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« Studii critici di costumi corsi » : Ghjacumu Thiers traduit Salvatore Viale en français


Philippe Jammes le Lundi 22 Novembre 2021 à 16:19

Publié en 1859, cet ouvrage en italien de Salvatore Viale vient d’être traduit pour la 1ère fois en français. C’est à une pointure de la culture et de la littérature corse que nous le devons : Ghjacumu Thiers. Nous l’avons rencontré.



Ghjacumu Thiers
Ghjacumu Thiers
« Studii critici di costumi corsi » est un essai majeur pour la connaissance de la Corse du XIXe siècle. Un livre pourtant demeuré absolument méconnu. Publié en 1859 et donc traduit pour la première fois en français, il offre au lecteur un panorama critique des «mœurs», des institutions traditionnelles, de la société insulaire et ses fondements par un intellectuel de premier plan, Salvatore Viale.
Né à Bastia le 6 septembre 1787, décédé le 23 novembre 1861 est un écrivain, poète et magistrat corse, d'origine bastiaise et de lointaine ascendance gênoise. C’est un auteur majeur de la littérature corse de la  première moitié du XIXe siècle. Magistrat de profession, il est connu pour avoir, le premier, fait un usage littéraire de la langue corse dans la Dionomachia en 1817. Poète, nouvelliste mais aussi essayiste de langue italienne, sa  carrière littéraire a été durablement établie en Italie où il a été considéré à son époque comme un écrivain de premier rang.
 
Ghjacumu Thiers est un connaisseur de Salvatore Viale**. Il est à l’origine de la création du Centre d’Études Salvatore Viale à Bastia qui a pour vocation d’explorer le contexte historique et culturel relié à la personnalité et aux œuvres de Salvatore Viale. Son président est Francis Beretti.
« Salvatore Viale est un personnage important de la lignée bastiaise aussi bien dans le domaine économique que politique et culturel » souligne Gh. Thiers. « Il est pour moi le précurseur de cette identité méditerranéenne qu’on voit apparaitre depuis quelques décennies. C’est plutôt pour moi un autonomiste qu’un indépendantiste. Salvatore Viale s’impose à la restauration comme directeur de la société d’Instruction Publique. C’est un personnage de référence.»  


- L’intérêt de traduire ce livre en français ?
- En 2018, Marco Cini l’a réédité en italien. Malgré que je ne parle pas italien, je me suis attelé à le traduire en français car pour moi cet ouvrage est une véritable bible. C’est un témoignage de l’époque que l’on doit notamment à ses échos du prétoire puisqu’il était juge à Bastia. La source principale du livre vient de son expérience du prétoire. Dans ma traduction, j’ai conservé son style avec une pointe de rhétorique. C’est une traduction cursive.

 - Que nous apprend ce livre ?
- Ce livre éclaire sur le passé mais aussi le présent. Ce que met en valeur Salvatore Viale c’est l’identité de la Corse par rapport à la propriété. Ce qui alimente en fait la vie judiciaire. On ne peut être qu’étonnés de la modernité de ses écrits car ces conflits de propriétés sont toujours d’actualité. La propriété est le centre de l’intérêt de Viale qui y voit la confluence de deux influences, française et italienne, soumise aux corses. Deux courants à la fois complémentaires et opposés. Cette lutte a conduit à des conflits entre gens, entre familles. A travers les chapitres de ce livre on a le reflet de la complexité de la vie corse de cette époque. Et aujourd’hui je ne sais pas si on est sorti de cela. Cela reste vraiment d’actualité.


- On y trouve aussi les aspects culturels de la Corse ..
- Dans sa vie Salvatore Viale a accueilli beaucoup de gens, notamment des migrants italiens chassés par la contre révolution. On est dans un monde où les déplacements de Viale sont symboliques du développement culturel. Il fréquentait régulièrement l’académie de Florence ce qui mettait la Corse en relation avec la modernité culturelle. Ce livre a une vision générale, globale de la Corse avec de très nombreuses anecdotes de prétoire.


- Des projets liés à ce livre ?
- Ce livre permet beaucoup de choses sur le plan culturel. On a déjà fait un spectacle à partir d’un thème du livre en 2011 avec les étudiants de l’association culturelle de l’université de Corse, avec le soutien du Teatrinu. Une pièce était prévue en 2020 mais elle n’a pu voir le jour à cause du COVID. En projet un autre spectacle : « Trois petites formes ».
         
Quatrième de couverture du livre
« En examinant dans ces essais critiques les tristes effets des clans dans la société, des inimitiés familiales et de la vendetta entre particuliers, de l’abus des traités de paix et de ce que l’on nomme banditisme, j’ai seulement voulu caractériser les causes, plus particulières chez nous, de certaines calamités publiques du passé, afin d’en préserver autant que possible nos contemporains. Mon intention était également d’indiquer que nos anciens malheurs trouvent leur origine et leur violence initiale dans l’abus d’un principe pourtant de bon aloi, comme le sentiment de l’amour et du courage individuels, l’amour de la famille et de la patrie chez nos contemporains. Je crois aussi qu’en lisant cet ouvrage et comparant de cette manière le présent au passé, les lecteurs corses, plutôt que d’en rougir, auront grandement raison de se réjouir, tant est importante et bienvenue l’amélioration qui se fait jour depuis quelques années dans les mœurs populaires
S.Viale (Extrait du préambule des Studii critici di costumi corsi)
 
*Editions Albiana
** Les itinéraires de Salvatore Viale  (Centre Culturel Universitaire -1998) de Gh. Thiers, M.Cini, Romani Paolo Coppini, Franco Doni, Claudio Greppi, Maurizio Bossi, Antoine Marchini avec une préface d’Ange Rovere.
 






















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