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2018 : Gerbes de vœux


Rédigé par le Mardi 2 Janvier 2018 à 20:06 | Modifié le Mardi 2 Janvier 2018 - 22:11


François Tatti, président de la CAB; Michel Stefani, secrétaire régional du PCF, le mouvement Pudemu : les "politiques" ne manquent pas d'adresser leurs vœux à la population corse pour la nouvelle année


2018 : Gerbes de vœux


François Tatti
« L’année 2017 se referme et avec elle son lot de joies et de drames. Et en cette période de fêtes et de recueillement, mes pensées sont tournées vers celles et ceux qui sont dans la souffrance et la peine. L’année qui s’achève aura surtout été marquée par une forte volonté de renouvellement politique dans l’ensemble du pays. Mais alors qu’au plan national le temps est à la réforme et à l’action concrète, la Corse est dominée par la division et le doute comme en témoigne l’abstention massive qui a prévalu dans chaque consultation.
Chacun mesure l’immense défi que représente la réussite de la nouvelle Collectivité unique pour l’ensemble de nos concitoyens, notamment ceux qui sont dans les difficultés économiques et sociales, au moment où notre île replonge dans les débats institutionnels sur fond de bras de fer avec l’Etat. Je forme le vœu qu’en 2018 nous prenions collectivement la voie de l’espoir, en refusant le fatalisme, pour en faire une année de responsabilité et d’action, de décisions politiques concrètes au service du développement, une année de rassemblement et de réconciliation de tous les Corses. Mon engagement politique à Bastia repose précisément sur cette volonté de rassembler, avec un projet de développement durable et équilibré porté par les valeurs de travail, d’innovation, d’identité, de responsabilité citoyenne et de solidarité.
Je suis persuadé que c’est avec cette volonté, qu’un jour, notre petite Corse étonnera l’Europe ! Pace è Salute à tutti ! »


Michel Stefani
"En ce début d’année 2018, le monde, toujours plus interconnecté et interdépendant, est aussi de plus en plus, en mauvais état. Globalement, il le doit au capitalisme.
Dominateur et débridé, il génère des guerres, des atteintes à l’environnement parfois irréversibles et des inégalités dans des proportions incomparables depuis la révolution industrielle. Les mutations, opérées ces trois décennies, en font un système financier avide de dividendes de moins en moins soumis aux contraintes étatiques permettant une répartition plus juste de la richesse envers ses producteurs réels, imposant le respect de la planète et des hommes. Cette domination accentue le sentiment d’injustice et la défiance à l’égard d’institutions dont l’action devrait en principe garantir l’intérêt général et la paix.

L’idée même de « démocratie » perd tout crédit à la lumière des pratiques d’une oligarchie arrogante qui verrouille son pouvoir, dépolitise ses choix économiques et sociaux et planque son butin dans les paradis fiscaux. Les phénomènes d’abstention massive comme les réponses populistes ou les replis identitaires le montrent dans plusieurs pays : aux Etats Unis avec Trump, en Angleterre avec le Brexit, en Autriche avec l’entrée au gouvernement de l’extrême droite, en Pologne, en Hongrie… Les formes sont variables plus ou moins inquiétantes, elles se doublent en Europe, sous couvert d’un fédéralisme non solidaire, de revendications visant à l’indépendance régionale.

Au terme d’une année électorale particulièrement chargée, nous voyons dans notre pays aussi les traits caractéristiques d’une situation de crise politique et sociale.

Le libéralisme dans sa progression débridée creuse les inégalités comme jamais et pourtant M. Macron est entrain d’appuyer sur l’accélérateur. La Corse n’échappe pas à la règle, avec la constitution tentaculaire d’un oligopole patronal qui, contrôlant les transports, la distribution, le BTP et désormais même de la presse écrite, est en grande partie responsable de la cherté de la vie.

 

 

Le rapport du World Wealth and Income database (WID) vient de mettre le projecteur sur le transfert massif du patrimoine public vers les patrimoines privés. Concrètement c’est moins de services publics, des systèmes de santé au rabais, des privatisations massives dans les secteurs clefs, ou encore des systèmes de retraites laissés aux mains de la finance par le biais de la capitalisation.

En 40 ans, les patrimoines privés ont plus que doublé quand les patrimoines publics étaient divisés par deux. Cela resitue les propos de M. Macron sur les « premiers de cordée », auxquels il faudrait tout concéder – baisse de la fiscalité sur le capital, suppression de l’impôt sur la fortune, et autres « cadeaux » – pour que la croissance reprenne. Or, sous ce régime néolibéral, quand bien même ce serait le cas, elle ne servirait pas l’intérêt général mais les portefeuilles de cette minorité de plus en plus infime.

