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« Goumiers privés de rêves - L'épopée des goums marocains 1908-1956 » : Jamal Saïd prépare une suite sur les goumiers en Corse


Philippe Jammes le Vendredi 25 Septembre 2026 à 15:13

Dans ce livre magnifiquement illustré paru aux éditions Bastberg, l’auteur Jamal Saïd rend un hommage poétique et bouleversant à ces soldats morts loin de leur terre natale. En Corse, il a mis ses pas dans les pas de ces soldats qui ont aidé à la libération de notre île.



Le consul du maroc Mohammed Moutaoukel, tenant le livre de l'auteur Jamal Saïd, à l'extrême droite, aux côtés des responsables de l'UNC Haute-Corse.
Le consul du maroc Mohammed Moutaoukel, tenant le livre de l'auteur Jamal Saïd, à l'extrême droite, aux côtés des responsables de l'UNC Haute-Corse.

Invité par le consul du Maroc Mohammed Moutaoukel, l’auteur a visité les principaux sites historiques où les goumiers ont combattu les forces d’occupations en Corse.
À Bastia, il s’est également rendu au siège de l’UNC, Union Nationale des Combattants, de Haute-Corse. « Ce livre est tout récent puisque publié en juillet dernier » déclare le consul du Maroc Mohammed Moutaoukel. « Lorsque j’en ai eu connaissance j’ai pris contact avec l’auteur pour l'inviter ici en Corse où les goumiers se sont sacrifiés. Depuis, on travaille avec passion ce projet mémorial. Il a pu se rendre sur les sites historiques et lieux de mémoire notamment du côté de Teghime à Bastia. Le but est d'enrichir son livre d’un chapitre dédié exclusivement à la Corse, dans sa deuxième édition ».


Installé à Lunéville, Jamal Saïd a découvert par hasard l’histoire des goumiers marocains alors qu’en 1996 il accompagne un groupe d’adolescents de sa ville du côté de Vagney, commune des Vosges. C’est là qu’il entend parler pour la première fois de ces fantassins venus du Maghreb en remarquant un panneau : « Aux Goums marocains ». Dès lors il n’aura cesse d’enquêter, de rencontrer des témoins de cette époque pour connaitre l’incroyable histoire de ces soldats arrivés en France en 1942 pour combattre l’occupant.  


« Ce livre est un travail sur la mémoire et sur la transmission. Je ne connaissais pas cette histoire. Je l'ai découverte par hasard dans les Vosges. Je me suis alors penché sur leur histoire, sur leur épopée qui commence en 1908 et qui s'achève en 1956 » explique Jamal Saïd. Une véritable quête historique s’ensuit, dans les pas de ces goumiers, sur leurs lieux de combats. Sur place Jamal Saïd ressent une profonde émotion qui déclenche en lui un devoir de transmission.


Une quête qui lui a fait rencontrer d’étonnants personnages dont Jo Durupt, ancien maire de Tomblaine, qui lui raconte comment il a vécu avec ces goumiers au Val-D’ajol, base de repos vosgienne des goumiers entre 1944 et 1945. « Son père, résistant, mais aussi photographe, avait fait d’innombrables clichés de cette époque et notamment des photos des goumiers du 2e GTM, Groupement de Tabors Marocains qui était en Corse et qui ont dû passer chez vous, peut-être étaient-il au col de Teghime. J’ai pu rencontrer sa sœur qui avait 7 ans à l'époque. Et auprès d’elle j’ai recueilli ses souvenirs avec ces goumiers dont l'histoire d'un goumier, simple soldat, qui avait la Légion d'honneur en 1944. Un fait dramatique. A lui tout seul il avait réussi à tuer une quarantaine de soldats allemands pendant leur sommeil, il les avait tous égorgés.  Par la suite j’ai collecté bien d’autres souvenirs et photos auprès de témoins notamment près de Saint-Dié-les-Vosges, où il y a eu des combats sanglants. J’ai appris qu’il y avait eu des goumiers français, habillés comme eux, tous décédés aujourd'hui. L’un d’entre eux Émile Lambart a même été cité par le Général De Gaulle. Il a fait toutes les campagnes avec eux : campagne d'Alsace, Lorraine, Île d'Elbe, Italie, Vietnam… Il est décédé à l'âge de 102 ans. De ces photos on a monté une exposition. Un bel hommage de plus car de ces goumiers ne restaient jusqu’à présent que des pierres tombales avec juste inscrit : « Mort pour la France, soldats inconnus ». Comme si c’étaient des gens venus de nulle part. De cette expo est née le livre et un documentaire. Si je suis venu en Corse c’est parce que ces goumiers ont contribué d'une manière très forte à la libération de votre île. Lors de ma visite j’ai découvert l'histoire de ce petit berger, un gamin de 13 ans, qui les a accompagnés. Et ça, ce sera l'objet d'une suite ».