Une course contre la montre. La tenue anticipée des élections législatives des 30 juin et 7 juillet prochain orchestrée par Emmanuel Macron a bousculé le calendrier des différentes formations politiques, forcées de déclarer officiellement leur candidat ce dimanche 16 juin en Préfecture. Cette annonce a également bouleversé l’activité des imprimeurs. Ces professionnels se sont retrouvés pris de court par les événements et se sont vus contraints de refuser certaines listes, craignant de ne pouvoir assurer les demandes des candidats en termes d’impressions de bulletins de vote, d’affiches, de tracts et de professions de foi. En effet, ces documents électoraux doivent être livrés au plus tard en Préfecture ce mardi 18 juin à 18 heures.
Yves Fiorella, de l’Imprimerie « Caractère » de Biguglia, a accepté les requêtes de trois candidats, mais en a refusé d’autres, faute de temps : « Habituellement, on a une semaine devant nous. Là, on va imprimer uniquement les bulletins de vote, environ 500 000, en petits formats, et on va faire l’impasse sur les circulaires. Les candidats s’occuperont eux-mêmes de les mettre en ligne. On va travailler jusque tard dans la nuit. Cela fait des heures de roulage en machine, après il faut couper et emballer. Organiser cela en deux jours, c’est n’importe quoi. » souffle-t-il.
Même son de cloche du côté de François Olivesi, directeur de l’imprimerie du même nom à Ajaccio, qui a pris en charge les campagnes de 14 candidats sur l’ensemble de la Corse : « Ce que l'on fait habituellement en dix jours, on va devoir le faire en trois jours. Dès lundi dernier, j’ai pris les devants et j’ai commandé du papier auprès de mon fournisseur. Je regrette que les spécificités liées à la Corse n’aient pas été prises en compte au cours de cette élection. Notre délai d’approvisionnement est plus long que sur le continent, il faut entre quatre et cinq jours pour recevoir du papier. Les dernières livraisons sont arrivées ce matin. »
"C’est une aberration totale"
Patrick Bonacoscia, de l’Imprimerie « Bastiaise », craint quant à lui que certains candidats soient empêchés de faire campagne : « Cela a été brutal. La commission de propagande se réunit aujourd’hui dans la matinée, mais on doit tout livrer demain à 18h. C’est une aberration totale. J’ai 7 candidats. J’ai été amené à faire un choix. J’ai pris des clients habituels qui m’ont fait travailler il y a deux ans lors des législatives. Malheureusement, on ne pouvait pas assumer la totalité des demandes. Face à l’urgence de la situation, j’ai peur que certains candidats issus de petites listes se retrouvent sans rien. Il faut trouver un imprimeur qui a encore du papier. Demain midi, nous devons palettiser le tout et le donner à un transporteur. Nous aurions eu besoin de 24 heures de plus. » constate-t-il, amère.
Certains imprimeurs ont préféré renoncer à participer à la campagne politique cette année. Daniel Fondacci, de l’imprimerie « Signature » en Balagne, explique : « Nous avons déjà participé à des élections municipales et présidentielles, mais là, j’ai contacté mon fournisseur et nous n’aurions pas eu assez de papiers dans les temps. » Un imprimeur ajaccien, qui souhaite rester anonyme et dont les machines tournent déjà à plein régime, assume son choix : « J’ai eu des demandes comme chaque année, mais je savais que je ne pourrai pas les honorer. C’était tout simplement impossible à tenir au niveau des délais. Notre atelier était déjà surchargé et nous n’avons pas besoin des élections pour vivre. »
244 947 personnes étaient inscrites sur les listes électorales
Pascal Bovéro, délégué général de l'Uniic (Union nationale des industries de l'impression et de la communication), alertait ces derniers jours sur les risques d’un scrutin organisé à la hâte. « Sur les professions de foi, il y a un risque qui a déjà été avéré au niveau des élections européennes » de non-impression, « mais ça ne peut pas frapper d'invalidité l’élection », rappelait-il chez France Info. « N'oublions pas les enveloppes, et les affiches qui sont sur les panneaux électoraux. Il y a 49 millions d’électeurs. », ce nombre, « il faut le multiplier par deux, parce que vous avez un bulletin de vote qui est envoyé chez le citoyen [dans les enveloppes de propagande électorale] et un qui va dans les bureaux de vote. Enfin, il faut y ajouter une marge de sécurité de 10% pour obtenir le nombre de bulletins requis. » En Corse, sur les quatre circonscriptions cumulées, 244 947 personnes étaient inscrites sur les listes électorales au mois de juin.
