La rencontre organisée mercredi 13 mai en préfecture d’Ajaccio avait valeur de rendez-vous décisif. Elle intervenait seulement six jours après une première réunion, tenue le 7 mai, qui avait laissé les responsables de Scola Corsa sur leur faim. Lors de cette première séquence, l’État avait confirmé la contractualisation de six postes d’enseignants sur les onze demandés par le réseau associatif immersif. Une avancée jugée insuffisante par les dirigeants de Scola Corsa, qui avaient alors dénoncé une réponse "à mi-chemin" ne permettant pas d’assurer durablement l’avenir de leurs établissements. Pendant plusieurs heures, représentants de l’État, rectorat, Collectivité de Corse et délégation de Scola Corsa ont tenté de rapprocher leurs positions.
Une évolution jugée "positive" par Scola Corsa sur le volet juridique À la sortie de la réunion, le président de Scola Corsa, Ghjaseppu Turchini, a reconnu une évolution notable dans l’approche de l’État. Selon lui, le dossier technique transmis ces derniers jours par l’association " a permis une meilleure compréhension des enjeux et ouvert la voie à une possible sécurisation juridique du financement du réseau ". Le dirigeant associatif voit dans cette évolution “la bonne nouvelle” de cette deuxième réunion. Les discussions engagées depuis une semaine semblent désormais converger vers un travail technique précis destiné à définir ce que la Collectivité de Corse peut légalement financer et ce qui doit relever d’autres mécanismes.
Le préfet de Corse, Éric Jalon, confirme : " L’objectif affiché par l’État est désormais de construire un plan de financement reposant sur quatre piliers : la contractualisation des postes par l’État, le forfait communal lié à cette contractualisation, la participation des familles et la contribution de la Collectivité de Corse sur les dépenses relevant de ses compétences ". Le représentant de l’État insiste notamment sur le fait que " la participation financière de la CdC n’a pas vocation à disparaître, mais à être redéfinie juridiquement de manière sécurisée ". Selon lui, certaines dépenses “hors enseignement” peuvent continuer à être prises en charge par la Collectivité. Un travail de " ligne à ligne ", déjà évoqué lors de la réunion du 7 mai, doit désormais être mené afin de distinguer précisément les dépenses finançables. " Les principes ont été posés ", estime Éric Jalon, qui dit espérer qu’un plan de financement stabilisé pourra être finalisé rapidement pour permettre à l’association de préparer la rentrée 2026-2027.
Le point de blocage : les cinq postes manquants
Face aux critiques, le préfet de Corse défend de son côté un effort important de l’État. Éric Jalon rappelle que Scola Corsa avait déjà bénéficié, lors de la rentrée 2025, d’une contractualisation anticipée de deux postes, alors que le processus normal s’étale habituellement sur cinq années. Selon lui, le scénario initial prévoyait simplement l’ajout de deux postes supplémentaires cette année, ce qui aurait porté le total à quatre postes contractualisés.
Au terme de cette deuxième réunion, aucun accord définitif n’a donc été trouvé. Si les échanges se poursuivent et si les deux parties affichent encore l’espoir de parvenir à une solution, le climat reste tendu. Ghjaseppu Turchini a clairement averti que “ le mécontentement continue de régner " en Corse autour de ce dossier. Le président de Scola Corsa affirme avoir demandé au préfet de relayer ce message à Paris. Sans annoncer officiellement de nouvelles actions, il évoque néanmoins la poursuite possible de la mobilisation. Un collectif serait actuellement en cours de création autour du soutien aux écoles immersives. Pour l’heure, Scola Corsa laisse encore une porte ouverte à la négociation. "Le pire n’est jamais sûr ", glisse Ghjaseppu Turchini, en évoquant le long week-end qui s’ouvre avant une éventuelle reprise des discussions.
Mais derrière cette ouverture sur la question juridique, le cœur du conflit demeure entier : celui des postes d’enseignants. Alors que Scola Corsa exige depuis plusieurs semaines la contractualisation des onze postes restants afin d’assurer la pérennité du réseau, l’État refuse toujours d’aller au-delà de huit postes contractualisés sur treize à la rentrée prochaine. Pour Ghjaseppu Turchini, cette limite constitue une menace directe pour l’avenir des écoles immersives. Le président de Scola Corsa rappelle que les besoins vont continuer à augmenter dès la rentrée 2026-2027 avec la montée des effectifs et l’ouverture annoncée d’un nouveau site chaque année. Selon lui, les cinq postes non contractualisés aujourd’hui viendront mécaniquement s’ajouter aux futurs besoins du réseau. "Ce n’est pas un caprice ", insiste-t-il, mais une "condition sine qua non " pour garantir le développement des écoles immersives corses.
L’État met en avant une "accélération très substantielle" Face aux critiques, le préfet de Corse défend de son côté un effort important de l’État. Éric Jalon rappelle que Scola Corsa avait déjà bénéficié, lors de la rentrée 2025, d’une contractualisation anticipée de deux postes, alors que le processus normal s’étale habituellement sur cinq années. Selon lui, le scénario initial prévoyait simplement l’ajout de deux postes supplémentaires cette année, ce qui aurait porté le total à quatre postes contractualisés.
Le choix finalement arrêté par le ministère consiste à porter ce nombre à huit postes contractualisés sur treize, soit six nouveaux postes d’un seul coup. Le préfet parle cependant d’une "accélération très substantielle", obtenue directement auprès du ministre, dans un contexte budgétaire particulièrement contraint. Le représentant de l’État rappelle également "que l’enseignement bilingue et immersif demeure une priorité, mais dans un cadre national marqué par la baisse démographique des effectifs scolaires et la diminution globale des postes d’enseignants ".
Une mobilisation qui pourrait se poursuivre Au terme de cette deuxième réunion, aucun accord définitif n’a donc été trouvé. Si les échanges se poursuivent et si les deux parties affichent encore l’espoir de parvenir à une solution, le climat reste tendu. Ghjaseppu Turchini a clairement averti que “ le mécontentement continue de régner " en Corse autour de ce dossier. Le président de Scola Corsa affirme avoir demandé au préfet de relayer ce message à Paris. Sans annoncer officiellement de nouvelles actions, il évoque néanmoins la poursuite possible de la mobilisation. Un collectif serait actuellement en cours de création autour du soutien aux écoles immersives. Pour l’heure, Scola Corsa laisse encore une porte ouverte à la négociation. "Le pire n’est jamais sûr ", glisse Ghjaseppu Turchini, en évoquant le long week-end qui s’ouvre avant une éventuelle reprise des discussions.
-
Futur parc urbain d'Ajaccio : du pétrole découvert sous le téléphérique Angelo, la CAPA suspend une partie du chantier
-
Casabianda - Après la décision du tribunal administratif, Philippe Franchini évoque une situation toujours en suspens
-
Le SC Bastia évite le pire après Le Mans…
-
La Chambre régionale des comptes Corse lance sa 4e campagne de participation citoyenne
-
Que célèbre-t-on le jour de l'Ascension ?











Envoyer à un ami
Version imprimable





