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Fabien Rocca-Serra: de son confinement en Espagne au label d'espace protégé de la réserve de Scandola


Jean-Paul-Lottier le Dimanche 7 Juin 2020 à 16:57

Chef d'entreprise à Calvi, spécialisé dans le tourisme de loisirs, Fabien Rocca-Serra revient sur ses deux mois de confinement passés en Espagne et surl'affaire du label d'espace protégé de la Réserve de Scandola suspendu en plein confinement sous le motif d'une "surfréquentation touristique qui aurait des répercutions non-maîtrisés sur la biodiversité".



Fabien Rocca-Serra (Photos Eyefinity Prod/Kevin Guizol
Fabien Rocca-Serra (Photos Eyefinity Prod/Kevin Guizol

Installé sur le port de plaisance Xavier-Colonna de Calvi, chef d'entreprise associé de Tramare e monti, spécialisé dans le tourisme de loisirs incluant des activités maritimes et terrestres comme par exemple des excursions en mer, location de bateaux, deux-roues, quad, randonnées.... Fabien Rocca-Serra a beaucoup de choses à dire sur ces derniers mois qui ont chamboulé le cours de sa vie. " Bien évidemment, cette pandémie mondiale de Coronavirus a changé le cours de notre vie et aura des répercussions graves, voir irréversibles pour certains. Pour ma part, j'ai rejoint Madrid en Espagne le 12 mars dernier pour rejoindre ma compagne. Le lendemain de mon arrivée, le confinement était décrété par le Gouvernement espagnol. J'avais bien évidemment le choix de revenir tout de suite en Corse mais il n'était pas question de laisser seule ma femme. C'était mon choix. Ce confinement était drastique avec interdiction de sortir si ce n'est que pour faire quelques courses. Quand vous vous retrouvez dans une ville de plus de 6 millions d'habitants complètement désertée avec les volets des habitations fermés, vous vous retrouvez dans une situation vraiment anxiogène. À mon retour en Corse il m'a fallu quelques jours pour me remettre avant d'affronter tous les problèmes administratifs et financiers".
Fabien Rocca-Serra poursuit en évoquant cette fois la situation de son entreprise, de la saison touristique et de l'après virus.

La Balagne en perte de vitesse depuis 2015

Nous avons envisagé tous les scénarios possibles et imaginables et nous essayons d'apporter des réponses mais ce n'est pas chose facile. On sait tous qu'il n'y aura pas de saison touristique. Au mieux nous aurons 45 jours pour sauver ce qui peut encore l'être. Avec le collectif des socioprofessionnel de Balagne auquel j'ai adhéré, nous nous attachons à mettre en place une stratégie en identifiant les problèmes pour notre microrégion et apporter des solutions, à commencer par le transport tant maritime que aérien que nous avons eu l'occasion d'évoquer depuis la naissance de ce collectif initié par Laurent Lafarge. Ce que nous voulons c'est des saison plus longues et que nos jeunes puissent rester et travailler chez eux.
Le coronavirus n'est pas la seule cause de nos ennuis aujourd'hui. La microrégion de Balagne est en perte de vitesse depuis 2015. Il y a incontestablement une désaffection sur la destination et ce pour plusieurs raisons. On l'a dit la première de celles ci est le transport mais pas que.
Au fil des années, nous n'avons plus qu'une carte postale à offrir aux vacanciers. Tout est fait pour ne pas inciter le touriste à venir avec un nombre incalculable  d'interdits comme la musique, les problèmes des paillotes, la disparition des discothèques, le bruit, les festivals comme COTR contestés, les lieux d'attractivité et tant d'autres choses qui font que l'on est tout sauf une station balnéaire. Il n'y a pas de véritable politique du tourisme en Corse. Aujourd'hui nous sommes au creux de la vague et le pire est à craindre dans les années à venir si rien n'est fait."


Poursuivant sur le volet de l'attractivité, Fabien Rocca-Serra aborde un autre dossier, celui de la réserve de Scandola qu'il connaît bien pour y transporter en bateau des touristes:

"En 1985, la  Réserve naturelle de Scandola avait obtenu du Conseil de l'Europe le Label d'espace protégé. En pleine épidémie de Coronavirus, les instances européennes concernées ont décidé de ne pas renouveler ce label valable jusqu'en septembre de cette année.  Le rapport d'experts précise que malgré les nombreuses recommandations faites, une surfréquentation touristique qui aurait des répercussions non maîtrisée sur la biodiversité  du site était en cause. En clair, c'est nous pêcheurs, bateliers, marins  et autres professionnels de la mer qui sommes pointés du doigt, et ça c'est difficilement supportable. Les chiffres avancés pour cette surfréquentation sont des plus fantaisistes" , précise le professionnel de la mer avant de rentrer plus dans le détail sur cette fréquentation de la Réserve et de commenter  l'annonce faite il y a quelques jours  sur une possible "ré attribution" de ce label!

Scandola est révélateur de ce qui se passe en Corse 
"Ce Label rappelons le avait été retiré car Scandola serait visité par 790 000 personnes par an et que le Balbuzard et la nature se meurent.
S’en suit, en plein confinement, une campagne de lynchage médiatique contre les professionnels de la zone : bateliers, pécheurs, loueurs de bateaux sont accusés de la destruction du site Unesco.
Mais durant cette période on apprend aussi que le chiffre de 790 000 visiteurs est fantaisiste (1 touriste sur 3 présent en Corse irait visiter Scandola qui n’est accessible que par la mer). Il s’agit en fait d’une estimation des visiteurs de Scandola, Girolata et de la route des calanches de Piana (en voitures, 2 roues et bus). 
Dans la foulée, le Parc Naturel Régional Corse nous apprend que les résultats d’une étude viennent de révéler que 12 bébés balbuzards sont nés en 2019 en Corse ce qui en fait l’année la plus prolifique depuis 2011.
Il devient difficile de parler de sur-fréquentation et de trouver des solutions si les chiffres de la fréquentation sont complètement opposés (790 000 personnes selon l’Europe, 1,2 Millions selon les médias et les association écologistes Corses, 300 000 selon la capitainerie de Girolata. C’est un grand écart sur une donnée importante).
Il est aussi difficile de parler de nuisances directes si les rapports d’études sont contradictoires (le balbuzard disparaît mais il y a bien plus de naissances).
Scandola est révélateur de ce qui se passe en Corse. Ce dont nous avons besoin c'est de la confiance. Nous ce que nous voulons c'est apporter des solutions et rien d'autres."



Le Conseil Européen prêt à revoir sa copie sous condition 
Dans ce rebondissement de l’Affaire Scandola, le courrier du Conseil de l’Europe tweeté par le député Européen François  Alfonsi, affirme qu’il est prêt à revoir sa copie si notamment une limitation des flux est imposée aux Bateliers. 
"C’est encore particulièrement surprenant - ajoute Rocca-Serra - car si les bateliers ne transportent pas 790 000 visiteurs imaginaires, ils ne sont pas non plus cités dans le rapport initial de l’Expert Européen de 2019 qui cible plutôt les plaisanciers qui ne s’acquittent pas de la taxe Barnier, et ils ne sont pas non plus responsables de 100% du trafic maritime de Scandola. 
On peut facilement imaginer que si l’on restreint les « transports en commun avec chauffeurs et les taxis» (bateaux à passagers et petits zodiacs), on aura beaucoup plus de trafic de plaisanciers inexpérimentés et livrés à eux-même à Scandola.
Dans tous les cas, je ne vois pas bien le bénéfice attendu pour la Corse et la nature de tous ces voltes face et effets d’annonces".


















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