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En Spelunca-Liamone, le patrimoine prend vie sur smartphone


Saveria Valle le Mardi 22 Septembre 2026 à 11:14

Huit personnages inspirés de l’histoire, des légendes et du patrimoine local ont pris place en Spelunca-Liamone. Avec Cryptors in the City, l’Office de tourisme intercommunal Ouest Corsica mise sur le jeu et le numérique pour inviter visiteurs et habitants à parcourir autrement le territoire.



Ils se cachent désormais quelque part en Spelunca-Liamone, au détour d’une ruelle, d’une place ou à proximité d’un site patrimonial. Huit mosaïques en pixel art attendent leur public. Derrière chacune d’elles se trouve un « Cryptor », un personnage virtuel capable de raconter son histoire, de répondre aux questions et de soumettre quelques énigmes à celui qui le rencontre.

Le dispositif a été présenté le 15 septembre à Piana autour d’une première figure emblématique : Danielle Casanova. Enfant du village et résistante, elle prend désormais la parole à l’entrée de la salle polyvalente et de la bibliothèque qui porte son nom. Autour de Louis de Carolis, fondateur et président de Cryptors in the City, la maire de Piana Aline Castellani, le maire de Murzu François Paoli et les représentants de l’Office de tourisme intercommunal ont pu tester le dispositif. L’objectif est de « concilier tourisme ludique et mémoriel », résume Mario Zannier, président de l’OTI Ouest Corsica. À l’aide d’un smartphone ou d’une tablette, il suffit de repérer la mosaïque puis de la scanner avec l’application. Grâce à l’intelligence artificielle, le personnage apparaît, échange avec le joueur et l’entraîne progressivement dans l’histoire. « Il s’agit de proposer un moyen alternatif de découvrir le territoire Spelunca-Liamone en modernisant le tourisme. Le public découvre de manière ludique et interactive une partie du patrimoine historique, naturel ou culturel de la microrégion » poursuit Mario Zannier.

Une chasse au trésor entre mer et montagne

Le choix des personnages et leur implantation n’ont pas été laissés au hasard. « L’idée est d’inciter le public à sillonner la Spelunca-Liamone, des villages de montagne au littoral, sur les traces des premiers Cryptors que nous avons choisi d’implanter en fonction des spécificités des premières communes équipées. Ce dispositif s’inscrit dans la ligne que nous défendons à travers chacune de nos actions : répartir le tourisme sur l’ensemble du territoire et inciter les visiteurs à découvrir les villages de l’intérieur autant que le littoral. Dans une microrégion aussi vaste, chaque lieu porte une mémoire, un intérêt patrimonial ou historique », expliquent Mario Zannier et Céline Bonzom, directrice de l’OTI.
 

La Spelunca-Liamone devient ainsi « une véritable chasse au trésor qui s’adresse à tous les publics, aux visiteurs comme aux habitants », soulignent les représentants de l’office. Ces derniers insistent d’ailleurs sur cette double vocation du dispositif : servir l’attractivité touristique du territoire, mais aussi permettre à ceux qui y vivent de mieux connaître leur propre microrégion, son histoire, ses légendes et son patrimoine. Lesquels se répondent au fil du parcours. À Portu, Ulysse raconte son Odyssée corse sur une côte qu’il aurait longée.

À Piana, Danielle Casanova revient sur son histoire tandis qu’à Calcatoggio, Nonce Romanetti relate sa vie romanesque. À Evisa, le mouflon défend le patrimoine naturel ; à Murzo, capitale du miel, les abeilles livrent leurs secrets. À Cargèse, les tours génoises racontent plusieurs siècles d’histoire. À Soccia, le diable explique la naissance du lac de Crenu tandis qu’à Salice, les mazzeri prennent la parole… sans jamais tout révéler.

Pour l’heure, huit Cryptors sont à retrouver sur le territoire. Deux autres devraient prochainement compléter la collection sur le site archéologique de Sant’Appianu, à Sagone, actuellement en cours d’aménagement : Gustave Flaubert et Prosper Mérimée.

Gratuite, l’aventure suppose simplement de télécharger l’application Cryptors in the City et de partir à la recherche des mosaïques. Leur localisation exacte reste volontairement à découvrir. Car le principe tient aussi à cela : avant de faire parler le patrimoine, il faut aller à sa rencontre.