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Dominique Ricci à partir du 5 Juin au Domaine Orenga de Gaffory


Rédigé par le Dimanche 1 Juin 2014 à 23:40 | Modifié le Mardi 3 Juin 2014 - 01:17


Pour sa première exposition au domaine Orenga de Gaffory de Patromonio (5 Juin-22 Juillet) Dominique Ricci, occupera l’intégralité de l’espace avec deux séries de peintures originales, « Je ne me souviens plus très bien » et « les âmes errantes ».


« Je ne me souviens plus très bien… »

Les œuvres de cette série éponyme sont réalisées selon un mode de création développé par l’artiste il y a... Il scanne des objets, des images, ses créations plastiques à la gouache, réalise des montages sur ordinateur, fait imprimer en numérique sur de grands formats,
monte la toile sur châssis et intervient à nouveau ; il peint, retouche, masque, révèle. Dominique Ricci est un besogneux.
Ses toiles sont foisonnantes, exubérantes, luxuriantes, les images se superposent et s’entrelacent, se dévoilent et se dissimulent.

Ces images délimitent un territoire identifié, par les signes qui le définissent, géographiquement, socialement, culturellement. Elles révèlent des figures religieuses désacralisées, des apparitions symbolisant le passage, la mort et le culte qui lui est vouée en Corse, des silhouettes d’hommes de dos, des armes comme les éléments d’une narration culturelle et intime.

Les images, coagulées avec la peinture, composent une lecture sentimentale ; sentiment qui puise son essence dans le souvenir, le lien affectif indéfectible avec un territoire,  un berceau familial et son histoire, marqué par l’insularité et la Méditerranée. Ces icones positives traversent la toile, se dévoilent, jaillissent comme les résurgences de souvenirs, filtrés par le prisme d’un regard présent.

La démarche ne s’apparente pas à une quête emprunte de nostalgie mais à une tentative de jouir du bonheur d’instants retrouvés, de l’émotion et du confort affectif qui leurs est associé.

Elle s’inscrit également dans une réflexion sur l’appartenance. 

Entre mythes et réalités

Dominique Ricci est enseignant ; il analyse les légendes créées par l’enfant dans l’innocence des premiers âges ; légendes inspirées par les objets et les images qui peuplent leur quotidien. Dans ces toiles, des jouets, des figurines et des éléments de construction miniatures dessinent les contours de ces univers parallèles qui nourrissent leur imaginaire. 

Entre mythes et réalités, par un travail de décomposition et de recomposition, Dominique Ricci explore l’impact des informations et des images sur notre construction. 

« Ce qui nous construit, c’est d’abord notre appartenance à un territoire. Mais cet environnement délimité géographiquement et culturellement est influencé par les médias au quotidien. Les deux se mêlent dans la construction du moi, les images notamment se superposent. Les médias jouent le rôle d’Artefacts. »

A l’instar des sociologues tenants des théories de la réception en communication, ses recherches plastiques reconstituent ce que l’individu par son interprétation personnelle, et l’influence de son environnement,  fabrique à partir des images véhiculées par les medias de masse. Les phénomènes de réception dessinent des territoires identifiés culturellement, au travers des images perçues, de la manière de se les approprier et de les détourner. Les images brouillées, déchirées, déstructurées traduisent sur la toile les interactions entre ces réalités personnelles et des sémiologies collectives.

"Les âmes errantes"

Aux mythes construits par la mémoire, et les médias, Dominique Ricci consacrent également une série de petits formats, nommée « Les âmes errantes ». Dans une démarche barthésienne cette fois, il restitue ces mythes contemporains créés  par les médias, enrichis par son imaginaire personnel. Des icones médiatiques comme John Wayne, ou des icones historiques tels que Che Guevara, sont  personnifiées dans des formes abstraites, couchées sur un papier velouté. 

Par une touche légère, le crayon évoque les contours anguleux des pierres, caractéristiques du  relief alpin corse ; elles semblent s’ouvrir comme de petites boites en papier, laissant s’envoler des volutes de couleurs, arabesques légères, fuyantes, incarnant parfois des personnages, porteurs de symboles et de souvenirs.

« Mon travail est une épopée, qui prend sa source dans le flot d’images qui traverse notre quotidien, qui se poursuit là où je creuse son lit, entre symboles éphémères d’une société sous influence et réalité individuelle. 

C’est une quête dissidente d’une réalité. Par dissidente j’entends analyse réactive, interrogation, sur ce que nous voyons, ce qui nous est donné à voir ou ce que nous voulons voir et entendre. Ce paradigme, champ perceptif, est structuré et articulé autour de fragments mémoriels issus de différentes sources, publiques ou privées : images, médias… Associés dans une combinaison qui se joue volontiers du vrai et du faux, ils articulent une déconstruction endogène formelle et temporelle. Cette démarche n’a qu’un seul but : l’optimisation d’un état initial, qui rejoint toutes les quêtes spirituelles réelles ou légendaires, religieuses, philosophiques de l’humanité… »

 







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