Il est des rendez-vous qui traversent les générations sans perdre leur âme. A Fiera di Lisula fait incontestablement partie de ceux-là. Entre les manèges, les étals des artisans, les odeurs de spécialités locales et les retrouvailles entre amis, la cité paoline renoue avec l’une de ses traditions les plus anciennes.
L’inauguration officielle s’est déroulée ce mercredi en présence des élus, des organisateurs, des exposants et de nombreux habitants. Après les discours et la bénédiction traditionnelle, le ruban a été coupé, donnant le coup d’envoi de cinq jours de festivités.
Pour Nicolas Albertini, président de l’association A Marinella, cette édition revêt une importance particulière. « C’est la 197e édition et la septième fois que notre association l’organise. Nous accueillons cette année près de 150 artisans et forains, un record pour cette édition. Nous sommes extrêmement heureux de les retrouver et nous faisons tout pour les accueillir dans les meilleures conditions », sourit-il.
Une tradition bientôt bicentenaire
Créée en 1828 sous le règne de Charles X, la Fiera di Lisula était à l’origine une foire aux bestiaux. Les habitants de toute la Balagne s’y retrouvaient pour vendre, acheter et échanger leurs produits et leurs animaux. Au fil des décennies, elle s’est progressivement transformée en une grande fête populaire, sans jamais perdre son caractère profondément identitaire.
« La foire de Lisula, c’est un peu l’ADN de la ville », souligne Pascal Marchetti, conseiller municipal. « Il y a 80 ans, toute la ville et toute la Balagne se réunissaient ici. Les terrasses des cafés étaient pleines. C’était l’âme corse. À l’époque, les animaux étaient au cœur de la foire et c’était aussi un moment où les familles pouvaient profiter, dans des périodes où il y avait beaucoup de misère».
Un héritage auquel les nouvelles générations demeurent particulièrement attachées. Alors que l’organisation de la manifestation avait été incertaine il y a quelques années, de jeunes bénévoles se sont mobilisés pour assurer sa pérennité. « La jeunesse y tient. Les jeunes se sont battus pour que cette foire continue d’exister. Elle reste un moment de convivialité pour les Lisulani et tous les Balanins », rappelle l’élu.
Le rendez-vous qui marque la fin de l’été
Si la foire a évolué avec son époque, elle conserve une place particulière dans le calendrier local. Traditionnellement organisée au début du mois de septembre, elle accompagne désormais une saison touristique qui se prolonge jusqu’à l’automne. « C’est un moment très important parce qu’il marque véritablement la fin de la saison. Pendant l’été, beaucoup de personnes travaillent énormément et n’ont pas le temps de se retrouver. La foire permet justement à toutes les générations de partager un moment ensemble, autour d’un verre ou d’un migliacciu », explique Nicolas Albertini.
Au-delà de la fête foraine, l’association A Marinella a souhaité proposer une programmation mêlant artisanat, produits locaux, animations associatives et concerts de groupes insulaires chaque soir.
Parmi les exposants fidèles au rendez-vous, Olivier Fondacci, de l’asinerie de Santa Riparata, retrouve chaque année une clientèle locale attachée à ses produits. « C’est l’occasion de présenter mes produits à des personnes qui n’ont pas forcément l’occasion de venir directement sur mon exploitation. Elles peuvent découvrir mes nouveautés et tout ce que l’on peut réaliser avec cet animal emblématique qu’est l’âne corse ». Lui aussi a vu la foire évoluer. Autrefois, il proposait des promenades à dos d’âne à proximité des manèges. Aujourd’hui, son activité s’est diversifiée autour d’une gamme de produits cosmétiques.
Une conférence consacrée à l’âne corse est également prévue samedi, afin de faire découvrir au public l’histoire de cet animal, ses utilisations traditionnelles et sa place actuelle dans les exploitations insulaires.
Les forains, fidèles à la dernière grande fête de la saison
Pour les forains, la Fiera di Lisula constitue également un rendez-vous incontournable. Jean-Roland Degré, habitué de la manifestation et longtemps impliqué dans son organisation, insiste sur sa singularité. « C’est une bonne foire, la dernière de la saison, et un rendez-vous à ne pas manquer. C’est aussi l’un des endroits où l’on retrouve le plus de forains en Corse. Il y a des camelots, des manèges, des commerçants, tout est mélangé. C’est ce qui fait son ambiance ». Un attachement qui s’accompagne d’une conviction, la foire doit rester au cœur de la ville. « Il faut absolument qu’elle reste en centre-ville. Si on la déplaçait, ce ne serait plus vraiment la foire de L’Île-Rousse ».
