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Ajaccio : "Les Bonaparte et l'Antique" une conférence de Jean-Marc Olivesi à la Bibliothèque


Rédigé par le Vendredi 26 Septembre 2014 à 01:42 | Modifié le Vendredi 26 Septembre 2014 - 02:02


Jean-Marc Olivesi, conservateur en chef de la maison Bonaparte , donnera, sous l'égide de la Société des Sciences historiques et naturelles de la Corse, une conférence sur le thème "Les Bonaparte et l'Antique" ce vendredi 26 septembre à 18 heures dans la grande salle de la bibliothèque municipale d'Ajaccio au palais Fesch


Ajaccio : "Les Bonaparte et l'Antique" une conférence de Jean-Marc Olivesi à la Bibliothèque

De sa mère Letizia, Napoléon a dit  : « C’est une femme antique, elle est au dessus des révolutions ». Un portrait de Letizia conservé à la Maison Bonaparte illustre parfaitement ce propos. C’est un buste dont l’original a été réalisé par l’un des plus grands sculpteurs du Néoclassicisme : Antonio Canova, et qui rappelle les représentations des impératrices romaines.
Plus généralement, chez les Bonaparte, le modèle antique se lit à plusieurs niveaux.
D’abord, ils vont vivre pleinement la vogue du Néoclassicisme, mouvement lancé par la redécouverte d’Herculanum (fouillée depuis 1738) et de Pompéi (depuis 1748), où l’Antique devient le modèle artistique par excellence. Cette vogue est relayée en France d’une part par l’idéal moral antique promu par la Révolution : on admire la République romaine et la cité grecque de Sparte, et d’autre part par le souvenir de la puissance de la Rome impériale, valorisée sous l’Empire.
Ensuite, on considère la Corse comme une terre antique, non pas tant par ses monuments, car les vestiges d’Aleria sont très mal connus, mais par les mœurs de ses habitants marqués par la frugalité, le dédain du luxe et des biens matériels, l’honneur et le dévouement total à la patrie, notamment sous Pascal Paoli.
Les Européens retrouvent dans l’île les vertus de la Rome républicaine, tandis que certains vont jusqu’à comparer Corte, capitale de la Corse indépendante, avec Sparte.

C’est ainsi que dans le cadre du grand Tour, certains aristocrates anglais ajoutent une étape corse à leur voyage, comme le comte de Pembroke, qui vient rencontrer Pascal Paoli et dont il rapporte le portrait peint par Rotigliardi dans son château de Wilton House.
Enfin, la culture classique des Bonaparte est bien réelle.
 En effet, Joseph raconte comment Napoléon, venu pour un congé à Ajaccio, avait réuni « les œuvres de Plutarque, de Platon, de Ciceron, de Tite-Live, de Cornelius Népos, de Tacite, traduites en français.»
Joseph, encore, raconte comment, à l’école, leur maître avait distribué les élèves entre Romains et Carthaginois : Joseph, l’aîné, était le chef des troupes de Rome, et Napoléon, le chef des troupes de Carthage. Le rôle du vaincu ne lui convenant pas, le futur Empereur fit tout pour être le chef des Romains…
A Brienne, le jeune Bonaparte déclame les auteurs classiques debout sur une table et propose que les élèves reconstituent les jeux olympiques et les courses de char. Ses condisciples l’appellent « le Spartiate ». Mais il est mauvais en Latin !
A Sainte Hélène, l’Empereur déchu lit et commente à son auditoire La conjuration de Catilina, Les Gracques, la Guerre des Gaules de Jules César, la Médée de Sénèque. Consultant une édition de Strabon qu’il avait fait rééditer sous les auspices de l’Institut, il explique qu’il souhaitait rééditer ainsi tous les classiques. Souvent, Napoléon compare sa mère à Cornélie, mère des Gracques, tandis que Lucien se fait appeler Brutus.

Toujours à Sainte-Hélène, lors d’une discussion relative à la destruction et à la redécouverte d’Herculanum et de Pompéi, Napoléon explique que si Rome était restée sous sa domination, il aurait fait restaurer tout ce qu’il était possible.
Les membres de sa famille vont avoir un rôle important dans la valorisation du Patrimoine antique :
Le prince Camille Borghese, époux de Pauline, va vendre son exceptionnelle collection de marbres antiques, dont le Gladiateur, à Napoléon qui va les présenter au Louvre. Pauline, posant en Vénus Victorieuse pour Canova, va ainsi susciter l’un des chefs-d’œuvre du Néoclassicisme.
En tant que reine de Naples, Caroline va encourager les fouilles de Pompéi. Sous son règne, jusqu’à six cents ouvriers travailleront en même temps sur le site archéologique. Elle continue ainsi l’action de son frère Joseph, auquel elle a succédé après le départ de ce dernier pour le trône d’Espagne. Le peintre Wicar l’a représenté tenant les plans de ce qui est aujourd’hui le musée archéologique de Naples.
Fait prince par le Pape, Lucien va trouver sur ses terres de Canino des vestiges et des objets étrusques, culture qu’il sera l’un des premiers à découvrir et à mettre en valeur.
Enfin, Elisa en exil dans le nord de l’Italie, paiera sur sa cassette les fouilles d’Aquileia, qui comptait près de deux cent mille habitants sous l’Empire romain.





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