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Bastia - Une plaque en hommage au pompier François-Marie Ercole, 80 ans après sa mort


Léana Serve le Mercredi 23 Septembre 2026 à 13:03

Une plaque commémorative a été dévoilée ce mercredi au Fort Lacroix, à Bastia, là où le pompier François-Marie Ercole a perdu la vie le 23 septembre 1946, à l’âge de 34 ans, lors de l’explosion de munitions alors qu’il intervenait sur un feu de maquis. 80 ans après sa mort, cet hommage vient rappeler le souvenir du premier sapeur-pompier corse mort au feu.



(Photos : Gérard Baldocchi)


80 ans après sa mort, son nom est enfin inscrit sur les lieux où il a perdu la vie. Ce mercredi, au Fort Lacroix, à Bastia, une plaque commémorative a été dévoilée en hommage à François-Marie Ercole, le premier sapeur-pompier corse mort au feu. Une quarantaine de personnes, parmi lesquelles Gilles Simeoni, maire de Bastia, Arnaud Millemann, secrétaire général de la préfecture de Haute-Corse, des représentants des forces de l’ordre, des sapeurs-pompiers et des membres de la famille de François-Marie Ercole, se sont réunies pour rendre hommage à celui dont l’histoire était, jusqu’ici, restée largement absente des lieux mêmes où il a péri. « Personne ne savait qu’un sapeur-pompier était décédé ici », a rappelé l’adjudant-chef Luc Pasquali, animateur de la commission histoire au sein de l’Union départementale des sapeurs-pompiers de Haute-Corse.
 

François-Marie Ercole avait 34 ans. Ancien soldat, il venait de rentrer de la zone d’occupation après avoir combattu lors de la Seconde Guerre mondiale lorsqu’il s’engage chez les sapeurs-pompiers. Le 23 septembre 1946, il est appelé, avec trois autres pompiers, sur « un feu de maquis au Fort Lacroix, qui était le dépôt de munitions de l’armée ». « Ils ont laissé le véhicule à l’entrée du fort, et comme il n’y avait pas énormément de matériel, ils sont montés avec des pelles, des pioches et ils ont commencé à éteindre le feu », raconte l’adjudant-chef Luc Pasquali. Mais ils constatent rapidement « qu’en plus du feu de maquis, il y avait des lueurs provenant de la soute du dépôt de munitions ». « Les munitions étaient en train de brûler, et quand ils se sont approchés, tout a explosé. Ses trois camarades ont été légèrement blessés, mais François-Marie Ercole était très proche de l’explosion, et il a été emporté et projeté bien plus loin que ses camarades », poursuit le sapeur-pompier.
 

Dans les jours qui suivent son décès, un hommage lui est rendu à Bastia, et une plaque est notamment installée au théâtre, alors caserne des sapeurs-pompiers de la ville. Mais cette plaque finit par disparaître au fil des décennies, et au Fort Lacroix, rien ne rappelle alors la mort de François-Marie Ercole. 80 après les faits, l’hommage est ainsi renouvelé avec l’installation d’une nouvelle plaque, cette fois sur le lieu même où il a perdu la vie. « Jusqu’à présent il n’y avait jamais rien eu sur les lieux de son décès. Il était très important d’installer une plaque pour le devoir de mémoire », souligne l’adjudant-chef Luc Pasquali.
 

Après le dépôt des gerbes et la bénédiction de la plaque, le maire de Bastia a pris la parole pour parler d’un « travail de reconstitution et de mémoire qui nous a transportés 80 ans en arrière et qui permet, l’espace d’un instant, de nous imaginer cet homme, ayant survécu aux horreurs de la guerre, et enthousiaste de se projeter dans le métier de pompier ». « On peut imaginer cette soirée, où il s’est rendu avec ses camarades sur ce lieu pour combattre le feu et où il a été cueilli dramatiquement par cette explosion », a indiqué Gilles Simeoni avant d’insister sur le fait « qu’à travers cette cérémonie, la mémoire de François-Marie Ercole est toujours vivante ». De son côté, le secrétaire général de la préfecture a rappelé que « cet hommage s’adresse aussi à ceux qui portent avec fierté l'uniforme des sapeurs-pompiers ». « Il est tombé en faisant son devoir, la nation se souvient, et parce que la mémoire est une forme de reconnaissance, nous continuerons chaque année à nous souvenir. »