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Après la colère des agriculteurs, l’État promet une « revoyure » des aides du plan CASI et de nouvelles discussions


MP le Jeudi 24 Septembre 2026 à 20:52

Après une journée de mobilisation d’ampleur dans toute l’île, dans un communiqué les services de l’État ont détaillé ce jeudi soir les suites données aux discussions menées durant plusieurs heures avec les représentants du monde agricole à Ajaccio et Bastia.



(Photo : Léana Serve)
(Photo : Léana Serve)
Après plusieurs heures de discussions et une journée de mobilisation des agriculteurs aux quatre coins de l’île, dans un communiqué publié ce jeudi soir, le préfet de Corse, Éric Jalon, et la préfète de Haute-Corse, Véronique Deprez-Boudier, sont revenus sur les différents points abordés avec la Chambre d’agriculture, l’Odarc, la MSA, la Safer et les syndicats agricoles reçus dans la journée à Ajaccio et Bastia, au sujet du plan CASI, dont l’enveloppe attribuée à la Corse a cristallisé la colère de la profession ces dernières semaines.  Sur les 235 millions d’euros prévus au niveau national dans le fonds de réarmement agricole, 1,3 million doit pour l’heure revenir aux exploitants insulaires. Une somme très loin des besoins estimés par les exploitants insulaires, mais qui pourra encore évoluer affirment les préfectures en assurant que le montant « fera l’objet d’une revoyure ». Dans l’attente, le dispositif va commencer à être déployé dès ce vendredi avec « l’objectif d’effectuer le plus grand nombre de paiements au 1er décembre », indiquent les services de l’État.
 
À cette enveloppe pourront également s’ajouter les sommes versées dans le cadre de l’indemnisation de solidarité nationale (ISN). Leur montant ne sera toutefois connu « qu’à l’issue des récoltes ». La préfecture rappelle qu’en 2023, les agriculteurs corses avaient perçu 1,4 million d’euros à ce titre. Elle souligne par ailleurs que la prise en charge exceptionnelle des cotisations sociales agricoles, annoncée cette année au niveau national, existe déjà chaque année dans l’île et représente « un soutien de 2 millions d’euros par an ». 
 
Mais les discussions de ce jeudi ne se sont pas arrêtées à l’urgence de la sécheresse et ont abordé « plusieurs enjeux structurants pour l’avenir de l’agriculture », indiquent les préfectures. Plusieurs problématiques soulevées depuis longtemps par les agriculteurs ont ainsi été abordées, à commencer par celle de l’eau. « L’État a rappelé le soutien qu’il apporte, dans le cadre du plan de transformation et d’investissement pour la Corse (PTIC) aux travaux conduits par l’Office d’équipement hydraulique de Corse (OECH) pour renforcer les capacités de stockage d’eau sur l’île. Sur la période 2022-2025, 45 millions d’euros ont été mobilisés, permettant de financer des projets tels que la rehausse des barrages de Codole et Figari et la création de réseaux de transfert d’eau en Plaine orientale », précisent les préfectures. 
 
Une question particulièrement importante pour le monde agricole après plusieurs années de sécheresse successives. À la sortie des discussions, le président de la Chambre d’agriculture, Jean-Baptiste Arena, avait d’ailleurs insisté sur la nécessité d’accélérer certains projets, en prenant notamment l’exemple du futur barrage d’U Madrale di Vadina, dans la Plaine orientale. « Il va falloir gagner du temps », avait-il martelé. Une réunion entre les services de l’État, l’OEHC et les représentants de la profession doit ainsi être programmée afin « d’établir un état précis des travaux engagés et à venir », avec pour objectif de « consolider les ressources en eau de l’île». 
 
 
Les discussions ont également fait émerger un chiffre particulièrement parlant. À l’heure actuelle, seuls six agriculteurs en Corse ont souscrit une assurance récolte, indiquent les deux préfets de l'île, en précisant que l’État peut prendre en charge jusqu’à 70 % des cotisations. Une réunion avec les assureurs doit donc être organisée « dans les prochains jours » afin de tenter « d’élargir le recours à l’assurance récolte » par les agriculteurs corses. 
 
Par ailleurs, les agriculteurs avaient également insisté durant les échanges sur les difficultés qu’ils disent rencontrer avec certaines procédures administratives. Sur ce point, les services de l'État assurent que les directions départementales des territoires se tiendront « à disposition des acteurs pour examiner les dossiers les plus complexes, notamment en matière d’urbanisme ». 
 
Reste enfin le rendez-vous obtenu à l’échelle nationale. Mercredi 30 septembre, une délégation de représentants des agriculteurs corses sera reçue par le cabinet de la ministre de l’Agriculture. La préfecture confirme que seront également présents « des directeurs des administrations centrales concernées et de l’Agence de services et de paiement (ASP) ». « Cette réunion sera l’occasion de poursuivre le dialogue sur les enjeux conjoncturels et structurels de l’agriculture corse », indiquent encore les deux préfectures.