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Procès du double assassinat de Bastia-Poretta : Jacques Mariani revient dans le box


CNI avec AFP le Mardi 28 Mai 2024 à 14:16

Le procès du double assassinat de l'aéroport de Bastia-Poretta en décembre 2017 est revenu à un semblant de normalité mardi avec le retour dans le box de l'un des accusés, Jacques Mariani, les huit autres accusés détenus refusant eux toujours de comparaître.



Jacques Mariani  le 25 février 2008 à Aix-en-Provence.. Crédit photo AFP
Jacques Mariani le 25 février 2008 à Aix-en-Provence.. Crédit photo AFP
 
Même s'"il est difficile d'être là devant vous aujourd'hui", cela fait "24 ans que je suis en prison, je ne pouvais pas passer à côté", a expliqué Jacques Mariani, 58 ans, veste beige sur tee-shirt blanc, qui a passé au total dans sa vie 38 années derrière les barreaux.
Depuis le milieu de semaine dernière, ce procès-fleuve censé durer jusqu'au 5 juillet se tenait sans la majorité des 14 accusés, qui refusent de comparaître, et sans leurs avocats successifs, qui ont quitté l'audience après le rejet de leurs demandes de renvoi.
Les accusés et leurs défenseurs avaient pris cette position en raison du décalage des auditions des enquêteurs cinq semaines après le début du procès, soit à la mi-juin, "ce qui porte gravement atteinte au principe de l'oralité des débats et prive de sens toutes les dépositions pouvant être recueillies jusqu'à cette comparution", avaient expliqué les avocats.

Le box réservé aux accusés détenus, exceptionnellement agrandi pour cette audience, était donc vide depuis plusieurs jours, comme les bancs des avocats faisant face au président de la cour d'assises des Bouches-du-Rhône. Et celui-ci, impassible, poursuivait les interrogatoires des témoins des faits, dans une ambiance lunaire. Jacques Mariani "a décidé, peu important les conditions de ce procès discutable, de faire entendre sa voix", et il a "beaucoup à dire", a expliqué mardi à l'AFP l'un de ses trois conseils, Me Yassine Maharsi: "Il pense "que même une justice imparfaite pourra reconnaître son innocence" .


 "Une stratégie de blocage"
Vendredi, la conférence des bâtonniers de France avait estimé "indigne d'un Etat de droit" la poursuite "coûte que coûte" de ce procès.
Pour une source judiciaire interrogée par l'AFP, tout cela serait en fait "une stratégie de blocage" de la part des accusés "pour éviter d'être jugés au fond et dans l'espoir d'être libérés pour délais déraisonnables", pour un dossier qui remonte à près de sept ans.
"La justice ne peut admettre, au terme de sept années de procédure, qu'un accusé paralyse un procès criminel en récusant son avocat et en refusant de comparaître", avait expliqué de son côté le procureur général près la cour d'appel Aix-en-Provence, Franck Rastoul, dans une déclaration à l'AFP.

Le 5 décembre 2017, Jean-Luc Codaccioni et Antoine Quilichini avaient été les cibles de tirs sur le parking de l'aéroport de Bastia-Poretta. Selon l'accusation, l'objectif des principaux accusés de ce crime était de "venger les morts" de leurs pères, fondateurs de la "Brise de Mer" ou membres du banditisme insulaire, et de "faire renaître" cette bande criminelle corse historique.
Parmi les accusés figurent notamment Christophe et Richard Guazzelli, fils de Francis Guazzelli, Ange-Marie Michelosi, fils de Ange-Marie Michelosi père, et donc Jacques Mariani, fils de Francis Mariani. Mais aussi Cathy Chatelain, ancienne surveillante de prison, qui a inspiré le film récemment sorti "Borgo".

Une minute avant les tirs, elle était vue par les caméras de surveillance, arrivant en courant pour embrasser Codaccioni: un "baiser de la mort" qui était le signal pour le tireur.