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Réforme du bac et apprentissage de la langue corse : la position du Syndicat général de l'éducation nationale


Michela Vanti le Mardi 12 Février 2019 à 22:37

Dans un communique le Syndicat général de l'éducation nationale prend la défense du corse et réaffirme que la réforme du lycée pénalise la généralisation de l’enseignement de la langue australe.



Dans un courrier en date du 2 octobre 2018, le SGEN CFDT Corsica alertait Madame la rectrice des probables conséquences de la réforme du lycée sur le suivi de l’enseignement de la LCC et formulait la revendication d’aménagements pour le suivi de l’option langue régionale. Madame la rectrice a fait le choix de porter la création d’une spécialité « littérature, langues et cultures étrangères et régionales », mais le statut de l’enseignement optionnel n’a pas évolué. 

Aujourd’hui, le SGEN CFDT Corsica réaffirme que la réforme du lycée pénalise la généralisation de l’enseignement de la langue corse. 

Certes, la langue corse peut être suivie en 2ème langue vivante. Certes, une spécialité autour des langues vivantes régionales a été créée pour le cycle terminal. Certes, les élèves ont la possibilité de choisir un enseignement optionnel de langue corse en 3ème langue vivante. Mais tout cela permet au mieux de maintenir l’offre existante qui se traduisait déjà par un abandon de l’enseignement de la langue corse au lycée par nombre d’élèves qui l’avait pourtant suivi jusqu’en 3ème

Madame la Rectrice, dans ses déclarations récentes, considère que « la réforme est une avancée considérable pour la langue corse ». Nous ne partageons pas ce point de vue qui limite l’engagement de l’éducation nationale à former des locuteurs de haut niveau à travers l’ouverture d’une spécialité « littérature, langues et cultures étrangères et régionales ». Pour le SGEN CFDT Corsica, il demeure fondamental de permettre l’offre d’enseignement de la langue corse la plus large possible. Et à ce niveau, la réforme fait défaut. Elle contraint le choix des options par les élèves (mise en concurrence et faible valorisation au baccalauréat). Le Ministre lui-même le reconnait, puisque soucieux de préserver l’enseignement des langues et cultures de l’antiquité (LCA) il a fait en sorte de créer d’une part une spécialité pour ces enseignements et d’autre part un régime particulier pour le suivi de l’enseignement optionnel de LCA. En effet, l’option LCA peut être cumulée avec une autre option des enseignements généraux. De plus, cette option est survalorisée dans l’obtention du diplôme. 

Le SGEN CFDT Corsica demande un alignement de l’option langue régionale sur le « régime particulier » de l’option langues et cultures de l’antiquité. Pour le SGEN CFDT Corsica, l’Education Nationale doit rester un acteur majeur de la généralisation de l’enseignement de la langue corse tout au long de la scolarité. Limiter l’engagement de l’Education Nationale à la formation de locuteurs de haut niveau revient à renoncer au partage le plus large d’une culture garantissant un vivre ensemble plus que jamais nécessaire dans notre territoire. Ce serait une erreur politique !