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Acqua Nostra : L’OEHC étend les réseaux d’eau brute du Nebbiu pour irriguer 250 ha de surface agricole supplémentaire


Nicole Mari le Mardi 25 Août 2020 à 21:13

L’Office d’équipement hydraulique de Corse (OEHC) a lancé, mardi matin, à Patrimoniu la deuxième phase des opérations de structuration et d’extension des réseaux d’eau brute du Nebbiu. Une première phase avait permis d’effectuer la jonction Oletta-Patrimoniu et, donc, l’irrigation de 220 hectares (ha) supplémentaires et le raccordement de 35 nouveaux abonnés. Dès septembre, débuteront les travaux sur les communes d’U Poghju d’Oletta, Rapale et Patrimoniu pour une période de 8 mois. Ils raccorderont au réseau 19 nouveaux abonnés dont 15 exploitants agricoles, et permettront d’irriguer 100 ha supplémentaires de surface agricole, avec une possibilité de 250 ha de surface irrigable. Explications, pour Corse Net infos, de Saveriu Luciani, conseiller exécutif et Président de l’OEHC.



La retenue d'eau de Padule qui dessert le Nebbiu.
La retenue d'eau de Padule qui dessert le Nebbiu.
- Vous lancez les travaux d’extension du réseau du Nebbiu. De quoi s’agit-il exactement ?
- Nous poursuivons l’aménagement hydraulique du Nebbiu décidé par la Collectivité de Corse et qui est déterminant pour le développement agricole. Une première phase de travaux d'extension du réseau d'eau brute avait effectué la jonction Oletta-Patrimoniu et permis l’irrigation de 220 ha et le raccordement de 35 nouveaux abonnés. À l’heure actuelle, 112 abonnés, dont 78 agriculteurs, sont raccordés au réseau du Nebbiu. Cette première jonction a augmenté de 700 ha environ la surface irrigable et de 220 ha la surface irriguée. L’OEHC s’engage, dès septembre, dans une deuxième phase de travaux de densification et de structuration du réseau sur les communes d’U Poghju d’Oletta, Rapale et Patrimoniu. Cela nous permettra d’alimenter en eau brute 19 nouveaux abonnés dont 15 exploitants agricoles et d’irriguer 100 ha supplémentaires de surface agricole, avec une possibilité de 250 ha de surface irrigable. Nous arriverons sur la zone du Nebbiu à avoir pratiquement 1000 ha irrigables. C’est énorme !
 
- En quoi consistent exactement ces travaux ?
- Il s’agit d’une opération d’extension du réseau actuel par trois antennes distinctes sur les communes de Poghju d’Oletta, de Rapale et de Patrimoniu, soit 4036 mètres linéaires de canalisations en fonte avec leurs équipements annexes. La pression maximale de service sera de 16 bars. Cette densification du réseau hydraulique d’eau brute du Nebbiu s’articule autour de deux infrastructures majeures : la réserve de Padula et sa station de pompage située sur la commune d’Oletta. Ce barrage, d’une capacité de 1,9 million de m3, est principalement alimenté par une prise située sur l’Alisgiu, mais aussi par les apports du bassin versant de son affluent, A Furmicaghola. La station de pompage, qui permet la remise en pression des eaux pour l’irrigation du périmètre agricole et l’alimentation en eau brute de l’Unité de production d’eau potable de San Fiurenzu, fera aussi l’objet, dans le même temps, d’importants travaux de remise à niveau des équipements électriques et hydrauliques.
 
- C’est-à-dire ?
- Notre souci est de moderniser la station de pompage qui distribue l’eau sur l’ensemble de la plaine pour qu’elle puisse répondre à des sollicitations plus fortes. Pour la partie électrique, il sera procédé à un remplacement des cellules « arrivée et protection du transformateur » ainsi que des armoires électriques de commande. Pour la partie hydraulique, il s’agira d’installer un dispositif de protection des canalisations, destiné à amortir les variations de pression provoquées par la fermeture rapide de vannes - dispositif dit « anti-bélier » -, une soupape de décharge et de nouveaux capteurs. L’objectif est de sécuriser l’alimentation et la pression de l’eau que nous distribuerons aux agriculteurs.
 
- Qui finance ?
- La Collectivité de Corse (CdC) est maître d’ouvrage de l’ensemble des travaux qui sont financés par le PEI (63% Etat / 37% CdC). L’investissement a été de 900 000 € HT sur la première phase et se monte à 415 000 € HT sur la seconde phase et environ 200 000 € HT pour la station de pompage. Nous engageons simultanément plus de 600 000 HT sur l’ensemble du Nebbiu. Le marché a été attribué à l’entreprise Raffalli PM. Les travaux débuteront en septembre pour durer 8 mois : 2 mois de préparation et 6 mois d’exécution. Les canalisations, les bornes et la station de pompage seront livrables et mises en service en avril 2021, c’est-à-dire en tout début de saison d’irrigation.  

