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Société des Sciences : La société en Corse durant la Première Guerre Mondiale


Rédigé par le Lundi 12 Novembre 2018 à 18:20 | Modifié le Lundi 12 Novembre 2018 - 18:28


"La société en Corse durant la Première Guerre Mondiale et l'immédiat après-guerre" : c'est le thème du colloque qu'organisera la Société des Sciences Historiques et naturelles de la Corse le vendredi 16 Novembre prochain salle Jean-Leccia de la Collectivité de Corse à Bastia. Sept interventions marqueront ce nouveau colloque de la Société savante qui, portée sur les fonts baptismaux par le Chanoine Letteron poursuit inlassablement sa mission, pour par-delà les siècles, et autour d'une équipe soudée autour de Jean-Michel Casta son président, nous faire partager le fruit de ses passionnants travaux. Janine Serafini qui est, avec Victor Serafini, l'un des piliers de la Société évoque pour CNI ce prochain colloque


Les membres de la Société des Sciences historiques et naturelles de la Corse
Les membres de la Société des Sciences historiques et naturelles de la Corse
Résumés des Interventions
Jean-Paul Pellegrinetti :Retrouver 14-18
Pour qui souhaite comprendre et écrire l’histoire de la Grande Guerre qui ne soit pas celle des généraux, des décideurs politiques, des régiments et des sphères décisionnelles étatiques, qui ont laissé des mémoires, des journaux de marche, ou des archives administratives, il convient plutôt de s’intéresser aux sources « auto-produites » par les soldats eux-mêmes ou par toutes celles et tous ceux demeurés à l’arrière.
Afin de mieux saisir l’importance de travailler sur la société corse durant la Grande Guerre, il est nécessaire, dans le cadre de cette présentation générale, de revenir sur l’historiographie de la Grande guerre, et le rôle majeur que constitue le travail sur les témoins et les témoignages. L’introduction permettra également une mise en lumière de la Corse confrontée à la guerre. Un excellent moyen de questionner en filigrane la ténacité des États, des sociétés et des hommes au feu.


Sylvain Gregori « Contrairement à tout esprit de justice », les limites de l’effort de guerre en Corse 1914-1919 »
Longtemps présentée comme un temps fort de l’intégration des Corses à la Nation, la confrontation de la société et des mobilisés insulaires au premier conflit mondial s’avère plus complexe à appréhender qu’une simple vulgate liant définitivement par le sang versé, l’île à la « grande patrie ».
Dès la mobilisation, souvent au nom du principe d’égalité, des voix vont s’élever pour dénoncer un effort de guerre vécu comme un traitement particulier imposé par les autorités civiles et militaires à la population et aux poilus corses.
Sans remettre toutefois fondamentalement en cause le patriotisme français des insulaires, ces prises de position offrent une autre vision et apportent un autre discours sur la Grande Guerre, aux antipodes de la lecture orientée de l’historiographie traditionnelle locale.


Sébastien Ottavi : Désertions et déserteurs durant la Première Guerre mondiale
De la première guerre mondiale, la mémoire insulaire a retenu quelques images fortes. Une mobilisation massive, un engagement total et, en conséquence, des pertes disproportionnées. Elles ont été interprétées tantôt comme la marque de l’indéfectible fidélité des Corses à la « Grande Patrie », tantôt comme le résultat d’un traitement colonial des soldats insulaires. Dans ce tableau si tranché, les déserteurs, ces soldats qui se sont plus ou moins longtemps extraits des combats, n’ont jamais trouvé leur place. Ils ont pourtant été très nombreux, et ont beaucoup à nous apprendre sur les réalités de la société corse en guerre.


Vanessa Alberti :Vivre au quotidien : les difficultés de subsistance en Corse vues par la presse insulaire (1914-1919)
La première guerre mondiale sonne la fin de l’expansion de la presse alors qu’elle fait croître les besoins de la population en nouvelles récentes. Après s’être intéressée surtout à l’évolution des combats et au sort des poilus corses, les journaux insulaires, moins nombreux mais toujours présents, tournent leurs regards vers l’arrière. Rendre compte de la réalité de la hausse incessante des prix et des difficultés de la société corse la met aux prises directes avec la censure. En effet, celle-ci frappe ceux qui exercent une mauvaise influence sur l’état d’esprit du pays. Divers mécanismes de contournement sont mis en place comme l’utilisation d’un ton satirique ou ironique. Enfin, la presse peut aussi être un acteur direct de cette société en dénonçant les accapareurs de guerre.  

Jean-Paul Colombani : Le torpillage du Balkan et ses conséquences sur une petite commune du Cap Corse
Le torpillage du Balkan par un sous-marin autrichien le matin du 16 août 1918 au large de Calvi, est resté dans la mémoire de tous les Corses. La plupart des victimes, civiles et militaires en permission étaient originaires de toute la Haute-Corse, mais un très grand nombre étaient Capcorsins. Toutes les communes de la micro-région furent touchées. Au chagrin d'avoir perdu des êtres chers, vint s'ajouter le désarroi des familles face aux difficultés  économiques engendrées par cette tragédie.
C'est à travers l'exemple de la petite commune d'Ersa que nous tenterons d'en faire le récit.

