Bergère, chevrière et fromagère en Balagne, Letizia Giuntini est bien plus qu'une simple gardienne des traditions rurales corses. Auteure, compositrice et interprète, elle a grandi bercée par le chant traditionnel et les mélodies du groupe A Filetta, une formation emblématique de sa région natale. "Depuis toute petite, la musique m’a toujours accompagnée, elle fait partie de mon identité," confie Letizia. Cette passion pour la musique l’a naturellement menée à intégrer des formations de polyphonies corses, parcourant les scènes européennes pour partager la richesse de son héritage.
Aujourd’hui, Letizia fait partie du trio Tintenne, où elle unit sa voix à celle du violoncelle d’Anne-Lise Herrera et aux percussions de Marjorie Maestracci. Ses compositions, mêlant le corse et le français, s’inspirent de divers styles musicaux, du rock au reggae en passant par la pop. Ses textes, véritable ode à la nature, à la vie et à la liberté, reflètent une vision sincère du monde sans jamais sombrer dans la moralisation. L’aventure qui lie Letizia Giuntini aux Violoncellistes de Moïta a débuté en 2018, lors des « Rencontres de Violoncelles de Moïta ». Créé il y a 24 ans, ce festival est devenu un rendez-vous incontournable pour les amateurs de musique classique et contemporaine. C’est là que Célia Picciocchi, figure emblématique des Rencontres, a eu l’idée d’arranger une composition de Letizia pour un orchestre de violoncelles. "Je connaissais Letizia depuis de nombreuses années et j’avais participé à plusieurs de ses enregistrements. On ne s’est jamais perdu de vue," raconte Célia. "Aux Rencontres de Moïta, tout est hors norme. Ce Festival rend possible toutes les improbabilités."
La rencontre entre la voix unique de Letizia et les violoncelles a été un véritable coup de foudre artistique. La collaboration a été si fructueuse qu’elle a donné naissance à un projet d’enregistrement. Cet été, en amont des Rencontres, l’album « Anima Terrania » (l’âme terrienne) a vu le jour. "J’ai écrit la partition et dirigé l’orchestre," explique Célia. "13 chansons sélectionnées par Letizia ont été orchestrées pour le violoncelle. Selon les titres, on compte 4, 8 ou 12 instruments. Cela donne une variété de couleurs. C’est un album très varié, en corse et en français avec différentes musicalités."
L’enregistrement de cet album a eu lieu dans l’église de Matra, non loin de Moïta, sous la direction artistique de Florence Gambini et avec Antoine Le Jouan à la technique. Malgré le soutien financier de la Collectivité de Corse et du Rezo, une cagnotte a été lancée pour compléter le budget nécessaire à la finalisation du projet. "Il reste encore à réaliser le mixage, la masterisation, la gravure du CD et le graphisme," précise Letizia.
Cette co-production entre l’association des violoncelles de Moïta et Musi’cal, une association calenzanaise, est attendue pour décembre. "Anima Terrania" s’annonce comme une œuvre unique, une symbiose parfaite entre la voix envoûtante de Letizia Giuntini et la profondeur des violoncelles, promettant un moment musical d’une rare intensité.