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Plan de relance : Jean Dominici appelle l’Etat et l’Exécutif Corse à s’asseoir à la table des négociations


Nicole Mari le Mardi 12 Janvier 2021 à 14:24

Suite au courrier adressé par le Président Macron au Président du Conseil exécutif de Corse refusant d’accorder des mesures spécifiques à la Corse dans le cadre du plan de relance, le Président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Corse, Jean Dominici, estime, dans un communiqué, que la réponse de Paris « n’est pas une fin de non-recevoir », mais s’il n’en partage pas les constats et l’analyse de la situation insulaire. Il appelle les représentants de l’Etat et de la Collectivité de Corse (CdC) à s’asseoir à la table des négociations.



Jean Dominici, Président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Corse. Photo Michel Luccioni.
Jean Dominici, Président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Corse. Photo Michel Luccioni.
Ce n’est pas une fin de non-recevoir ! C’est l’avis du Président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Corse, Jean Dominici, après avoir pris connaissance « attentivement » de la réponse du Président de la République au courrier du Président du Conseil exécutif de Corse. Ce dernier transmettait, dans son courrier, la délibération unanime de l’Assemblée de Corse du 27 novembre 2020 et proposait notamment l’ouverture d’une négociation entre l’Etat et la CdC destinée à mettre en place un plan de mesures de sauvegarde propres au tissu économique corse. « Selon nous et contrairement aux analyses, aux lectures plutôt, aussi hâtives que péremptoires, rapidement diffusées tant par les réseaux sociaux que par la presse, cette réponse n’est absolument pas une fin de non-recevoir », réagit, dans un communiqué, Jean Dominici. Le président de la CCI reconnaît, cependant, d’emblée, qu’il ne partage pas l’analyse optimiste du président de la République qui estime que la situation économique de la Corse est plutôt bonne : « emploi stable, baisse des défaillances d’entreprises, pleine mobilisation des dispositifs de soutien de l’Etat… Tous cela laisse penser que les dispositifs mis en place commencent à porter leurs fruits », écrit Emmanuel Macron dans son courrier à Gilles Simeoni.
 
Une mauvaise appréciation
Difficile effectivement d’adhérer dans l’île même avec de longues vues et la meilleure volonté du monde à de telles appréciations ! « Nous ne (les) partageons résolument pas, notamment celles relatives aux indicateurs économiques qui traduiraient une situation en voie d’amélioration, ou encore celles qui indiquent que le fait de solliciter fortement les dispositifs d’aides doit s’entendre non pas comme la traduction de difficultés et de besoins particulièrement forts du territoire, mais uniquement comme une preuve de leur efficacité et de leur complétude… », précise Jean Dominici. « De la même manière, si en ce début d’année, les tribunaux de commerce ne sont pas encombrés, ça n’est évidemment pas une preuve de bonne santé de notre économie, c’est bien grâce aux mesures de différés et à la souplesse actuelle des créanciers publics, en particulier l’URSSAF, qui pour l’instant et tout simplement assignent beaucoup moins que d’habitude, en raison de la crise ». Pour lui, le constat est sans appel : « Non, hélas et sans esprit polémique, la situation locale est très mauvaise, et la Corse est malheureusement la région française la plus impactée sur le plan économique par la pandémie comme l’a si bien décrit l’INSEE dans ses différentes publications et notes de conjoncture depuis le mois de mai 2020 ». Il indique que le taux de chômage en Corse, qui était en-dessous de la moyenne nationale en 2019, vient de repasser nettement au-dessus aux dernières publications, « cette dégradation plus forte que celle des autres régions confirme ainsi l’étendue des dégâts, malgré l’importance et la qualité des mesures nationales déjà mises en place, ce que nous n’avons d’ailleurs cessé de saluer ».
 
Un nécessaire dialogue
Ces divergences d’analyse et de constat posées, le président de la CCI accueille plutôt favorablement la suite du courrier élyséen qui, selon lui, « indique également, et cette fois ci plutôt positivement, que le Gouvernement reste prêt, je cite, « à ajuster le soutien de l’Etat autant que possible et nécessaire », mais finalement et surtout, et c’est la conclusion de la réponse du Chef de l’Etat, que le Préfet de Corse a reçu mandat pour établir avec la Collectivité de Corse un cadre de négociation permettant, je cite à nouveau, « de prendre en compte la spécificité des dispositifs de soutien économique mis en place sur l’Ile, et les utiliser de la façon la plus utile possible pour l’avenir de l’Ile ». Soit en substance : rien de moins que ce que nous avons demandé et que nous attendions ». En clair, le président de la CCI se veut, à son tour, optimiste. Prenant soin de ne pas fermer les portes, il appelle toutes les parties au dialogue sans à-priori : « Soyons pragmatiques et efficaces, évitons les postures et les blocages, allons aux négociations, reprenons les données et les constats, affinons les propositions de chacun, et dans un premier temps, négocions au mieux des possibilités qui nous sont accessibles… Nous aurons probablement l’occasion, au bénéfice d’un dialogue franc et sans concession, mais d’un dialogue constructif, d’obtenir des pouvoirs publics nationaux et territoriaux les progrès et les avancées que les acteurs de terrain : artisans, commerçants, chefs d’entreprise, producteurs… attendent... et méritent ». Et de conclure : «  Soyons collectivement à la hauteur de ces rendez-vous et sortons par le haut de nos divergences, n’attendons plus …. Asseyons-nous à la table des négociations ».
 




















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