corse ? », lance le secrétaire national. « S'il n'y a pas un déblocage qui se fait dans les prochains jours sur ces bases, nous sommes prêts à retourner aux urnes et faire valider cela par le peuple ».
 
Pour Femu a Corsica, un tel vote aurait vocation à rebattre les cartes et à peser directement sur la suite du processus parlementaire. Le parti estime en effet qu'un résultat favorable à l'autonomie devrait alors obligatoirement être pris en compte par le Sénat comme par l'Assemblée nationale. Et le secrétaire national du parti d'insister face à l'impasse dans laquelle se trouve aujourd'hui le projet de révision constitutionnelle : « Aujourd'hui, force est de constater qu'on se fout des 70 % des maires qui soutiennent ce processus d'autonomie et des 70 % qui ont voté pour les nationalistes en 2021 ».
 
Avant d'en arriver là, le mouvement veut toutefois tenter de reconstruire un front politique autour du processus. Dans une résolution adoptée ce mercredi soir, le parti invite ainsi les différentes formations nationalistes qui ont soutenu Beauvau à se retrouver « dans les prochains jours » pour arrêter une position commune, avant d'élargir les discussions aux autres forces politiques et « forces vives » favorables à l'aboutissement du processus.

 

Découvrez la résolution adoptée par Femu a Corsica ce mercredi soir en vidéo