Les huit premiers milliardaires mondiaux ont amassé une fortune égale à la richesse de la moitié de la population mondiale.

Si la tendance devait se poursuivre, le rapport du WID s’en inquiète, les plus pauvres seront condamnés à le rester et les classes dites « moyennes » à les rejoindre. Face à cette perspective sombre, il convient de porter une dynamique populaire et progressiste ; de construire une riposte sociale, démocratique et écologique ; d’offrir un débouché au mécontentement légitime des populations et des travailleurs. Les communistes veulent y contribuer et modifier le rapport de force politique en faveur des libertés humaines, de l’égalité sociale, de la transition écologique, de la fraternité et de l’internationalisme.

Ce sont les valeurs de la gauche, y renoncer serait une erreur car dans ce cas le libéralisme égoïste et son avatar identitaire, le repli sur soi, n’auront plus aucune entrave.

Chaque travailleur, dans cette économie mondiale interdépendante, à tout intérêt à une élévation générale du niveau de vie. Refuser « la concurrence » et s’allier dans un même combat émancipateur, à travers le monde, permettra, à tous d’exiger et d’obtenir la régulation économique facteur d’égalité sociale, pour passer à un degré supérieur d’efficacité sociale avec des droits nouveaux condition de l’efficacité économique.

Voila pourquoi la lutte de classes doit, plus que jamais, se concevoir dans ses trois dimensions locale, nationale et internationale.

Dans cet esprit, les communistes lancent les Etats généraux du progrès social et mettent en débat les propositions pour faire pièce à la contre-révolution capitaliste à l’œuvre s’agissant de la propriété publique et sociale des grandes banques et des grands moyens de production, du développement de nouveaux services publics, de l’agriculture et du produire local pour manger local, du financement par la cotisation salariale et la juste contribution du capital de la santé et des retraites, de la création d’une branche supplémentaire de la sécurité sociale pour les personnes les plus âgées, de la justice fiscale et de la fiscalité réellement progressive, de nouveaux critères de gestion des entreprises afin qu’elles assument leur responsabilité sociale, écologique et territoriale.

Rendre possible un monde nouveau tel est l’enjeu de civilisation auquel les communistes continueront de consacrer tous leurs efforts en 2018.

Pace e Salute a tutti."

 

 

 
Pudemu

"Il y a un an, nous proclamions notre volonté de faire de PUDEMU le projet de toutes celles et de tous ceux qui voudraient bien y contribuer. C'est chose faite. Avec nos adhérents directs, les nouveaux qui sont issus de Femu a Corsica et ceux qui appartiennent aux structures membres de PUDEMU comme Ghjuventù pè a Libertà et la section corse du Parti Fédéraliste Européen, nous n'avons cessé de consolider la cohérence sous-jacente de nos sensibilités multiples autour d'une vision commune de l'évolution de notre société vers de moins en moins d'Etat au profit d'une Corse de plus en plus libre dans une Europe de plus en plus forte. Nous sommes désormais près de 100 adhérents et vous êtes plus de 10 000 à nous suivre sur l'ensemble de nos réseaux sociaux. Nous tenons également à remercier tout particulièrement les quelques 400 électeurs qui se sont reconnus dans notre plateforme de propositions en juin dernier et qui l'ont fait savoir en nous accordant leur suffrage. Plus que jamais, nous vous invitons à nous renouveler votre confiance en 2018 ! 

 

Les bouleversements sans précédents de l'année écoulée ne font que confirmer les motivations qui ont concouru à la création de PUDEMU il y a plus de deux ans : désormais largement majoritaire, le mouvement national d'émancipation de la Corse et d'autodétermination du peuple corse doit assumer sa transversalité et la diversité d'opinions de celles et ceux qui le composent. Au terme d'une année particulièrement riche en rendez-vous électoraux, il faudra profiter de l'absence d'élections en 2018 pour poser les contours du débat de société transpartisan qui doit s'engager autour de l'avenir de la Corse. 250 ans après l'annexion de la Corse par la France, cette pause électorale doit en effet être l'occasion de solver le problème corse dans le cadre d'une véritable solution politique. Dans cette perspective, nous continuerons à produire de l'innovation sur le marché des idées ! In tantu, vi preghemu à tutte è à tutti un bon capu d'annu. Ci ritruvemu dunque in 2018 per prusegue dà custruì una sucietà intraprendente, sulidaria è rispunsevule."  





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