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Déconfinement - Comme à Notre Dame de Lourdes de Bastia, les églises rouvrent leurs portes


Philippe Jammes le Samedi 23 Mai 2020 à 17:54

A la suite du décret publié au Journal Officiel de ce samedi 23 mai, les lieux de cultes rouvrent au public. En Corse, de nombreuses églises vont progressivement reprendre les célébrations interrompues subitement au début du Carême. Mais toutes ne rouvriront pas ce dimanche.
CNI est allé à la rencontre du Père Georges Nicoli, curé de Notre Dame de Lourdes à Bastia pour savoir dans quelles conditions l’accueil des fidèles allait se faire.



Dès ce dimanche, le père Georges Nicoli va retrouver ses fidèles en son église de ND de Lourdes
Dès ce dimanche, le père Georges Nicoli va retrouver ses fidèles en son église de ND de Lourdes

- Père Nicoli, peut-on parler d’un retour à la liberté ?
- Bien sûr je me réjouis que nos fidèles puissent se réapproprier leurs églises. Je déplore juste la précipitation. De même qu’on nous avait obligé de fermer nos églises un samedi soir, en plein carême, alors que les célébrations du dimanche avaient été préparées, de même on nous annonce la réouverture des églises au public un samedi. Il a donc fallu tout de suite mettre en œuvre les réglementations requises.


- Justement, quelles consignes ?
- Nous avons reçu un document émis par le Conseil des évêques de France qui nous explique comment mettre en place l’accueil du public. Il s’agira de mettre en place des gestes, aujourd’hui presque naturels : pas d’embrassades, pas de geste de la paix, communion sur la main. Tant que le virus sera là, on sera toujours un peu compressé.


- Un quota de places dans les églises ?
- Le quota sera en fonction du nombre de places des églises. On part sur une  personne  par banc, avec un banc libre devant et derrière. 40 places seront donc disponibles à Notre Dame de Lourdes. On a aussi mis en place une signalétique et des personnes seront chargées de l’accueil à l’entrée. Elles vérifieront que les fidèles utilisent le gel hydroalcoolique, qu’ils en disposent sur eux car ils en auront besoin à la communion, qu’elles possèdent un masque. Comme nous ne pouvons accueillir que 40 personnes à la fois, ce dimanche nous aurons 2 messes : à 9 heures et 11 heures. Ensuite dans la semaine le cycle va reprendre son cours, toujours dans les mêmes conditions sanitaires mais sachant qu’en semaine il y a beaucoup moins de monde.


- Que retenez-vous de cette période de confinement ?
- D’un point de vue pratico-pratique, on a eu une période très difficile au début car coupés dans notre élan du Carême, un samedi soir, et la mise en place du confinement, du jamais vu ! Il y a eu un temps d’adaptation, de léthargie, puis une reprise des activités avec une messe quotidienne diffusée sur les réseaux sociaux. J’ai entretenu une activité pastorale, certes sur la base d’une relation virtuelle, mais tout aussi concrète. Cela m’a permis de faire de nouvelles connaissances. Cela a permis à ces personnes de faire un bout de chemin spirituel, de redécouvrir la parole de Dieu, la célébration eucharistique, pour certains un enracinement dans leur vie de prière, leur vie de foi. Il y a donc une part de positif. La part de négatif c’est d’avoir été coupé d’une communauté au sens physique du terme. C’est toujours très complexe. Le virage qu’on va prendre ces jours prochains va nous dire comment ces personnes se sont comportées dans le confinement et ont vécu cette période. Nous hommes d’église, on est là pour les accompagner dans ce redéploiement de la vie. Des marques vont restées, c’est indéniable. Il nous faudra les accompagner tantôt dans la joie, tantôt dans la peine. Je pense à toutes ces personnes qui ont vécu un deuil avec des funérailles particulières, aux malades aussi.


- Beaucoup de jeunes qui ne vont pourtant pas à la messe, vous ont suivi sur FaceBookun retour à la foi pour eux ?
- Réamorcer la foi ? Je suis très prudent sur le sujet. En tout cas cela a permis à certains jeunes d’avoir un contact avec l’église, contact qu’ils n’avaient pas ou plus. Ça c’est positif. Maintenant, la jeunesse est modelée sur une société de zapping et donc le défi pour elle c’est de se demander à travers les fruits récoltés par rapport à ces rencontres, à travers l’écran, quel sens va prendre leur vie aujourd’hui.


Etre un prêtre jeune, vous rapproche t-il de la jeunesse ?
- Oui, ça facilite. J’ai l’habitude des réseaux sociaux et ça aide à communiquer. Mais il faut s’adapter psychiquement, spirituellement pour le vivre à travers un écran. La jeunesse est un atout pour aborder les thèmes qui leur sont chers. Ils peuvent venir me voir, je peux poser un regard objectif sur leur vie, un autre regard.   


- Le Covid a-t-il changé quelque chose en nous ?
- Déjà il nous a révélé que la vie, la société est fragile. On ne peut plus vivre en consommant et en jetant, en avalant tout et en le rejetant. Si on zappe cette période, c’est que nous sommes des consommateurs passifs. Ca nous a servi un temps et maintenant on passe à autre chose ! Ce serait un peu dommage ! On aurait été confinés pendant 60 jours pour revenir à une vie sensiblement identique à celle d’avant ? ce serait vraiment dommage. On peut se dire au contraire que c’est l’occasion d’aller voir un prêtre, un homme d’église pour pouvoir en discuter.  «Voilà ce qu’a été ma vie jusqu’à présent, il y a eu le coronavirus et ce confinement  a éveillé en moi des questions, des doutes. La parole que vous avez délivrée tous les jours a-t-elle eu un impact  sur moi ? ». Notre mission d’hommes d’église est de permettre aux gens de se structurer dans une relation sociale publique de tous les jours où ils vont apprendre à exercer la charité, le partage, la tolérance, le souci du plus pauvre et en même temps se nourrir de tous ces évènements pour leur vie de foi. On a applaudi tous les soirs, on a sonné les cloches, on s’est occupé de gens qui ne pouvaient pas faire leur courses, on a fait preuve de tout plein de solidarité, ce serait dommage que celle-ci disparaisse. Ce serait dommage de se dire « On a accompli un devoir, notre conscience s’est tranquillisée, maintenant on passe à autre chose ». Non, au contraire ! On doit se demander pourquoi tous les soirs on a tapé sur des casseroles pour les soignants, pour une reconnaissance de leur métier, un métier hélas pas reconnu à sa juste valeur. Tout ceci doit prendre un sens dans le temps, mais c’est difficile. En fait la relation entre les hommes n’a pas trop changé. La grande révolution n’est pas arrivée. Mais je suis un homme d’espérance et je crois que si déjà quelques uns d’entre-nous peuvent se servir de ces moments pour se dire « Comment me suis-je  structuré dans ces temps là ? Le monde c’est nous qui allons le changer, pas le gouvernement, pas l’Etat .


















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