Baignée entre les bals féériques de Saint-Pétersbourg durant son enfance, le Paris rock des années 2000 au moment de son adolescence puis une expérience professionnelle dans la maison de luxe Yves Saint Laurent, Natalia Piroli, 33 ans, lance sa première collection de robes de mariées. Sept pièces élégantes et rebelles, issues d’un croisement d’influences. « Je suis née en Russie et j’ai toujours dessiné des robes de princesse. La ville des tsars a laissé une empreinte en moi. J’ai étudié les langues à l’Université Paris Nanterre, mais je savais que je voulais me consacrer à la couture. » explique-t-elle.
La voici alors qui fréquente les friperies de la capitale puis qui intègre l'Académie internationale de coupe de Paris, une école spécialisée dans les métiers techniques de la mode. Elle enchaîne les stages puis les alternances chez Balenciaga, Carven et enfin Yves Saint Laurent durant huit mois, « le Graal. » « J’étais développeuse de collection. J’accompagnais les stylistes sur les essayages, je me rendais dans les usines, je donnais des directives aux fabricants pour qu’ils nous envoient les prototypes. Je travaillais sur les défilés, essentiellement des robes drapées. Ça m’a donné envie de faire de belles robes. Mais j’en avais marre de m’investir dans un travail sans avoir mon mot à dire. C’était compliqué d’être vraiment créative quand on travaille pour une grande maison. »
Une rencontre puis un mariage avec un jeune homme d’origine corse vont accélérer son destin. Elle dessine sa propre robe de mariée en 2022 et décide d’ouvrir son atelier à Ajaccio l’année suivante. « Cette création de ma robe en crêpe de soie a définitivement conforté mon envie d’être créatrice. J’aime sentir le tissu, le plaisir du toucher, c’est comme une caresse, c’est très doux. J’aime aussi le bruit de l’aiguille et celui de la machine qui se met en route », sourit-elle. Une collection de robes de mariées va ainsi voir le jour. 7 robes bohèmes chic d’inspiration vintage, « à l’eau de rose. Je travaille essentiellement avec de la soie, de la dentelle, du plumetis, des motifs floraux, des strass et des broches. J’aime les coupes fluides, mais je peux m’adapter à la demande de la future mariée. » Car en plus de sa propre collection de robes, Natalia Piroli propose des robes sur mesure. Actuellement, elle travaille sur une robe de mariée en caviar de soie, dentelle sur les manches, effet peau de pêche. « Je reçois une cliente pour un premier rendez-vous. Nos deux univers doivent s’accorder. Je lui propose un croquis et je prends ses mesures. Je lui montre des échantillons de tissus. Je lui envoie un devis. Ensuite, je commande les tissus chez mes fournisseurs à Paris ou en Italie. Je coupe dans le tissu en laissant des marges de manœuvre, car il y a toujours des réglages à faire, même jusqu’au dernier moment. C’est beaucoup de travail. J’ai deux machines professionnelles, des piqueuses plates. En général, cela me prend une centaine d’heures pour créer une robe. Il y a le plaisir de faire plaisir, de rendre quelqu’un heureux. » Plus qu’un point de vente, Natalia Piroli finalise le concept d’atelier-boutique : « Je veux montrer le travail artisanal qu’il y a derrière la création des robes. » conclut-elle.
Pour la contacter, il est possible de prendre rendez-vous au 0745022139.