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Bastia : le projet corse de dépistage du cancer du poumon ACAPULCO, validé par les Américains d'AstraZeneca


Philippe Jammes le Jeudi 2 Décembre 2021 à 15:00

Chaque année le cancer du poumon, première cause de décès par cancer fait des ravages en France (33 117 en 2018), et notamment en Corse. Sur l’île on note une surmortalité par rapport au continent : 250 victimes par an, dont une majorité de femmes. Pour enrayer ce fléau, le projet de dépistage ACALPUCO* , mis au point en Corse, vient d’être validé par le laboratoire américain AstraZeneca. Ce protocole de recherche, en route depuis quelques jours, a été présenté à Bastia ce jeudi 2 décembre, une expérimentation régionale unique en France.



L'expérimentation ACAPULCO présenté ce jeudi au siège du CRCDC à Bastia
L'expérimentation ACAPULCO présenté ce jeudi au siège du CRCDC à Bastia

Autour de la table pour le présenter Joseph Orabona, radiologue à Bastia, Franck Le Duff, médecin, directeur du CRCDC Corse (Centre de coordination corse de dépistage des cancers), Sauveur Merlinghi, médecin à Ajaccio, Marie-Dominique Battesti, médecin, secrétaire du comité de lutte contre le cancer de Corse-du-Sud, Claudia Antoni assistante de recherche clinique et Paul Gautard, assistant de recherche clinique. Tous participent à ce projet ACAPULCO pour  Agir contre le CAncer PULmonaire en COrse. Ils ont reçu aussi le concours et l’aide de très nombreux professionnels de la santé notamment Christian Sain, tabacologue en Haute-Corse et Marguerite Costa, son homologue en Corse du sud, qui interviennent sur le sevrage du tabac.


« Ce projet a débuté il y a déjà quelques semaines » intervient en premier Joseph Orabona, « mais le Covid a bien ralenti les choses et on passe vraiment en phase opérationnelle aujourd’hui ». Ce projet ACAPULCO est une réponse à un appel d’offres du laboratoire américain Astrazeneca sur le dépistage du cancer du poumon. « Le dossier a été réalisé par Franck Le Duff. Un dossier bien ficelé qui a répondu aux attentes du laboratoire et obtenu son financement avec l’aide aussi de l’ARS de Corse, la ligue contre le cancer et d’associations médicales ». Avec ce projet, la Corse figure comme la seule région de France à réaliser une expérimentation. Elle concerne la tranche d’âge 50/74 ans, des personnes** qui consomme du tabac depuis au moins 30 ans ou qui ont moins de 15 ans de sevrage tabagique ».


Les objectifs du projet
« L’objectif principal est de démontrer la faisabilité d’une étude permettant de connaitre le nombre total de cas de cancers du poumon en population générale et ainsi démontrer l’importance de la mise en place d’un dépistage organisé en Corse, région avec un taux de mortalité par cancer pulmonaire supérieur à la moyenne nationale » explique le docteur J. Orabona. Ce projet a été validé par le Comité de Protection des Personnes du Sud-Ouest et Outre-mer et bénéficie du soutien de nombreux professeurs, de l’Union Régionale des Médecins Libéraux de Corse, les Conseils départementaux de l’Ordre des médecins et tous les professionnels de santé publics et privés de Corse.


Les intérêts du projet
Ce projet ACAPULCO, sur une durée de 3 ans doit permettre de :
  • Tester le dépistage du cancer du poumon sur le territoire corse
  • Compléter et enrichir des éléments de connaissance dans un contexte français
  • Sensibiliser la population aux méfaits du tabac
  • Evaluer l’impact de l’amiante, du radon, du tabac et des pollutions maritimes panaches de fumées dans les ports d’Ajaccio et Bastia), sur la santé des personnes.
« Ce cancer du poumon est malheureusement trop présent sur notre île » souligne Franck Le Duff, « Il fait 250 victimes par an en Corse, et chaque année on récence 250 nouveaux cancers. Les femmes en sont les principales victimes. On a une surincidence par rapport au continent, notamment chez les femmes : + 38% par rapport au niveau national, 9% chez les hommes. Une étude européenne, belge et hollandaise, le rapport Nelson démontre que lorsque les cancers du poumon sont diagnostiqués à un stade précoce, les patients peuvent être guéris, le plus souvent par chirurgie thoracique peu invasive ». Pour le docteur Orabona, cette étude Nelson a été « le véritable déclencheur du projet ».


Dans le programme ACAPULCO, le dépistage se fait par scanner thoracique peu irradiant, un scanner sur injection low dose. « Ce dépistage permettra de réduire la mortalité par cancer du poumon mais également la mortalité générale » ajoute F. Le Duff. « Ce dépistage revêt donc un grand intérêt pour la population corse, mobilise les principaux acteurs médicaux, fait participer les médecins libéraux à une mission de dépistage en association avec les acteurs des centres hospitaliers d’Ajaccio et Bastia, diffuse largement une information contribuant à la lutte contre l’usage du tabac et compare les zones d’influence des principaux polluants connus pour lutter contre le cancer du poumon. »


Les principales phases du dépistage
C’est via un généraliste ou un pneumologue que l’on peut intégrer cette étude sur 3 ans. Selon le résultat du scanner low dose, plusieurs voies seront à suivre :
  • Résultat négatif du scanner : un nouveau scanner sera effectué 1 fois par an sur 2 ans.
  • Résultat positif (nodule suspect) : un nouveau scanner est proposé dans les 3 mois car tous les nodules ne sont pas des cancers. Si le résultat est cette fois négatif, on reprend le processus ci-dessus. Si le résultat est de nouveau positif, un pneumologue indiquera la marche à suivre en concertation avec plusieurs professionnels de la santé.              
        
« On comprendra encore mieux l’importance de ce dépistage en sachant qu’en Corse le cancer du poumon vient largement devant le cancer du sein » commente le docteur Merlinghi. « Cet outil qu’on offre peut sauver énormément de vies. Grâce aux nouvelles technologies on peut en effet aujourd’hui en sauver beaucoup plus qu’avant ».
Cette expérimentation, nos spécialistes l’estiment devoir porter sur 800 à 1000 patients. « On doit avoir en effet un certain poids de statistiques » précise le Docteur J. Orabona.
Dans ce projet deux personnes ont aussi un grand rôle à jouer, les ARC, Assistants de Recherches Cliniques ; « Notre rôle est d’aller voir les différents médecins généralistes, pneumologues ou radiologues pour leur présenter le projet et inciter leurs patients à prendre part à l’expérimentation. La seule contrainte pour un patient est d’effectuer 3 examens sur 3 ans » explique Claudia Antoni.
 
 
 
* CRCDC-CORSE Projet ACAPULCO - 25 Ter Rue Luce de CASABIANCA 20200 BASTIA 04 95 34 56 78 – courrielweb
 
**Sont exclus de l’expérimentation, les patients qui ont été hospitalisés pour cause de Covid et placés en réanimation
 
 















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