Cette édition intervient toutefois après une saison difficile pour les professionnels itinérants. « Nous avons commencé avec la pluie, puis nous avons subi des chaleurs phénoménales pendant tout l’été. Quand il fait aussi chaud, les gens préfèrent aller à la mer plutôt que de venir à la fête », constate-t-il.
Les associations mobilisées autour de la fête
La Fiera di Lisula est aussi l’occasion pour les associations locales de retrouver la population dans un cadre festif. Parmi elles, l’Amicale des sapeurs-pompiers de L’Île-Rousse, qui participe à la manifestation avec sa buvette.
Pour son président, Pierre-Paul Magni, cette présence répond à plusieurs objectifs. « C’est important pour nous d’être proches de la population, que nous avons parfois l’habitude de rencontrer dans des circonstances beaucoup moins festives. Cela nous permet aussi de récolter des fonds pour aider nos adhérents, soutenir plus largement les pompiers du département et améliorer nos conditions de vie en caserne ». Les bénéfices permettront également de financer de nouvelles initiatives destinées à renforcer les liens avec les habitants, notamment un projet de bal des pompiers et une journée portes ouvertes.
Pour Pierre-Paul Magni, qui fréquentait autrefois la foire comme enfant, participer aujourd’hui à son organisation associative prend une dimension particulière. « C’est une forme de transmission. Maintenant que j’ai moi-même des enfants, je mesure l’importance de faire perdurer ces traditions».
« J’aimerais que la foire soit toute l’année ! »
Mais les premiers ambassadeurs de la manifestation restent sans doute les enfants. À huit ans, Petru-Bà ne manquerait ce rendez-vous pour rien au monde. « On vient avec ma famille. J’adore ! Il y a des manèges, des jeux et on passe un bon moment. J’aimerais que la foire soit toute l’année ! » Une déclaration qui résume à elle seule l’esprit de cette fête populaire.
À trois éditions de son bicentenaire, la Fiera di Lisula continue ainsi de réunir les générations autour d’un patrimoine commun. Entre mémoire des anciens, engagement des bénévoles et enthousiasme des plus jeunes, elle rappelle qu’au-delà des attractions et des étals, sa véritable richesse réside dans le plaisir de se retrouver.
L’inauguration officielle s’est déroulée ce mercredi en présence des élus, des organisateurs, des exposants et de nombreux habitants. Après les discours et la bénédiction traditionnelle, le ruban a été coupé, donnant le coup d’envoi de cinq jours de festivités.
Pour Nicolas Albertini, président de l’association A Marinella, cette édition revêt une importance particulière. « C’est la 197e édition et la septième fois que notre association l’organise. Nous accueillons cette année près de 150 artisans et forains, un record pour cette édition. Nous sommes extrêmement heureux de les retrouver et nous faisons tout pour les accueillir dans les meilleures conditions », sourit-il.
Une tradition bientôt bicentenaire
Créée en 1828 sous le règne de Charles X, la Fiera di Lisula était à l’origine une foire aux bestiaux. Les habitants de toute la Balagne s’y retrouvaient pour vendre, acheter et échanger leurs produits et leurs animaux. Au fil des décennies, elle s’est progressivement transformée en une grande fête populaire, sans jamais perdre son caractère profondément identitaire.
« La foire de Lisula, c’est un peu l’ADN de la ville », souligne Pascal Marchetti, conseiller municipal. « Il y a 80 ans, toute la ville et toute la Balagne se réunissaient ici. Les terrasses des cafés étaient pleines. C’était l’âme corse. À l’époque, les animaux étaient au cœur de la foire et c’était aussi un moment où les familles pouvaient profiter, dans des périodes où il y avait beaucoup de misère».
Un héritage auquel les nouvelles générations demeurent particulièrement attachées. Alors que l’organisation de la manifestation avait été incertaine il y a quelques années, de jeunes bénévoles se sont mobilisés pour assurer sa pérennité. « La jeunesse y tient. Les jeunes se sont battus pour que cette foire continue d’exister. Elle reste un moment de convivialité pour les Lisulani et tous les Balanins », rappelle l’élu.