Jean-Pierre Fontana : Un membre de la Société des Sciences historiques et naturelles de la Corse, issu d’une famille de notables de Bisinchi, affecté par la Grande Guerre
Don Jean Anziani, professeur agrégé au lycée de Marseille, était membre correspondant de la Société des Sciences historiques et naturelles de la Corse dès la création en 1880. Son seul fils Dominique Alexandre, disparaît lors des premiers combats, durant la Bataille des frontières, le 19 août 1914. Cette disparition prive cette famille d’un membre aux plus belles perspectives d’avenir, laissant entrevoir dans le futur l’extinction d’un nom porté par de nombreux notables depuis le XVIe siècle et la fermeture d’une maison.  


Francesca Quilichini Marie-Emilie Réallon : L’infirmière des « piluti »
Dès le début de la guerre, cette infirmière de la Croix Rouge attachée à l’hôpital complémentaire Villemin, avenue Trudaine à Paris se manifeste dans la presse locale pour venir en aide aux poilus corses qui ont été blessés et transférés dans les hôpitaux parisiens. Elle lance un appel aux familles qui souhaitent avoir des nouvelles de  leurs proches. Elle se charge de rendre visite à leurs chers blessés et se propose aussi de leur apporter des colis remplis de produits corses. Pour gâter  les blessés, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Il  suffit d’envoyer  les  paquets à l’adresse de Marie-Emilie Réallon : 40 bis, rue de Douai, Paris. Elle se charge ensuite de les répartir entre les insulaires qui sont soignés dans les divers hôpitaux de la capitale. Elle s’engage aussi à faire des comptes-rendus de ses visites dans les journaux insulaires. L’infirmière s’occupe également des pupilles corses au sein d’une association qui regroupe 50 adhérents durant l’été 1916.
Tout au long du conflit, cette infirmière au grand cœur va se démener pour mener à bien sa mission sacrée quitte à forcer les portes de certains établissements qui rechignent à lui donner la liste des blessés corses. Bien souvent, elle  devra combattre les nombreux préjugés et le mépris affichés  par des responsables d’hôpitaux qui voient d’un mauvais œil une infirmière de la Croix Rouge se préoccuper du sort de ces hommes  originaires d’une île à la si mauvaise réputation. Avec son sourire désarmant et son culot Marie-Emilie Réallon parviendra à franchir toutes les portes et rabattra le caquet à tous ceux qui ont des idées  préconçues sur les Corses. Avec force et persuasion, elle leur démontrera la valeur militaire et morale de ces hommes.
 

Pascal Marchetti-Leca : Marie-Dominique Loviconi, femme, missionnaire laïque et patriote
Née dans une famille de propriétaires terriens à quelques lieues d’Ajaccio, par le hasard de la vie, Marie-Dominique Loviconi mène une carrière d’institutrice dans le nord de la Corse. Nommée directrice de l’école des filles de Calvi en 1906, au moment où entre en application la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, elle assume ses fonctions avec une droiture qui force le respect. C’est avec la même fermeté qu’elle envisage la tourmente de 1914 qui l’a éprouvée tant sur le plan personnel que social et professionnel.  


Le programme du colloque

8 h 30 : Accueil
9 heures : Allocations d’ouverture par le Président de la Société des sciences historiques et naturelles de la Corse.
9 h 30 : Retrouver 14-18  Jean-Paul Pellegrinetti
Modérateur : Jean Arrighi

10 heures : Contrairement à tout esprit de justice», les limites de l’effort de guerre en Corse 1914-1919 Sylvain Gregori

10 h 30 - 11 heures : Pause

11 heures : Désertions et déserteurs durant la Première Guerre mondiale Sébastien Ottavi

11 h 30 : Vivre au quotidien : les difficultés de subsistance en Corse vues par la presse insulaire (1914- 1919) Vanessa Alberti
12 h 00 - 13 h 45 : Pause déjeuner



Après-midi

Modérateur : Jean-Paul Pellegrinetti

13 h 45 : Le torpillage du Balkan et ses conséquences sur une petite commune du Cap Corse Jean-Paul Colombani

14 h 15 : Un membre de la Société des Sciences historiques et naturelles de la Corse, issu d’une famille de notables de Bisinchi, affecté par la Grande Guerre Jean-Pierre Fontana
14 h 45 - 15 heures : Pause

15 heures : Marie-Emilie Réallon : L’infirmière des « piluti Francesca Quilichini

15 h 30 - 16 heures : Marie-Dominique Loviconi, femme, missionnaire laïque et patriote Pascal Marchetti-Leca 

16 heures - 16 h 30 : Synthèse et clôture des travaux




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