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Montagne corse : La difficile équation entre fréquentation en hausse et préservation de l’espace


Nicole Mari le Samedi 18 Juillet 2020 à 16:21

Comment concilier la préservation de l’environnement et l’accueil d’un public toujours plus nombreux dans la montagne corse ? C’est le défi auquel s’est attelé l’Office de l’Environnement de la Corse (OEC) qui a effectué une mission d’étude et de gestion de la fréquentation de la chaine centrale de l’île. Les résultats ont été rendus publics par le président de l’OEC, François Sargentini, vendredi à Bavedda.




François Sargentini à Bavedda, entouré des élus locaux et des équipes de l'OEC.
François Sargentini à Bavedda, entouré des élus locaux et des équipes de l'OEC.
C’est dans l’un des hot-spots habituellement les plus fréquentés en été, pour ne pas dire sur- fréquentés, voire en surcharge, Bavella, que François Sargentini, conseiller exécutif et Président de l’OEC, a symboliquement choisi de livrer les premiers résultats de l’étude réalisée par ses services sur cette question de l’hyper-fréquentation des sites naturels. Du fait d’une pression touristique croissante sur les sites naturels et leur environnement, la gestion de la fréquentation est devenu un enjeu majeur tant pour l’OEC que pour l’Agence du tourisme (ATC) qui l’a inscrite comme une des priorités de sa feuille de route du tourisme durable. « Au cours des dernières décennies, le développement d’une société de loisirs a contribué à un essor important de la fréquentation touristique sur les lieux à forte valeur patrimoniale tels que nos espaces naturels de montagne. Aujourd’hui, nous devons donc faire face à la concentration de cette activité touristique sur certains territoires dont les facteurs d’attractivité sont nombreux : paysages, nature… Les impacts de cette fréquentation doivent donc être considérés à différentes échelles. En ce qui concerne l’échelle territoriale sur laquelle nous nous situons, ces impacts s’attachent aux déplacements, à la qualité de l’eau, à la gestion des déchets, à la conservation des paysages… Il faut donc s’adapter à la spécificité de chaque site », constate François Sargentini.
 
Des enjeux et des outils
Dans la pratique, réguler des flux en pleine nature, surtout en montagne et en l’état des dispositifs législatifs et règlementaires existants, s’avère assez compliqué. D’autant qu’en France, les sites naturels étant libres d’accès, il est bien difficile de trouver des palliatifs. Avant d’en créer, il faut définir des normes de fréquentation et des capacités de charge des sites insulaires. C’est l’une des missions de l’étude de l’OEC qui « vise à mieux connaître les différents profils des visiteurs ainsi que leurs usages sur la chaine centrale de l’île afin que le service Valorisation et Dynamique des Territoires de l’OEC, en charge de ce dossier puisse élaborer des outils d’aide à la décision en faveur de la gestion globale de la montagne corse ». L’enjeu est de mesurer la fréquentation touristique, suivre les évolutions, concilier développement économique et préservation des sites, organiser et maitriser les flux, limiter les impacts, imaginer de nouvelles modalités de fréquentation. Deux axes d’intervention ont été privilégiés. D’abord, la mesure des flux piétonniers. Elle est effectuée par une équipe de terrain spécialement créée et constituée de saisonniers éco-gardes de montagne, et par 8 éco-compteurs avec sens de passage posés au niveau des portes d’entrées significatives du GR20. Ensuite, une enquête de terrain pour la caractérisation des usagers a été faite à travers un questionnaire individuel et un questionnaire socio-professionnel.
 
Une pression forte
Les premiers résultats portent sur les mois d’août et de septembre 2019. Sur un total de 15 030 personnes entrées sur le GR20, 5500 sont passées par Calenzana, 3350 par Petra Piana, 2440 par Prati et 3740 par Conca. Un site a particulièrement retenu l’attention et doit être surveillé : E Grutelle dans la Restonica. De août à mi-octobre, près de 51 950 personnes y sont passées, avec une moyenne journalière de 1000 personnes et une période de pointe à 1400 personnes le 14 août. 3500 questionnaires ont été remplis sur le GR20 et 1500 aux Grutelle. « L’analyse statistique des données nous a permis, d’ores et déjà, de disposer d’indications. Ainsi, le GR20 attire une clientèle internationale, mais celle-ci reste étroitement liée au marché européen. Dans ce cadre, ces randonneurs, que l’on qualifiera de sportifs, préparent leur séjour de manière autonome et pour 99% des cas ne font pas appel à un guide ou un accompagnateur local. Quant au budget consacré spécifiquement au GR20, il s’établit en moyenne à 496 € par personne », commente l’OEC. Ces chiffres révèlent « une pression très forte sur l’intérieur de l’île et plus particulièrement dans la vallée de la Restonica. Le GR 20 reste très fréquenté mais avec des retombées économiques modérées sur le territoire. Celles-ci doivent donc être appréhendées avec plus de justesse dans les années à venir. Un travail avec les socio-professionnels et les professionnels du tourisme va être initié afin de pérenniser notre capital nature tout en favorisant un développement économique harmonieux sur le territoire ». L’étude s’est poursuivie sur la saison 2020. Les premières données sur le Centre Corse laissent apparaitre une baisse significative de plus de 30% de la fréquentation avec une modification de l’origine géographique du randonneur, essentiellement France continentale et locaux. Un effet collatéral immédiat de la crise sanitaire liée au COVID19.
 



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