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33 communes et 8 000 habitants : Avec l’ATC, l’Ouest-Corse entend créer son identité


Rédigé par José Fanchi le Lundi 23 Juillet 2018 à 18:57 | Modifié le Lundi 23 Juillet 2018 - 19:28


Comment créer une identité de territoire ? C’est la question principale qui a animé la réunion d’hier matin avec les élus de l’office intercommunal de l’Ouest corse réunis à Porto, sous la présidence de Marie-Antoinette Maupertuis, présidente de l’ATC. Elle a tenu à rencontrer les acteurs du tourisme de la micro régions pour évoquer des sujets aussi divers que la taxe de séjour, le pic de fréquentation estivale, la protection du golfe de Girolata, la politique patrimoniale, nouveau fleuron des actions à venir de l’ATC



Il va s'en dire que la visite des sentiers du patrimoine a Cristinacce ou encore celle du site de Sant’appianu à Vico, sont des exemples concrets du renouveau qui prend actuellement essor avec comme objectif premier : « la dessaisonalisation» c’est à dire proposer des offres diverses et variées pour diversifier la clientèle.  

Définir des stratégies touristiques
Ce déplacement de la présidente de l’Agence du tourisme sur le terrain s’inscrit dans sa volonté d’échanger avec les acteurs du territoire sur les sujets en cours d’instruction au sein de l’ATC sur les projets décidés à être portés par le territoire dans le cadre de son développement touristique. Ce sera ainsi l’occasion de faire le point avec la nouvelle organisation du tourisme sur le territoire commandée par la loi NOTRe qui impose depuis le 1er janvier 2018 une compétence tourisme transférée des communes aux intercommunalités.

Ces nouvelles organisations qui touchent tout les territoires de l’île ne sont pas sans conséquence et supposent des stratégies touristiques définies à l’échelon non plus local mais d’un territoire à plus grande échelle. Il s’agit ici de l’ouest Corse, doté d’une masse critique qui permet des démarches plus pertinentes, demande de stimuler les synergies locales touristiques et impose de repenser la fiscalité touristique et d’en harmoniser les bases de perception. Cela relève des attributions de l’ATC, qui accompagne en ingénierie les réflexions, études et plans d’action et en soutient financièrement les projets au travers de son guide des aides au tourisme. Sur le volet touristique patrimonial et environnemental elle mobilise également des fonds européens qu’elle gère.


La fusion des communes…
La communauté de communes de l’ouest Corse, née de la fusion de celle du Liamone et des Deux Sevi, comprend 33 communes pour 8.000 habitants. Elle est présidée par le Maire de Vicu-Sagone, François Colonna. En matière de tourisme le territoire qui représente 10% de l’offre d’hébergement marchand de l’île est donc désormais organisé ; les offices de tourisme de Vicu-sagone , Cargèse, Piana et Portu ont fusionné autour d’un Office Intercommunal dont le siège a été fixé à Portu et dont le Président est Mario Zannier.

Le territoire mer-montagne, comme la plupart des territoires de l’île, compte une palette très large d’offre d’hébergements et de loisirs. Il  dispose de sites naturels majeurs de très grande notoriété (Calanques de Piana, Portu et la réserve de Scandola classée au patrimoine mondial de l’Unesco) qui contribuent à l’image internationale de toute la destination Corse et constitue une porte d’entrée vers les plus hauts sommets de l’île.


Plus de 2 millions de nuitées

Explication de Marie-Antoinette Maupertuis 
« Ce territoire supporte, au-delà des clientèles en séjour sur place, des flux d’excursions depuis les grands bassins de la région d’Ajaccio et de Balagne. Cette particularité avec une dimension régionale de ces sites pose à la fois les questions d’équipements et d’infrastructures, un dossier est en cours sur une étude d’extension du port de Cargèse ainsi que des réflexions sur les mobilités de gestion de ces flux en particulier en pointe saisonnière. Cela bien sûr, avec une pression très forte qui demande une régulation de fixation de ces flux d’excursion en flux de séjour, en proposant des contenus plus larges et notamment sur l’offre culturelle pour contrebalancer la seule puissance naturelle, de captation de retombées touristiques pour ne pas rester dans un tourisme simplement contemplatifOutre la gestion raisonnée de ces sites, l’un des enjeux consiste à mettre en valeur de nouvelles offres de visite, notamment de la mise en valeur des ressources du territoire qui puissent fixer les flux sur le territoire par des offres complémentaires et alternatives aux seuls point majeurs d’attractions. »