Le rendez-vous qui marque la fin de l’été
Si la foire a évolué avec son époque, elle conserve une place particulière dans le calendrier local. Traditionnellement organisée au début du mois de septembre, elle accompagne désormais une saison touristique qui se prolonge jusqu’à l’automne. « C’est un moment très important parce qu’il marque véritablement la fin de la saison. Pendant l’été, beaucoup de personnes travaillent énormément et n’ont pas le temps de se retrouver. La foire permet justement à toutes les générations de partager un moment ensemble, autour d’un verre ou d’un migliacciu », explique Nicolas Albertini.
Au-delà de la fête foraine, l’association A Marinella a souhaité proposer une programmation mêlant artisanat, produits locaux, animations associatives et concerts de groupes insulaires chaque soir.
Parmi les exposants fidèles au rendez-vous, Olivier Fondacci, de l’asinerie de Santa Riparata, retrouve chaque année une clientèle locale attachée à ses produits. « C’est l’occasion de présenter mes produits à des personnes qui n’ont pas forcément l’occasion de venir directement sur mon exploitation. Elles peuvent découvrir mes nouveautés et tout ce que l’on peut réaliser avec cet animal emblématique qu’est l’âne corse ». Lui aussi a vu la foire évoluer. Autrefois, il proposait des promenades à dos d’âne à proximité des manèges. Aujourd’hui, son activité s’est diversifiée autour d’une gamme de produits cosmétiques.
Une conférence consacrée à l’âne corse est également prévue samedi, afin de faire découvrir au public l’histoire de cet animal, ses utilisations traditionnelles et sa place actuelle dans les exploitations insulaires.
Les forains, fidèles à la dernière grande fête de la saison
Pour les forains, la Fiera di Lisula constitue également un rendez-vous incontournable. Jean-Roland Degré, habitué de la manifestation et longtemps impliqué dans son organisation, insiste sur sa singularité. « C’est une bonne foire, la dernière de la saison, et un rendez-vous à ne pas manquer. C’est aussi l’un des endroits où l’on retrouve le plus de forains en Corse. Il y a des camelots, des manèges, des commerçants, tout est mélangé. C’est ce qui fait son ambiance ». Un attachement qui s’accompagne d’une conviction, la foire doit rester au cœur de la ville. « Il faut absolument qu’elle reste en centre-ville. Si on la déplaçait, ce ne serait plus vraiment la foire de L’Île-Rousse ».
Cette édition intervient toutefois après une saison difficile pour les professionnels itinérants. « Nous avons commencé avec la pluie, puis nous avons subi des chaleurs phénoménales pendant tout l’été. Quand il fait aussi chaud, les gens préfèrent aller à la mer plutôt que de venir à la fête », constate-t-il.
Les associations mobilisées autour de la fête
La Fiera di Lisula est aussi l’occasion pour les associations locales de retrouver la population dans un cadre festif. Parmi elles, l’Amicale des sapeurs-pompiers de L’Île-Rousse, qui participe à la manifestation avec sa buvette.
Pour son président, Pierre-Paul Magni, cette présence répond à plusieurs objectifs. « C’est important pour nous d’être proches de la population, que nous avons parfois l’habitude de rencontrer dans des circonstances beaucoup moins festives. Cela nous permet aussi de récolter des fonds pour aider nos adhérents, soutenir plus largement les pompiers du département et améliorer nos conditions de vie en caserne ». Les bénéfices permettront également de financer de nouvelles initiatives destinées à renforcer les liens avec les habitants, notamment un projet de bal des pompiers et une journée portes ouvertes.
Pour Pierre-Paul Magni, qui fréquentait autrefois la foire comme enfant, participer aujourd’hui à son organisation associative prend une dimension particulière. « C’est une forme de transmission. Maintenant que j’ai moi-même des enfants, je mesure l’importance de faire perdurer ces traditions».
« J’aimerais que la foire soit toute l’année ! »
Mais les premiers ambassadeurs de la manifestation restent sans doute les enfants. À huit ans, Petru-Bà ne manquerait ce rendez-vous pour rien au monde. « On vient avec ma famille. J’adore ! Il y a des manèges, des jeux et on passe un bon moment. J’aimerais que la foire soit toute l’année ! » Une déclaration qui résume à elle seule l’esprit de cette fête populaire.
À trois éditions de son bicentenaire, la Fiera di Lisula continue ainsi de réunir les générations autour d’un patrimoine commun. Entre mémoire des anciens, engagement des bénévoles et enthousiasme des plus jeunes, elle rappelle qu’au-delà des attractions et des étals, sa véritable richesse réside dans le plaisir de se retrouver.
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