Corse Net Infos - Pure player corse

Grève dans la fonction publique : Cherté de la vie et prix des carburants qui flambent boostent l'intersyndicale à Bastia


Philippe Jammes le Mardi 29 Septembre 2026 à 18:20

Après les agriculteurs la semaine dernière, après les pompiers lundi, ce sont tous les secteurs de la fonction publique qui étaient dans la rue ce mardi à Bastia à l’appel d’une large intersyndicale. Entre 600 et 800 personnes ont défilé entre le palais de justice et la préfecture.



A Bastia, entre 600 et 800 personnes ont défilé derrière la banderole de l'intersyndicale.
A Bastia, entre 600 et 800 personnes ont défilé derrière la banderole de l'intersyndicale.

A 9h45, les observateurs se disaient entre eux que la manifestation ferait un flop. Mais Charles Casabianca, le secrétaire de l’UD CGT Haute-Corse, ne se montrait pas inquiet pour autant ce mardi matin devant le Palais de justice de Bastia. « Les syndicats ont appelé à la mobilisation, les salariés seront là. Ils sont disséminés ici et là, certains boivent encore le café à la terrasse des bars, mais dès que le cortège s’ébranlera, on sera nombreux », commentait-il.

Avisé le leader syndical, puisqu’entre 600 et 800 personnes s’élanceront vers 10h30 du tribunal, derrière une banderole de l’intersyndicale. Car tous les syndicats avaient répondu présent à ce qui représentait pour eux la vraie rentrée sociale : CGT, CFDT, CGC, FO, FSU, Solidaire, STC, UNSA. S’y étaient joints aussi, comme d’habitude, les partis politiques PCF et LFI.

Un cortège pas vraiment uni, des espaces de plusieurs mètres séparant les différents syndicats. Mais au sein de ces groupes, de mêmes corporations : Enseignants, marins, postiers, techniciens en énergie, agents des finances, policiers, retraités, hospitaliers … « On se bat tous sur les mêmes problématiques, le salaire, les primes, les conditions de travail, à partir de là ces mots d'ordre nous réunissent », confiait Charles Casabianca serrant fermement la banderole d’une main, son drapeau de la CGT de l’autre. À ses côtés, Patrick Clémenceau du STC opine soulignant que «les agents publics ne sont pas les seuls concernés et que les salariés du privé sont également touchés par la crise ». Et Christophe Bertin de FO d'ajouter : « On est vraiment sur une mobilisation du monde des travailleurs, tous confondus, il n'y a pas que certains corps de métier, il y a là toute la fonction publique car c'est quand même une part importante de l’emploi en Corse, un salarié sur deux, ce n’est pas rien. »

Si le bas du cortège est bien silencieux, on s’agite derrière et en queue de cortège. La sono de la CGT crache ses chants traditionnels : Le chiffon rouge, Bella ciao et, nouveauté, du sirtaki !  «Un message pour le président Macron d’aller se faire voir chez les grecs », ironise un cégétiste. Peu de slogans seront toutefois scandés. De temps à autre un « Macron démission » s’échappe du défilé entre deux coups de klaxon d’un poids lourd. Mais même si le défilé se déroule tranquillement, sur les visages transparaissent colère et détermination. « On en a marre », râle une enseignante sous la bannière de la FSU : « Aujourd’hui, on le constate tous, les fins de mois sont de plus en plus difficiles, beaucoup de gens sont dans le rouge et tout en travaillant on s'appauvrit. Cherchez l’erreur. Tout ce qui est produits de première nécessité est plus cher que sur le continent malgré la continuité territoriale. Et bien sûr ça s’aggrave avec l'augmentation du prix de l'essence ».

Les revendications sont multiples et les différents leaders syndicaux les énuméreront devant les grilles de la préfecture de la Haute-Corse chacun à leur tour : Revalorisation des salaires, des pensions et des minima sociaux, de la prime d’insularité avec extension à l’ensemble des salariés du secteur privé et des retraités, blocage des prix, baisse de la TVA, plan d’urgence de logements sociaux, plafonnement des loyers, renforcement des services publics de proximité dans la santé, défense des services publics, des acquis sociaux, des emplois, meilleures conditions de travail…

Une première manifestation qui ne devrait pas être la dernière puisque le budget sera en débat dans les heures qui viennent à l’assemblée nationale et nul doute qu’il ne fera pas l’unanimité, loin de là.