Cela signifie en clair, qu’en termes de fréquentation (source enquête aux frontières ATC 2017), le territoire capte 7% des séjours et des nuitées de l’île, soit 2,116 millions de nuitées. Et la présidente de l’ATC d’ajouter : « Si l’on s’en tient aux seuls touristes d’agrément, la fréquentation étrangère de ces touristes d’agrément est supérieure à la moyenne de l’île avec 29% d’étrangers (859.000 nuitées) soit 12,2% des nuitées étrangères des touristes d’agrément de l’île avec dans l’ordre les Allemands, Italiens et Belges. Le poids des touristes d’agrément Français du territoire ressort lui à 7,80% (1.060.000 nuitées) de l’ensemble de la Corse. »


Le sentier de Cristinacce
Le sentier sera aménagé et accessible aux personnes en situation de handicap ainsi qu’aux enfants avec la création d’une signalétique adaptée et disposée le long du parcours sensoriel (signalétique interactive, écriture en braille). Cela permettra de partager des émotions visuelles, tactiles, sonores et odorantes sur un parcours séculaire de transhumance, depuis le village jusqu’aux estives, sur le plateau de la bergerie de Bartoli. Le sentier part d’un espace public ludique aménagé sous l’église du

village, passe dans le village de Critinacce en passant par le gîte d’étape, pour enfin remonter le long de la rivière à Tavulella. Il prendra le chemin existant situé à l’aplomb de la rivière, afin d’éviter les risques imprévisibles liés aux saisons. Il sera rythmé par plusieurs postes d’observation sensorielle avec des pupitres d’interprétation voués au grand public. Les thèmes abordés seront pédagogiques et permettront d’attirer l’attention de tous à travers la faune et la flore.

 

Les vestiges de Sant’Appianu
La valorisation des vestiges du Site de Sant’appianu  est une demande forte de la population et des professionnels du tourisme. C’est une plongée au cœur même des origines que propose le détour par le site archéologique de Sant’Appianu à Sagone (commune de Vico). Voilà un haut-lieu de la mémoire. Il  brasse les époques et les sociétés. Et rappelle aussi  que la construction des identités à débuté Outre-temps, tant il  porte en lui la marque indélébile des premiers Corses…

Sous la poussière sédimentaire de l’histoire, et à la faveur des grandes campagnes de fouilles archéologiques, le premier siècle de notre ère a rejailli. Avec ses menhirs, son petit habitat antique et ses premières traces d’occupation. Dans le secteur d’A sullana, le mode de vie a été par la suite étudié et analysé comme présentant « un caractère principalement artisanal. » Au Vème siècle, ce sont les  décombres d’une basilique paléochrétienne qui ont refait surface. Enfin,   l’église Romane, la chapelle moderne de la période Génoise feront leur apparition et dans le même temps le bonheur des chercheurs. Ces derniers  seront, au travers de ces découvertes, récompensés dans leurs inlassables  efforts de recherche et de fouilles. Au total ce site retrace le temps longs d’une période multiséculaire allant du Ier au XVIIIè siècle.


