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Michel Castellani : « Le Traité France-Italie, qui favorise la coopération des régions frontalières, ignore la Corse ! »


Nicole Mari le Mardi 2 Août 2022 à 08:40

Le 28 juillet, l’Assemblée nationale a ratifié le traité France – Italie pour une coopération bilatérale renforcée entre les deux pays. A la tribune, le député nationaliste de la 1ère circonscription de Haute-Corse, Michel Castellani, membre du groupe parlementaire LIOT (Libertés, Indépendants, Outre-Mer et Territoires), s’est ému de l’absence de mention de la Corse dans une coopération qui la concerne directement, de par sa proximité géographique avec l’Italie. La Secrétaire d'Etat en charge de l'Europe, Laurence Boone, a botté en touche.



Michel Castellani, député nationaliste de la 1ère circonscription de Haute-Corse, membre du groupe parlementaire LIOT (Libertés, Indépendants, Outre-Mer et Territoires), membre du parti autonomiste corse Femu a Corsica.
Michel Castellani, député nationaliste de la 1ère circonscription de Haute-Corse, membre du groupe parlementaire LIOT (Libertés, Indépendants, Outre-Mer et Territoires), membre du parti autonomiste corse Femu a Corsica.
« Il est scandaleux que la Corse ne soit pas mentionnée dans cet accord ! ». Le député nationaliste de la 1ère circonscription de Haute-Corse, Michel Castellani, membre du groupe parlementaire LIOT (Libertés, Indépendants, Outre-Mer et Territoires), ne cache pas sa colère en découvrant que le Traité de coopération bilatérale France-Italie en débat à l’Assemblée nationale, le 28 juillet, ignore la Corse ! Ce traité dit du Quirinal, signé à Rome le 26 novembre 2021 par le Président de la République, Emmanuel Macron, et le Président du Conseil des ministres italiens, Mario Draghi, vise à favoriser la coopération des régions frontalières terrestres. Assez rare dans le cadre communautaire, il définit une stratégie de coopération en matière de diplomatie, de défense, d’économie, de développement durable, de transition numérique et environnementale, de culture, d’éducation…
 
Un accord positif
Jusque-là, rien de répréhensible pour le député corse, bien au contraire, il apporte au traité tout son soutien et celui du groupe LIOT. « Notre groupe est très attaché à la construction européenne et au développement de partenariats les plus approfondis possibles avec nos voisins, tant sur le plan économique, commercial, culturel, éducatif ou diplomatique. Nous accueillons, donc, ce traité positivement », déclare Michel Castellani. D’autant plus, ajoute-t-il que « notre partenariat avec l’Italie est crucial. Les liens entre la France et l’Italie sont particulièrement anciens. Les deux pays sont, d’abord, des membres fondateurs de la construction européenne au sein de la Communauté européenne du charbon et de l’acier, puis de la Communauté économique européenne, enfin de l’Union européenne. A eux deux, ils représentent près d’un tiers des citoyens de l’Union européenne et de son PIB (Produit intérieur brut). Les liens économiques entre les deux pays sont très solides. La France est, aujourd’hui, le premier employeur et investisseur étranger en Italie. L’Italie est aussi un pays avec lequel nous partageons souvent une vision commune au niveau européen, en particulier en matière de modèle social ». Donc, estime-t-il, ce traité envoie « un signal fort » puisque l’Italie est seulement le second pays après l’Allemagne avec lequel un tel traité est signé.
 
Un manque scandaleux
Mais là où le bât blesse, c’est l’absence totale de la Corse dans cet accord ! « Notre groupe regrette toutefois un manque important : la Corse ! L’article 10 du traité du Quirinal incite à la coopération transfrontalière franco-italienne entre les collectivités, mais cela concerne principalement les bassins de vie frontaliers terrestres. Le traité ne mentionne pas la Corse et omet les frontières maritimes ». Le député nationaliste rappelle que la Corse est distante d’à peine 12 kms de la région autonome de Sardaigne et 30 kms de l’île d’Elbe et de la Toscane. « Pour tout vous dire, de la fenêtre de chez moi, je vois l’Italie tous les jours ! », s’exclame-t-il ! « La Corse est donc clairement une région transfrontalière avec l’Italie, un élément central dans la relation avec ce pays. Elle se situe géographiquement à l’ère tyrrhénienne. Historiquement, elle fut romaine, pisane, vaticane, génoise. Elle se construit en liens étroits avec les cités-états de la péninsule italienne. La langue corse appartient à la famille des langues romanes de l’ère italique ». Aussi juge-t-il « scandaleux que la Corse ne soit même pas mentionnée dans cet accord ! ». Et s’interroge sur les raisons de cette absence : « Soit, il s’agit d’éviter un irrédentisme qui est un pur fantasme ! Soit, il s’agit d’étouffer le possible rayonnement de la Corse dans les domaines économiques et culturels, et cela, c’est pour nous totalement inacceptable ! », comme il l’explique en vidéo :

Des échanges cruciaux
Pour Michel Castellani, le développement des échanges entre la Corse et l’Italie est crucial pour le développement de la Corse. « Nous souhaitons donc que le traité vise à approfondir ces partenariats avec les régions italiennes voisines, qu’il favorise le développement des partenariats publics et économiques, le développement des moyens de transport, le développement des échanges culturels, artistiques, littéraires et de coopération audiovisuelle, ou encore le développement des échanges universitaires et scientifiques entre la Corse et l’Italie. Nous souhaitons fortement que, dans son application, le traité aille dans ce sens et nous y veillerons ». En définitive, conclut-il, le traité du Quirinal pose une base de coopération entre la France et l’Italie. « Ce sera désormais au gouvernement et aux administrations de s’en emparer pour avancer collectivement et pour rendre ces coopérations réelles. Notre groupe soutient la ratification de ce traité et sera très attentif à ce que les coopérations proposées soient suivies d’effets concrets sur le terrain en Corse et dans l’ensemble des secteurs et territoires concernés ».
 
L’esquive ministérielle
Le moins que l’on puisse dire est que la Secrétaire d'Etat en charge de l'Europe, Laurence Boone, n’a visiblement rien à répondre et ne sait même pas quoi opposer à ce mécontentement fermement exprimé. Elle se veut très brièvement rassurante : « La stratégie frontalière, qui portera sur le territoire frontalier terrestre, mais également maritime, est dans un esprit inclusif, bien sûr ! Nous partageons avec l’Italie, non seulement des objectifs environnementaux et de développement économique soutenable, aussi pour l’espace méditerranéen. Ils se traduisent déjà par des coopérations concrètes sur l’espace frontalier, comme la lutte contre les pollutions marines qui est prévue par l’accord RAMOGE, tripartite avec Monaco, ou le projet Italie-France maritime financé par le programme INTERREG ». Avant d’éluder promptement la question : « Nous comptons sur vous pour continuer à donner de la chair à cette coopération, aussi pour la Corse ». Pas de quoi réjouir le député de Femu a Corsica qui commente sur son compte twitter : « Avà ùn avemu mancu più u baccalà per Corsica ! ».
 
N.M.
 













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