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Gilles Simeoni : « La Croatie est très attentive à la prise en compte du fait insulaire par l’Union européenne »


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 12 Juillet 2019 à 20:58

C’est en tant que président de la Commission des îles de la CRPM (Conférence des régions périphériques et maritimes) que le président du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse, Gilles Simeoni, a rencontré à Zagreb, Gabrijela Žalac, ministre du développement régional et des fonds européens de Croatie pour une séance de travail. Accompagné de la conseillère exécutive en charge des affaires européennes, membre du Comité européen des régions et présidente de l’Agence du tourisme de la Corse, Nanette Maupertuis, et de Giuseppe Sciacca, secrétaire exécutif de la Commission des Iles, il a, comme il l’avait fait à Malte, plaidé pour la reconnaissance du fait insulaire. La Croatie, qui prendra la présidence de l’Union européenne, à partir de janvier 2019, compte près de 700 îles. C’est dire si elle est concernée par cette problématique. Explications, pour Corse Net Infos, de Gilles Simeoni et de Nanette Maupertuis.




La délégation de la Commission des îles, Nanette Maupertuis, le président Gilles Simeoni et le secrétaire, Giuseppe Sciacca, entourent la ministre croate, Gabrijela Žalac, en charge du développement régional et des fonds européens.
La délégation de la Commission des îles, Nanette Maupertuis, le président Gilles Simeoni et le secrétaire, Giuseppe Sciacca, entourent la ministre croate, Gabrijela Žalac, en charge du développement régional et des fonds européens.
- Pourquoi cette visite à Zagreb ?
- A partir du 1er janvier prochain, la Croatie assurera la présidence de l’Union européenne (UE). C’est, pour nous, une présidence importante parce que s’il y a un pays qui est susceptible d’entendre les attentes et les besoins des îles, c’est bien la Croatie qui est concernée au premier chef. C’est un état insulaire, un Etat archipélagique avec des contraintes fortes d’insularité à gérer. Elle compte 686 îles dont une soixantaine sont habitées. Même si le reste est composé d’îlots, elle est très soucieuse de ses îles en termes de protection environnementale et de développement économique. Elle a même produit un plan, l’Islands Act, qui intègre le fait insulaire dans toutes les politiques publiques, que ce soit en matière de transport, d’énergie, de tourisme et de développement durable. Il était donc logique que la Commission des îles de la CRPM noue le contact avec la ministre du développement régional et des fonds européens au sein du gouvernement croate. Nous avons été honorés qu’elle accepte cette séance de travail.
 
- Pourquoi n’êtes-vous pas plutôt allés en Finlande qui compte des milliers d’îles et qui préside, actuellement, l’Europe ?
- La présidence finlandaise est, actuellement, totalement accaparée au plan européen par le renouvellement et la stabilisation de toutes les instances européennes, notamment de la Commission européenne. Concomitamment, elle doit faire voter le pack législatif et le cadre budgétaire pluriannuel. L’agenda sera un peu moins chargé à compter du 1er janvier 2020, au moment de la présidence croate. Mais de fait, nous allons commencer sans délai un travail de sensibilisation auprès des Etats-membres, et particulièrement de ceux qui sont confrontés au fait insulaire. La Finlande, mais aussi bien sûr la France, ou encore l’Espagne, l’Italie, le Portugal, la Grèce et la Suède. Dans cette perspective, les relations patiemment nouées et renforcées avec la Sardaigne et les Baléares dans le cadre de l’accord tripartite signé en 2016, nous seront fort utiles. Idem pour le travail de fond effectué au sein de la Commission des îles de la CRPM, qui compte 21 territoires insulaires dont des Etats (Malte, Chypre) ou des régions à fort statut d’autonomie.
 
- Comment s’est passée cette réunion ?
- Elle s’est déroulée au mieux. La ministre était accompagnée de sept membres importants de son ministère. Les échanges ont duré une heure et demie, et ont été très fructueux. Nous avons, Marie-Antoinette Maupertuis, Giuseppe Sciacca et moi-même, rappelé l’importance de l’article 174 du Traité sur le fonctionnement de l'UE qui prévoit que les régions insulaires, de montagne, faibles démographiquement ou transfrontalières, peuvent bénéficier de politiques publiques pour lever les contraintes naturelles et structurelles issues de l'insularité, auxquelles elles sont confrontées. Ces quatre critères sont alternatifs. Remarquons au passage que la Corse les cumule. Nous avons, ensuite, réfléchi avec nos interlocutrices - la délégation croate était entièrement féminine, une leçon à méditer ! - à des pistes de travail et des actions vraiment concrètes pour décliner cet article 174 de façon opérationnelle. L’idée est de voir comment, dans les six prochains mois, la CRPM, la présidence croate et les membres de la Commission des îles peuvent travailler ensemble pour introduire des mesures spécifiques - clause d’insularité - ou des dispositifs techniques - volet insulaire dans le cadre de la politique de cohésion territoriale - en faveur des îles, notamment dans le cadre des négociations sur la politique de cohésion.
 
- Qu’a répondu la ministre croate ?
- La ministre a fait preuve d’une grande écoute. Elle a dit qu’elle serait très attentive à toutes les remontées que nous lui ferions parvenir. Elle est d’accord pour engager un cycle de travaux avec son équipe sur des problématiques insulaires – transport et accessibilité, énergie, tourisme durable, économie bleue… -  pour alimenter la réflexion en amont de la Présidence croate de l’UE. Elle a désigné une responsable de haut niveau qui sera l’interlocutrice dédiée de la Commission des îles. Nous avons également réfléchi à la possibilité d’organiser un certain nombre d’évènements particuliers, comme une « Islands week ». Enfin, la ministre Zalac a beaucoup insisté sur la nécessité de convaincre les autres Etats-membres. La Commission des îles va, bien sûr, s’y employer, et ces questions seront inscrites à l’ordre du jour des échanges entre la Corse et le Premier Ministre.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.

Nanette Maupertuis : « La Croatie est un modèle en matière de tourisme durable et de villes vertes »

La réunion de Zagreb.
La réunion de Zagreb.
La conseillère exécutive en charge des affaires européennes, Nanette Maupertuis, s’est, aussi, entretenue avec la conseillère croate en charge de la coopération territoriale pour parler de cette problématique au niveau européen, notamment du programme INTERREG. « J’ai été amenée à rencontrer la responsable de la coopération territoriale européenne qui s’occupe, notamment, de la coopération transfrontalière et transnationale. Nous avons évoqué la nécessité d’avoir un sous-programme îles au sein des programmes de coopération MED ».
En tant que présidente de l’Agence du tourisme de la Corse, elle a, également, abordé la problématique du tourisme durable. « Nous avons évoqué la possibilité d’échanges dans le domaine du tourisme durable parce que la Croatie est très sensibilisée à la question des villes vertes et travaille sur un agenda urbain. Zagreb est, d’ailleurs, une ville très verte. Le pays est aussi très soucieux de la protection des écosystèmes insulaires, il a développé des politiques publiques en la matière. La pression touristique est très importante dans les îles et les villes côtières, par exemple à Dubrovnik, l’Etat a mis en place un certain nombre de mesures et de contrôle de la fréquentation qui sont très intéressantes, pour nous Corses, et sur lesquelles nous continuerons à échanger dans les semaines et les mois qui viennent ».
 



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