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Chaouki Ben Saada : "le Sporting c'est tout pour moi"


Livia Santana le Dimanche 15 Mai 2022 à 17:19

Après 20 ans de football au plus haut niveau, ce n’est pas sans émotion que Chaouki Ben Saada (37 ans) a dit au revoir au monde professionnel et au public du stade Armand Cesari ce samedi 7 mai lors du match face à Rodez.

Né à Bastia dans le quartier de Montesoro, il intègre à 13 ans le centre de formation du Sporting. En 2002, il signe son premier contrat professionnel avec le club. Il y restera 6 saisons avant de rejoindre Nice, Lens, Avignon et Troyes. En parallèle, il intègre la sélection nationale tunisienne à l'âge de 17 ans. En 2017, quand le SCB chute en national 3, il prend le pari de terminer sa carrière dans son club de cœur. Là, il contribue largement à relancer le Sporting qui gravira les échelons jusqu’en seconde division.

Son plus beau match, ses meilleurs souvenirs au SCB, la période la plus compliquée de sa vie…
Pour CNI, le joueur emblématique des bleus se dévoile.



Photo : Livia Santana
Photo : Livia Santana


- Qu’est-ce qui vous a le plus marqué durant ces 20 ans de carrière ? 

- Il y a eu mon premier titre avec l’équipe de France en U17, ensuite mes deux premiers buts contre Marseille quand j’avais 18 ans. C’est le moment où je deviens un vrai professionnel. Avant j’étais un peu dans l’entre deux, je ne savais pas si ça allait marcher ou pas et ça ça a lancé définitivement ma carrière.  

- Quel est selon vous, le plus beau match de votre carrière ?

- Il y en a eu pas mal, mais je pense que le plus abouti est celui avec la sélection tunisienne contre le Cameroun. On jouait contre une grosse équipe, c’était un quart de finale et j’avais réussi à marquer un beau coup franc. Durant la suite du match, j’étais vraiment dans un état second, parce que j’avais réussi alors qu’il y avait vraiment pas mal de grands joueurs. Ça donne confiance.  

- En 20 ans de carrière, il y a eu aussi des périodes compliquées ? 

- La première c’est quand je suis revenu d’Arles-Avignon où j’avais vécu deux ans et demi de galères. Pendant un an je n’avais presque pas joué et j’allais avoir la trentaine, j’avais enchaîné pas mal de blessures. Pendant deux, trois mois je suis rentré à Bastia, je me suis entraîné avec la réserve et je pensais que ça allait être la fin de ma carrière, car je n’étais physiquement pas prêt. L’année d’après j’ai rebondi à Troyes, ça m’a fait du bien, j’ai grandi et c’est là où j’ai pu me relancer.  

- On a vu vos larmes à la fin du match contre Rodez… qu’est-ce que ça représente pour vous le Sporting ? 
 
- Ça représente tout pour moi, c’est mon club de cœur si je compte toutes les années de débutant jusqu’au monde professionnel, j’ai fait plus de 22 ans dans le club. A l’époque où j’ai été transféré à Nice je pouvais partir libre, mais j’ai signé à nouveau pour que le club puisse toucher de l’argent. Par la suite, quand le SCB a été en difficulté j’ai fait comme tous nos anciens, je suis revenu l’aider et le remettre à la place qu’il devait être. 

- Quel est le meilleur souvenir que vous garderez du football ? 

-  Je pense que c’est samedi (Ndlr : le match du 7 mai contre Rodez), c’était mon dernier match, il y a eu beaucoup d’émotions. Même s’il n’y a pas eu la victoire au bout, la manière dont il s’est terminé, le fait que tout un stade se lève et applaudisse je pense que c’est la plus belle des sorties. Aujourd’hui c’est trop frais, je ne me suis pas remis des émotions, mais je pense que dans 10 ans oui cela restera mon meilleur souvenir parce que c’est quelque chose de magnifique.  

- Justement, vous êtes revenu à un moment où le club avait besoin de vous, vous saviez que vous alliez y finir votre carrière, comment aviez-vous appréhendé ce retour ? 

- Le plus dur, ça a été pour ma famille de quitter Troyes où j’évoluais depuis 5 ans. Il a fallu les convaincre que c’était une bonne décision, mes enfants avaient leurs amis là-bas et ça a été dur pour eux. Ma femme était un peu sceptique, elle m’a dit : «et si ça ne marche pas ? ». C’était un gros pari, mais elle m’a fait confiance. J'ai participé aux trois montées successives avec mes coéquipiers. Pour nous, l’enfant du club c’est quelque chose de magnifique et on peut être fiers de nous. Samedi soir, quand j’ai vu qu’elle et mes enfants pleuraient, je me suis effondré parce que j’ai vu dans leurs yeux qu’ils étaient fiers de moi, mais tristes de me voir raccrocher les crampons. Maintenant il va falloir que j’entame une seconde vie pour qu’ils continuent à être fiers de moi.  
 

Photo : SCB
Photo : SCB

- Maintenant qu’allez faire ? 

- Pour l’instant je n’ai pas encore vu le président du club, mais je pense que je vais rester autour des terrains. Je pense peut-être enseigner ou parler de football, je ne sais pas ce que l’avenir me réserve, mais j’espère rester au Sporting. Je vais passer les diplômes pour pouvoir entraîner et si ça me plaît je resterai dedans. 
 

- Que diriez-vous au Chaouki d’il y a 20 ans, celui qui entre dans le monde professionnel ?  

- Je lui dirais que s’il avait eu le sérieux d’aujourd’hui, il aurait peut-être mieux fait encore 

- Ce sont des regrets ?  

- Pas des regrets, mais quand on est jeune on se croit plus fort que les autres, on travaille moins. Par rapport aux qualités que j’avais j’aurais pu mieux faire. Je suis très content de la carrière que j’ai faite, mais tout le monde peut mieux faire alors je lui aurais dit : "travaille plus."

 
- Un mot pour les supporters ?  

- Merci pour cette fin. Si j’ai pleuré devant eux, c’est parce qu’ils vont me manquer. Maintenant je vais passer de l’autre côté du grillage et être avec eux pour encourager les copains. Si j’avais un conseil pour eux ce serait ne lâchez pas vos joueurs, continuez à être derrière eux dans les moments difficiles comme dans les bons moments. Ce sont des supporters passionnés, entiers, sanguins, mais on est un peuple comme ça. Ils sont là quand on est en bas et quand on est en haut. Mais quand on est en haut avec eux, c’est vraiment quelque chose de génial et je souhaite à tout le monde de vivre ça.  

@LADCOfficiel
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