Saveriu Luciani.
Saveriu Luciani.
- Dans le plan Acqua Nostra, le Nebbiu est considéré comme une zone vulnérable du point de vue climatique, et donc très sensible à la sécheresse. La retenue de Padula est-elle suffisante pour assurer les besoins ?
- Oui, sans équivoque ! Même si le Nebbiu apparaît aujourd’hui, à l’instar de la Balagna et de la plaine du Grand Bastia, le Cap et le Sud-Est, comme des zones où se manifestent de manière plus forte les effets du changement climatique, plus exposées à des périodes de sécheresse répétées, la véritable problématique posée par le plan Acqua Nostra dans le Nebbiu n’est pas, pour les années à venir, celle de l’augmentation de nos capacités de stockage de la ressource. Nous travaillons surtout à l’amélioration de la qualité de l’eau et à la sécurisation des aménagements existants. En clair, le barrage de Padula répond largement aux besoins actuels et futurs du Nebbiu. Précisons que les projections de l’OEHC tiennent compte des sollicitations en eau brute, tant au niveau agricole qu’en eau destinée à être potabilisée pour alimenter San Fiurenzu. Même avec la prise en compte des besoins et des prévisions de production à l’horizon 2050, les apports de l’Alisgiu et de la Furmicaghjola resteront suffisants. C’est peut-être l’un des seuls barrages de Corse à pouvoir garantir de l’eau à toute la zone, y compris dans le cas de deux années consécutives de sécheresse ! Pour autant, je l’ai redit, les Corses doivent opérer une révolution culturelle et culturale et changer radicalement leur rapport à l’eau. 
 
- Prévoyez-vous d’autres travaux dans cette zone ?
- Oui. Des travaux de mise en conformité réglementaire et de modernisation. Dans le cadre d’Acqua Nostra, nous avons mis en évidence la nécessité de mettre en conformité la prise de l’Alisgiu, qui est la principale ressource du barrage, en l’inscrivant naturellement dans un processus de développement durable, notamment par l’installation d’une passe à poissons permettant de restaurer la continuité écologique du cours d’eau. D’autre part, Le Service Ingénierie travaille sur la sécurisation du barrage et de son évacuateur de crue. Mais au-delà de ma fonction de Président de l’OEHC et dans le cadre de mon autre délégation de Conseiller exécutif, j’ai quand même souhaité parler avec les élus de la réflexion communautaire à mener en coopération avec la Mission Eau. Aménager le territoire hydraulique passe incontestablement par la mise en place de projets de territoire de gestion de l’eau, les fameux PTGE. Désormais, parce qu’il nous faut mettre de la cohérence et de la transversalité dans notre action, il convient de préparer cette articulation qui permet de répondre, à la fois, aux aspirations des collectivités en matière de schémas directeurs d’eau potable et d’assainissement, aux aspirations du développement durable et, par le biais de l’aménagement du territoire, aux objectifs de développement et de production du monde agricole. C’est aussi ce message que j’ai voulu délivrer aux maires et aux agriculteurs présents, en direction desquels j’ai prôné la nécessité d’engager une réflexion de fond sur les évolutions culturales, les techniques d’irrigation et l’adaptation de l’agriculture au changement climatique.  
 
- Tout ceci est une compétence intercommunale ?
- C’est une construction dévolue à l’EPCI que nous solliciterons dès l’automne pour travailler à l’élaboration d’un PTGE et poser l’ambition hydraulique du territoire de la communauté de communes du Nebbiu. Tout ceci pour répéter qu’Acqua Nostra 2050 et l’OEHC ne sont pas enfermés dans une stratégie déconnectée des réalités économiques, sociales, environnementales, mais installés au cœur d’une démarche globale qui entend appréhender tous les enjeux. Car Acqua Nostra 2050 ne se réduit pas à l’aménagement agricole : bien plus qu’un document technique, il est la matrice d’un plan de gestion de l’eau et du développement de la Corse.  
 
 Propos recueillis par Nicole MARI.
 

Saveriu Luciani, Président de l’Office d’équipement hydraulique de Corse (OEHC) et le directeur Ange De Cicco, entourés de José Poggioli, maire de Patrimoniu,
d’Antoine Vincenti, maire du Poghju d’Oletta,
de Jean-Claude Fondacci de Paoli, maire de Rapale, de Jean-François Sammarcelli, Président de la chambre d’agriculture de Corse et
d’exploitants agricoles.
Saveriu Luciani, Président de l’Office d’équipement hydraulique de Corse (OEHC) et le directeur Ange De Cicco, entourés de José Poggioli, maire de Patrimoniu,
d’Antoine Vincenti, maire du Poghju d’Oletta,
de Jean-Claude Fondacci de Paoli, maire de Rapale, de Jean-François Sammarcelli, Président de la chambre d’agriculture de Corse et
d’exploitants agricoles.

















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