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TEMOIGNAGE - Myriam Granini, menuisière à Biguglia :"je ne regrette absolument pas d’avoir choisi cette voie"


Livia Santana le Mercredi 24 Novembre 2021 à 16:03

Dans le cadre de la semaine de l'industrie, CNI a rencontré Myriam et Lou, deux femmes qui du jour au lendemain ont décidé de tout quitter pour devenir menuisier, un métier où les femmes sont très peu représentées. Elles témoignent.



Myriam et Lou, première femmes menuisier de l'entreprise
Myriam et Lou, première femmes menuisier de l'entreprise
Dans l’atelier « Les nouveaux menuisiers » située dans la zone industrielle de Tragone à Biguglia, les bras s’activent sur les grandes plaques en bois. Au milieu des baguettes en chêne, hêtre, pin et de la sciure, Myriam Granini et Lou Lemire mesurent, coupent et poncent ce qui deviendra un encadrement de porte. Il y a un an, la première a décidé de quitter son métier d’agent comptable dans un service mandataire judiciaire qu’elle occupait depuis 12 ans pour s’atteler à sa vraie passion : le travail du bois.
« Dès que j’avais un peu de temps pour moi, j’ai toujours fabriqué des choses, mais je n’avais pas le courage de sauter le pas », raconte Myriam Granini. C’est en 2020, après la visite d’une psychothérapeute dans son ancienne entreprise, qu’un déclic est survenu. « En me parlant elle m’a dit, mais tu fais quoi encore devant un écran ?  C’est là que je me suis dit ok, je dois faire autre chose de mes mains », se remémore la femme de 36 ans. 
 
Très rapidement, elle se renseigne avec le soutien de sa famille et monte un dossier pour intégrer le CFA de Furiani où elle commence en septembre 2020 un CAP de menuisier fabricant en alternance dans plusieurs entreprises pendant 8 mois. Sans surprise, dès qu’elle commence sa reconversion Myriam Granini l’assure « j’ai tout de suite adoré et aujourd’hui je ne regrette absolument pas d’avoir choisi cette voie »
Pourtant, ce n’est pas sans appréhension que l’apprentie menuisière arrivait dans les trois entreprises dans lesquelles elle a été salariée. « J’avoue que je me demandais un peu comment ça allait se passer, si les hommes allaient m’intégrer. Une fois arrivée, toutes mes peurs sont parties. Tout le monde était adorable avec moi, à la  limite protecteur », poursuit-elle. Si Myriam a un seul regret c’est de ne pas avoir eu « le déclic avant » pour pouvoir « faire les compagnons du devoir » comme sa collègue Lou Lemire. 

"Pas de vestiaires aux normes pour accueillir les femmes"

A 23 ans, la jeune femme de Marseille, qui venait d’obtenir une licence de droit, a décidé de changer de voie et de faire un métier manuel. Elle a rejoint les compagnons du devoir en septembre et l’entreprise de Jean-François Succi, « Les nouveaux menuisiers » il y a tout juste une semaine. « Avant d’arriver en Corse, j’avais essuyé pas mal de refus d’entreprises qui n’avaient pas de vestiaires aux normes pour accueillir des femmes, assure-t-elle avant de reprendre, lorsque j’ai parlé avec Jean-François Succi, lui m’a dit toutes les personnes qui ont envie d’apprendre sont les bienvenues, j’étais très heureuse. »
La prédominance des hommes dans cette profession ne l’a pas du tout dérangée. « Avant de me reconvertir en menuisier, je ne me suis pas  posé la question de savoir si c'était un métier de femme ou d’homme. »
D’ailleurs, son employeur qui accueillait pour la première fois en 23 ans, des femmes dans ses ateliers, n’a pas hésité une seule seconde à les recruter. « On manque de main d’œuvre, homme ou femme pour moi ça ne change rien. Elles sont passionnées et travaillent bien. »

Avant de devenir menuisier, Myriam a été agent comptable pendant 12 ans
Avant de devenir menuisier, Myriam a été agent comptable pendant 12 ans





















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