50 ans de fouilles
Ce site a fait l’objet d’un vaste programme de fouilles depuis plus de 50 ans. Depuis 2006, les travaux sont  portés  par le laboratoire d’archéologie médiévale et moderne en Méditerranée (CNRS/ AIX MARSEILLE université). Au total, 8 campagnes de fouilles autorisées par le ministère de la culture et de la communication ont été effectuées à ce jour. Par la suite, les chercheurs et la commune ont décidé de s’engager dans un projet de valorisation de ces vestiges archéologiques, vestiges désormais inscrits sur la liste supplémentaire des monuments historiques avec comme objectif :

la Création d’un projet pilote exemplaire, tant par son programme que par  sa forme. Un centre d’interprétation des vestiges archéologiques (ou maison de site) pourrait sortir de terre, en relation avec l’époque médiévale. Ainsi qu’un théâtre de verdure. Etre en harmonie avec l’existant, se fondre dans le paysage, utiliser des matériaux nobles faisant référence aux époques traversées, voilà le fil rouge. Quant à la visite elle-même, la « réalité augmentée », c’est-à-dire, les outils numériques permettront d’incruster des éléments virtuels (visuels,  textuels,  ou sonores) dans l’espace environnant.
J. F.




C’est désormais la politique de l’ATC : Tourisme, vecteur de l’identité corse
En Corse, il n’y a pas que la beauté des paysages qui s’offre aux visiteurs. C’est en tout cas le pari de la nouvelle majorité nationaliste, aux commandes de l’île depuis 2015. Faire du  tourisme un vecteur de l’identité corse. Et le dépouiller de ses traditionnels oripeaux entièrement contenus dans le slogan « soleil et plages. » La voie est récente. Elle est portée par l’Agence du Tourisme de la Corse, et sa présidente, Marie-Antoinette Maupertuis
Les raisons de la mise en place de cette politique sont multiples. Au cœur de la doctrine, trois piliers :
  • l’étalement de la saison
  • Une meilleure diffusion des flux sur le territoire
  • La diversification de la clientèle

« Il s’agit donc d’ancrer des pratiques touristiques dans un espace à la fois physique mais aussi symbolique. Il va de soi que l’offre d’un  tourisme patrimonial et culturel procède aussi d’une approche consciente, évaluée, raisonnée et dynamique. En effet, la valorisation des sites historiques, à l’image des citadelles ou encore des tours génoises,   leur ouverture au public,  vont de pair avec un tourisme de mémoire marqué par une forte connotation pédagogique. En la matière les opportunités sont immenses si les acteurs de la chaîne patrimoniale qui va de l’inventaire et la caractérisation du patrimoine jusqu’à sa mise en marché intègre l’exigence de protection, de prévention et de médiation » explique la présidente.


4,5 millions d’euros par an
L’Agence du Tourisme de la Corse se pose en sentinelle exigeante d’un héritage commun alliant nature et culture. D’autant que  l’offre ne s’arrête pas là : animations culturelles, spectacles vivants, excursions thématiques, produits locaux, artisanat, promotion de la langue corse  ne sont là que quelques exemples qui prouvent, si besoin était, que patrimoine matériel et immatériel se fondent dans un même et unique creuset. Aujourd’hui, l’Agence du tourisme de la Corse met également le cap sur les nouvelles technologies. La raison ?

« Rendre accessible toute la richesse du patrimoine insulaire en un clic. Lui offrir un rayonnement conséquent sur bon nombre de continents. Et contribuer bien sûr au rayonnement de la destination Corse. Coût de l’opération : 4, 5 millions d’Euros débloqués chaque année par l’ATC pour financer les différentes actions… »

Il va sans dire qu’avec la collaboration des directions de la Culture et du Patrimoine de la Collectivité de Corse, des partenariats public-privé et du mécénat seront mis en place. Une Agence qui a les moyens de sa politique, le Statut Joxe de 1991  et son corollaire, la décentralisation culturelle ont en effet  été l’un des facteurs qui ont permis d’allier le tourisme au fait identitaire :

«  Si le tourisme est éminemment culturel, l’ATC  s’emploie avec constance et volontarisme à  être au  carrefour de l’identité et de l’économie et au service de l’authenticité.  Le tourisme patrimonial répond à un besoin et à une attente. Ici, en Corse plus qu’ailleurs les visiteurs seront comblés tant l’île recèle de richesses, reflet d’une histoire à nulle autre pareil. »

J.F.
 





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