Yves Fiorella, de l’Imprimerie « Caractère » de Biguglia, a accepté les requêtes de trois candidats, mais en a refusé d’autres, faute de temps : « Habituellement, on a une semaine devant nous. Là, on va imprimer uniquement les bulletins de vote, environ 500 000, en petits formats, et on va faire l’impasse sur les circulaires. Les candidats s’occuperont eux-mêmes de les mettre en ligne. On va travailler jusque tard dans la nuit. Cela fait des heures de roulage en machine, après il faut couper et emballer. Organiser cela en deux jours, c’est n’importe quoi. » souffle-t-il.
Même son de cloche du côté de François Olivesi, directeur de l’imprimerie du même nom à Ajaccio, qui a pris en charge les campagnes de 14 candidats sur l’ensemble de la Corse : « Ce que l'on fait habituellement en dix jours, on va devoir le faire en trois jours. Dès lundi dernier, j’ai pris les devants et j’ai commandé du papier auprès de mon fournisseur. Je regrette que les spécificités liées à la Corse n’aient pas été prises en compte au cours de cette élection. Notre délai d’approvisionnement est plus long que sur le continent, il faut entre quatre et cinq jours pour recevoir du papier. Les dernières livraisons sont arrivées ce matin. »
"C’est une aberration totale"
Patrick Bonacoscia, de l’Imprimerie « Bastiaise », craint quant à lui que certains candidats soient empêchés de faire campagne : « Cela a été brutal. La commission de propagande se réunit aujourd’hui dans la matinée, mais on doit tout livrer demain à 18h. C’est une aberration totale. J’ai 7 candidats. J’ai été amené à faire un choix. J’ai pris des clients habituels qui m’ont fait travailler il y a deux ans lors des législatives. Malheureusement, on ne pouvait pas assumer la totalité des demandes. Face à l’urgence de la situation, j’ai peur que certains candidats issus de petites listes se retrouvent sans rien. Il faut trouver un imprimeur qui a encore du papier. Demain midi, nous devons palettiser le tout et le donner à un transporteur. Nous aurions eu besoin de 24 heures de plus. » constate-t-il, amère.
Certains imprimeurs ont préféré renoncer à participer à la campagne politique cette année. Daniel Fondacci, de l’imprimerie « Signature » en Balagne, explique : « Nous avons déjà participé à des élections municipales et présidentielles, mais là, j’ai contacté mon fournisseur et nous n’aurions pas eu assez de papiers dans les temps. » Un imprimeur ajaccien, qui souhaite rester anonyme et dont les machines tournent déjà à plein régime, assume son choix : « J’ai eu des demandes comme chaque année, mais je savais que je ne pourrai pas les honorer. C’était tout simplement impossible à tenir au niveau des délais. Notre atelier était déjà surchargé et nous n’avons pas besoin des élections pour vivre. »
244 947 personnes étaient inscrites sur les listes électorales
Pascal Bovéro, délégué général de l'Uniic (Union nationale des industries de l'impression et de la communication), alertait ces derniers jours sur les risques d’un scrutin organisé à la hâte. « Sur les professions de foi, il y a un risque qui a déjà été avéré au niveau des élections européennes » de non-impression, « mais ça ne peut pas frapper d'invalidité l’élection », rappelait-il chez France Info. « N'oublions pas les enveloppes, et les affiches qui sont sur les panneaux électoraux. Il y a 49 millions d’électeurs. », ce nombre, « il faut le multiplier par deux, parce que vous avez un bulletin de vote qui est envoyé chez le citoyen [dans les enveloppes de propagande électorale] et un qui va dans les bureaux de vote. Enfin, il faut y ajouter une marge de sécurité de 10% pour obtenir le nombre de bulletins requis. » En Corse, sur les quatre circonscriptions cumulées, 244 947 personnes étaient inscrites sur les listes électorales au mois de juin.